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CRABRO

M. Goureau a observé le nid du C. vagus dans une galerie creusée dans une branche sèche de Chêne à demi pourrie. La larve, à toute sa grosseur, était couchée sur des débris de pattes et d'ailes ayant appartenu à des Diptères. Elle est blanche, apode, avec les anneaux séparés par des étranglements profonds, les extrémités atténuées, la tête ronde, écailleuse et luisante. On y distingue à la loupe deux mandibules courbes, brunes, paraissant trisillonnées à leur extrémité ; sous cellesci sont deux mamelons saillants terminés par une petite pointe. Sur la larve observée par M. Goureau en était une autre, probablement de Mutillien ou de Chrysidien, très-petite, allongée, apode, à grosse tête écailleuse, paraissant attachée par la tête à la larve de Crabro, blessée avec suintement, et dévorée par l’autre larve, sans paraïtre souffrir,

Le C. rubicola, L. Duf., appartient aux Hyménoptères de la Ronce. Il creuse dans les tiges sèches de la Ronce un canal, au fond duquel il pond un œuf, puis apporte un certain nombre de Diptères, tous de même espèce, qui paraissent être Lauxania œnea (Musciens); puis, à 10 millim. de distance, il établit une cloison en débris de moelle, pond un nouvel œuf avec nouvel amas de Diptères, etc. Il y a ainsi, par tige, de une à sept loges. La larve s’entoure d’un cocon roussâtre, opaque ou à peine translucide, d’un tissu peu tenace. Le bout supérieur du cocon se termine par un petit mamelon pointu, l'inférieur est arrondi et tout couvert au dehors d’excréments, de débris de Diptères et de moelle. L’adulte sort en juin par l'extrémité supérieure du cocon, qu'il ronge et déchire irrégulièrement, et l’on voit alors au fond de celui-ci une substance noire. Les parasites sont des Cryptus, Hemiteles, Diomorus, Eurytoma rubicola.

Le C. pallidipalpis, L. S-F., du sous-genre Crossocerus, construit un nid, qu’il approvisionne de petits Diptères du genre Empis, et qui sont très-probablement l'Empis brevipennata, Macquart.

Nous indiquerons deux genres annexes du genre Crabro, que M. Fr. Smith n’en sépare pas dans son Catalogue général. L'un est le genre Lindenius, L. S-F., qui ne diffère des Crabro que par les ocelles du vertex presque en ligne courbe, le front armé d’une cornicule entre les antennes, les mandibules à bout entier, les ailes inférieures à lobe basal dépassant beaucoup la nervure transverse ordinaire. Le type est le L. albilabris, Fabr. (syn. leucostoma, Panzer), de France, de Grande- Bretagne, de Belgique, d'Allemagne, d'Italie, de Danemark, de Suède, de Norvége, de Laponie. M. Smith dit que les caractères distinctifs du genre Lindenius tendent à disparaître dans cette espèce, si l’on examine une nombreuse série de sujets de divers pays. Le second genre comprend les Crabro du Catalogue de Smith, à abdomen pétiolé. C'est le genre Rhopalum, Kirby, offrant une quinzaine d'espèces d'Europe, des Indes, du Cap, de Montevideo, du Chili, de Tasmanie. Dans ce genre, l'abdomen est immaculé et en massue, le premier segment formant un pétiole subglobuleux postérieurement; les jambes postérieures forte-

938 IHYMÉNOPTÈRES.

ment en massue, le métatarse postérieur excisé. Nous citerons le R. clavipés, Linn. (syn. : crassipes, Fabr., rufiventre, Panzer, L. SF.) long de 4 à 6 millimètres, noir, l'abdomen en partie roux, la massue des jambes postérieures noire, de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, de Suède, de Norvége; le R. tibiale, Fabr., de 5 à 6 millimètres, noir, avec l'anus et la massue des jambes postérieures d’un rouge sanguin, des mêmes pays que les précédents, en outre de Danemark et de Finlande.

Suivant M. Ed. Perris, quelques Crabronines sont, par exception, parasites des Hyménoptères fouisseurs nidifiants, et ne construisent pas elles-mêmes de galeries : ainsi le Crabro subpunctatus, Van der Linden, (syn. pauperalus, L. S-F.), du sous-genre Blepharipus, et le Rhopalum libiale, ce dernier vivant aux dépens des Hyménoptères qui nichent dans la Ronce. Cependant M. Fabre assure que le Crabro pauperatus s'attaque à divers Musciens.

OXYBÉLINES.

Ailes supérieures ayant la nervure basilaire non tourchue. Métathorax armé d’une épine.

OXYBELUS, Latr. — Tête transversale, de la largeur du thorax, un peu globuleuse et déprimée sur le front. Yeux ovalaires, proéminents, à orbites intérieures presque parallèles ; ocelles en triangle obtus sur le vertex. Antenne; épaisses, filiformes ou épaissies vers leur extrémité, leur premier article grêle, presque conique, 2 très-petit, 3 beaucoup plus long, les autres subégaux et subcylindriques: front des mâles armé au-dessous des antennes d’un tubercule subcornu. Mandibules aiguës, fortement arquées. Thorax arrondi, le métathorax denté. Ailes supérieures n’ayant qu’une seule cellule cubitale recevant une seule nervure récurrente. Jambes interméüiaires et postérieures épineuses, {arses antérieurs fortement ciliés. Abdomen noir, taché de blanc ou de jaune, ovalaire ou cordiforme, le premier segment non réiréci en pétiole, mais presque échancré pour recevoir le corselet, le second segment ventral subgibbeux à la base, le dernier segment obtus dans les mâles et aigu dans les femelles.

On connaît près de quarante espèces du genre Oxybelus, dont plus de la moitié sont d'Europe et la plupart de France, les autres d'Algérie, d'Égypte, des Indes, du Brésil, du Chili, de Californie, des États-Unis. Dans le Catalogue Dours, les dix-huit espèces de France mentionnées sont partagées en deux groupes, le premier ayant l’appendice du métathorax sillonné, bifide au bout, le second ayant cet appendice linéaire, ni mucroné, ni bifide. À ce second groupe appartient l'espèce représentée pl. xx, fig. 2 (2 a, antenne; 2b, labre; 2 c, mandibule; 24, mâchoire et palpe; 2e, lèvre inférieure et palpes labiaux; 2/, thorax très-grossi et vu de profil) C’est l'O. uniglumis, Linn., long de 5 à

OXYBELUS 959

8 millimètres, commun en France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Suède et Laponie. Le corps est noir; la tête ponctuée, pubescente, avec la face couverte d’un duvet argenté ; les antennes noires, avec leurs derniers articles fauves ; le thorax ponctué, ayant en dessus une impression longitudinale et deux autres latérales; l’épine du métathorax courte, recourbée, obtuse au bout; les ailes un peu enfumées, avec les écailles testacées, de même que les nervures; les pattes noires, avec les genoux, les jambes et les tarses d’un jaune roux; l’abdomen finement ponctué et brillant, n'ayant pas la dépression postérieure des segments ventraux bien déterminée, comme dans d’autres espèces, offrant deux taches d'un blanc d'ivoire sur les trois premiers segments. M. Marquet dit que cette espèce est commune à Toulouse sur les Euphorbes. Elle se reconnaît tout de suite par la peinture blanchâtre de son abdomen brillant, la couleur des pattes et les petites écailles du postécusson. Nous citerons encore l'O. lineatus, Fabr., à corps noir, avec des lignes jaunes au thorax, les pattes rousses, l’abdomen à bandes transversales jaunes, commun en France aux environs de Paris et dans presque toute l’Europe.

Les Oxybèles ont des mœurs analogues à celles des Crabrons, les femelles creusant leurs nids dans les terrains sablonneux, et approvisionnant leurs larves de Diptères.

L’Oxybelus uniglumis nourrit ses larves avec des Hematopota pluvialis (Musciens); l'O. latro, Oliv., saisit sur les Ombellifères d’autres Musciens, des Sarcophaga (Mouches à viande) et des Lucilia Cœsar. Des Tachinaires (Musciens) profitent du moment où l’Oxybèle engage sa tête dans l’entrée de son nid, en traiînant sa proie entre les extrémités de ses pattes postérieures, pour déposer leurs œufs sur cette proie. Les Oxybèles ne cherchent pas à s'emparer de ces Tachinaires, volant autour de leur trou ou sur les Ombellifères, où ils chassent d’autres Mouches.

Les Oxybèles se montrent chez nous du milieu d'avril à la fin de juillét, puis disparaissent en grande partie pendant la canicule, pour reparaître, mais moins abondants, en septembre et octobre : c'est sur les Ombellifères qu'on en capture le plus grand nombre. Leur taille varie, selon les espèces, de 4 à 40 millim., les mâles plus petits que les femelles. [ls aiment à voler sur les terrains légers, car leur petite taille les empêche de creuser leurs terriers dans les sols compactes. I1s sont vifs et alertes, d'un vol rapide, mais peu soutenu, et, quand ils se posent à terre, ils y séjournent peu et s’agitent constamment à droite et à gauche. La couleur du fond de leur corps est noire; la tranche du prothorax, le point calleux sous chaque écaille des ailes, ont souvent du blanc ou du jaune, qu'on retrouve toujours en bandes transverses sur les côtés des segments de l’abdomen. On consultera pour le genre Oxybelus : A. Gerstäcker, Ueber die Gattung Oxybelus, Latr., und die bei Berlin vorkommenden Arten derselben (Halle, 1867). L'auteur, dans les

940 HYMÉNOPIÈRES.

espèces des environs de Berlin, en décrit dix qu'il considère comme nouvelles. — Fr. Chevrier, Essai monographique sur les Oxybelus du bassin du Léman, Schalfhouse, 1868 (Mittheilungen der Schweizerischen Gesellschaft, septembre 1865, p. 381). Il y a la description de onze espèces.

PEMPHRÉDONINES.

Antennes subbrisées. Collier du pronotumpelit. Ailes supérieures ayant trois cellules cubitales, ou deux et très-rarement une seule, la nervure basale atteignant la postcostale non loin du stigma. Jambes intermédiaires avec un seul calcar. Abdomen ayant les côtés aigus en dessus, le premier segment formant un pétiole, tantôt court, tantôt long.

GENRES PRINCIPAUX

MiIMESA, Shuckard. — Tête convexe, au moins aussi large que le thorax; chaperon transverse, arrondi sur le front. Antennes insérées au milieu du front, distantes à la base, avec le flagellum un peu en massue vers l’extrémité. Labre caché; mandibules bidentées. Thorax ovalaire, avec le métathorax tronqué. Ailes supérieures ayant la cellule radiale longue, étendue presque jusqu’au bout de l’aile, et trois cellules cubitales, la seconde recevant presque toujours les deux nervures récurrentes ; ailes inférieures ayant la nervure transverse ordinaire située derrière la fourche du cubitus. Pattes fortes, les cuisses antérieures souvent reçues dans une fossette du mesosternum, les épines des jambes postérieures épaisses, ne dépassant pas le milieu du métatarse. Abdomen ellipsoïde, attaché au thorax par un long pétiole.

Ce genre n’a qu'une dizaine d'espèces connues, la plupart d'Europe, d'autres des États-Unis, de la baie d'Hudson, des îles Sandwich. Nous citerons Af. equestris, Fabr., d'Angleterre, de France, d'Allemagne, de Suède, de 6 à 8 millimètres, noir, avec les tarses roux, les flancs trèsponctués, le métathorax rugueux, le pétiole abdominal assez large. Cette espèce appartient au sous-genre Aporia, Wesmael, ayant la seconde cellule cubita’'e recevant les deux nervures récurrentes, l’abdomen roux au milieu, la tête avec un tubercule obtus entre les antennes en massue, à peine rétrécie derrière les yeux, subexcavée au milieu du vertex, les antennes rousses ou ferrugineuses en dessous, les fosses latérales du mésosternum destinées à recevoir les cuisses, incomhiètes. Le sous-genre Mesopora, Wesmael, présente l'abdomen entièrement noir, les aile: supérieures ayant la troisième cellule cubitale recevant la seconde nervure récurrente, les antennes des mäles noires et peu épaissies, le front armé d'une petite corne aiguë entre les antennes, les fossettes du mesosternum recevant les cuisses antérieures

PEMPIHIRÉDONINES. 941

bien déterminées. On y range M. atra, Panzer, de 8 à 140 millimètres (pl: xx, fig. 7 : 7 a, antenne ; 7 b, labre; 7 c, mandibule ; 7 d, mûchoire et palpe; 7e, lèvre inférieure et palpe), de France et des environs de Paris, de Belgique, d'Angleterre, d'Italie, d'Allemagne, de Suède. L'insecte est noir, un peu poilu, les ailes à nervures pâles, le pétiole non caréné, la partie stemmatigère du vertex élevée. Le mâle a le scape des antennes dilaté, renfermant le pédicelle, le flagellum comprimé-dilaté, plus étroit au milieu, les articles excavés en dessous, les derniers un peu en scie, les pattes antérieures d'un jaune pâle, les tarses intermédiaires ayant les deux premiers articles prolongés au bout.

Le genre Psen, Latr., est très-voisin du genre Mimesa, aussi à trois oellules cubitales, les ailes inférieures ayant la nervure transverse crdinaire placée avant la fourche du cubitus; le chaperon avec deux petites dents au bout; le pétiole de l'abdomen dépassant les hanches postérieures ; les cuisses épaisses, les antérieures tronquées obliquement en dessous à la base, les jambes postérieures presque mutiques, avec des épines grèles, dépassant beaucoup le milieu du métatarse. Ce genre n'a que quelques espèces, une du Brésil, les autres d'Europe, et parmi elles le P. atratus, Panzer, de France, d'Allemagne, d’Angleterre, de Suède, long de 6 à 7 millimètres, noir, assez brillant et lisse, la carène frontale entre les antennes bifide; le mâle a les antennes d'un brun ferrugineux en dessous, filiformes, à articles subnoueux.

Les genres Mimesa et Psen sont des nidifiants, regardés à tort comme parasites des nids par beaucoup d'auteurs. D'après Schenck, le Mimesa unicolor, Vander Linden, approvisionne son nid de larves de Cicadelles. Les Mimesa atra et Psen atratus nichent dans les tiges creusées de la Ronce, en construisant une série de cellules placées bout à bout, séparées par des cloisons minces, dures, lisses, ressemblant à du parchemin. Les larves y deviennent nymphes sans coques. Celles de Mimesa atra sont nourries de nymphes de Psylles (Hémiptères homoptères), avec leurs quatre écailles ou fourreaux alaires thoraciques. D’après Kennedy, le Psen atratus établit son nid dans les pailles des toits de chaume et l’approvisionne de Pucerons. M. Puton a obtenu le Psen atratus des tiges de la Ronce.

Les genres qui suivent ont les ailes supérieures avec deux cellules cubitales seulement, l'abdomen noir, les antennes rapprochées à la base et insérées en dessus du chaperon. Plusieurs de ces genres ont aux ailes supérieures deux nervures récurrentes et un stigma médiocre, et les ailes inférieures avec un grand lobe basal. Dans le genre Pemphredon, Latr. (syn. Cemonus, Jurine), les ailes supérieures ont la seconde cellule cubitale grande et subcarrée, le vertex très-large, les antennes non épaissies, l'abdomen avec un long pétiole, plat et rugueux en dessus, dépassant les hanches postérieures, les jambes postérieures faiblement denticulées. Le type est le P. lugubris, Fabr. (syn. unicolor, Panzer, Jurine), entièrement noir, ainsi que ses appendices, de France, de Bel-

gique, d'Angleterre, d'Allemagne, de Suède, de Norvége. Lepeletier S'-Fargeau a vu cet insecte aux environs de Paris creusant son nid dans le tronc d’un Prunier mort et en partie écorcé, au moyen de ses larges mandibules dentées, et rejetant de la sciure. Le D’ Giraud a reconnu qu'il approvisionne ses cellules de petits Aphidiens aptères et à abdomen bituberculé. On trouve les nids de ce Pemphredon dans les tiges sèches de la Ronce, du Sureau, du Rosier, de l’Eryngium campestre, dans les bois cariés des vieux Saules, etc., et souvent aussi dans les galles abandonnées des Cynips et de divers Diptères.

Le D' Giraud (1) a souvent rencontré les nids de cette espèce dans les vieilles galles fusiformes du Roseau, construites l’année d'avant par le Lipara lucens (Dipt.), parfois en société du Tripoxulon figulus. Le canal de la galle était bourré, dans toute son étendue, d’Aphis vert:, avec des larves de couleur vitreuse quand elles sont jeunes, la tête bien séparée du corps par un étranglement, la plus âgée au fond. Ce sont ces larves, et non la mère, qui construisent des cloisons de séparation ou cellules, quand elles sont à toute leur taille, et elles y restent inertes jusqu'à leur transformation en nymphes au commencement du printemps. Ces cellules, au nombre de sept ou huit et davantage, sont étagées en chapelet dans la galle, en forme de calottes brunes, tournées en bas, tapissées à l’intérieur d’une membrane roussâtre, mince, à mailles lâches, contenant des débris d’Aphis et des excréments noirs.

M. le docteur Puton (2) a aussi obtenu P. lugubris des tiges de la Ronce, ainsi qu’une espèce nouvelle, P. dentatus, Puton. Leurs parasites sont les Ephialles divinator et mediator (Ichneumoniens), Æurytoma rubicola (Chalcidiens), Omalus auratus, Dahlbom (Chrysidiens).

Dans le genre Diodontus, Gurtis, les jambes postérieures sont denticulées, l'abdomen presque subsessile, le métathorax rugueux; tandis que dans le genre Passalæcus, Shuckard, les jambes postérieures sont mutiques, l'abdomen à court pétiole, les mandibules à bout obliquement tronqué. Les larves des Diodontus et Passalæcus, comme celles des Pemphredon, sont alimentées avec des Aphidiens, que les femelles vont saisir sur les plantes avec leurs mandibules. Le Passalæcus gracilis, Curtis, creuse des galeries fort étroites dans les tiges sèches de la Ronce et du Rosier, et approvisionne ses cellules de petits Aphis verdûtres; le P. corniger, Schenck, choisit, au contraire, des Aphis noirâtres, à abdomen armé de deux pointes assez longues. Les Diodontus sont des fouisseurs en terre, notamment le D. minutus (D' Giraud), Shuckard, bien avant le D' Giraud, avait vérifié le même fait, et remarqué que le D. minutus a les tarses de devant simples, mais les jambes postérieures épineuses comme le Crabro cephalotes (Trans: Soc. Entom. of London,

(1) Mémoire sur les Insectes qui vivent dans le Roseau commun (Verhandl, zoo. botan. in Wien, 1863, t. VIII, p. 1284). (2) Ann. Soc. entom: de France, 4871, p. 94.

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1854-1856, t. 1, p. 52). M. Westwood est d'avis de ne faire qu'un seul grand genre Pemphredon pour tous ces petits Crabronides noirs, aphidivores, étudiés principalement par les auteurs anglais (1).

Un autre groupe de Pemphrédonines, dans les espèces à deux cellules cubitales, présente les ailes supérieures n'ayant qu’une seule nervure récurrente, le stigma grand, la nervure transverse ordinaire située loin avant la fourche du cubitus, les ailes inférieures avec un petit lobe basal, les jambes grêles à peine denticulées. Ce sont, cependant, des nidifiants compris dans deux genres intéressants, formés chacun avec une seule espèce européenne ou à peu près. L'un, avec l'abdomen à long pétiole, est le genre Stigmus, Jurine. Le S. pendulus, Panzer, est un petit insecte de 4 à 5 millimètres de long, noir, ayant les antennes presque entièrement d’un jaune pâle, ainsi que les mandibules, les jambes et les tarses. Le mâle a le pétiole abdominal plus long que la femelle, et le chaperon couvert d’une pubescence argentée, subtronqué médianement au bout. L'espèce est de France, de Belgique, d'Angleterre, d'Allemagne, de Suède. Elle est aphidivore à l’état de larve, car le docteur Giraud a trouvé ses nids vides dans des tiges de Ronce, avec les cellules séparées par de minces cloisons et contenant des débris d’Aphis. Le parasite est le Diomorus calcaratus (Chalcidien). Une seconde espèce, d'aussi petite taille, est décrite de Russie, le S. Solskyi, Morawitz (2).

L'autre genre, Spilomena, Wesmael, Shuckard (syn. Celia, Curtis), a les antennes insérées au chaperon, les jambes postérieures ténues et mutiques, l'abdomen subsessile. 11 est fondé sur une très-petite espèce, de 3 à 4 millimètres, de France, de Belgique, de Grande-Bretagne, d'Allemagne et de Suède, le S. froglodytes, Vander Linden, noir, brillant, presque glabre, ayant la base des antennes, les mandibules et les pattes testacées, les cuisses postérieures d'un brun ferrugineux. Le mâle a le chaperon, une tache faciale inférieure de chaque côté et le scape des antennes d'un jaune-citron. Ce petit Hyménoptère choisit les pailles creuses de chaume qui couvre les habitations des campagnes, pour y loger ses larves. On trouve dans les fétus de paille un ver ayant autour de lui une provision d’une cinquantaine de petites larves de Thrips (Thysanoptères), ou de jeunes Coccus (Hémiptères homopières dégradés, Cocciens).

Le dernier groupe des Pemphrédonines a les ailes supérieures n'ayant plus qu'une seule cellule cubitale, et l'abdomen subsessile. 11 est constitué par le genre Nüitela, Latr., avec une seule espèce, le N. Spinolæ, Latr., de France, d'Italie, de Suède, de 5 à 6 millimètres

(4) 3. O0. Westwood, On generic Nomenclature (Magaz. of Natur. Hist. by Charlesworth, 1837, t. 1, p. 169), et Observations in reply, ete., p. 316).

(2) Morawitz, Mélanges biologiques tirés du Bullelin de l’Acad. imper. des sciences de Saint-Pélersbourg, t. VII, p. 451 à 463.

de long, noir en entier, ainsi que ses appendices, le front large, trèsfinement ponctué, les antennes insérées au chaperon, la tête et le thorax d’un noir terne, l'aire basale du métathorax subrugueuse, les ailes inférieures ayant les nervures obsolètes, excepté la postcostale. M. Marquet dit avoir capturé cette espèce sur les talus de chemins, près de Cette. Ce petit Crabronide niche assez rarement dans les tiges de la Ronce. Il habite surtout les troncs des gros arbres et les plantes vermoulues, perforées par les larves des Coléoptères xylophages. Sa larve file une très-jolie coque cylindrique, d’un roux pâle, et paraît avoir, pour provision, des larves d’un Hémiptère homoptère. Son parasite est le Chrysis cyanea, Linn., qui hante également les nids du Tripoæylon figulus. |

On peut dire que les Crabronides du groupe des Pemphrédonines ont pour aliments principaux, à l’état larvaire, des Hémiptères homoptères dégradés.

NYSSONIDES.

Mandibules non émarginées fortement. Jambes intermédiaires avec deux épines ou calcars à leur sommet. Abdomen ovoïde-conique.

MELLININES.

Yeux ne divergeant pas inférieurement. Aïles supérieures munies de trois cellules cubitales, la troisième recevant la seconde nervure récurrente. Cuisses antérieures non reçues dans des fossettes du mesosternum ; hanches intermédiaires contiguës ; cuisses postérieures en massue, atténuées au bout. Abdomen pétiolé, ayant les segments dorsaux sans dépression postérieure.

MELLINUS, Latr. — Antennes filiformes, insérées assez près du chaperon, ce dernier arrondi, ayant dans son milieu deux dentelures; trois ocelles en triangle. Mandibules tridentées dans les femelles, bidentées dans les mâles. Thorax ovalaire, avec écusson subcarré et métathorax ayant une aire basale bien déterminée ; première cellule cubitale des ailes supérieures recevant la première nervure récurrente. Ailes inférieures à lobe basal profondément incisé, la nervure transverse ordinaire située derrière la fourche du cubitus, la postcostale réunie à la costale assez longuement avant l'origine du radius. Pattes grêles, les jambes et les tarses des femelles ciliés et épineux. Abdomen orné de bandes jaunes ou blanches.

Les Mellinus ne comptent que deux espèces d'Europe. La plus répandue est le M. arvensis, Linn., Fabr. (pl. rxxin, fig. 6), long de 6 à 12 mil-

MELLINUS. 945

limètres, offrant beaucoup de variétés, noir varié de jaune, à abdomen assez brillant et un peu pubescent. La tête est presque plus large que le thorax ; le front à courte pubescence brune, avec une ponctuation très-fine et très-serrée ; les mandibules fortes ; les antennes recourbées, noires, le premier article peu épais et jaune en dessous, le second petit, le troisième pas plus long que le premier. Le corselet, oblong, présente le pronotum jaune, séparé par une impression profonde, le mesonotum à ponctuation très-serrée, l'écusson ayant une tache jaune subcarrée, transversale. Les ailes sont hyalines, à grand stigma allongé et pâle; le mésosternum, ponctué, offre une tache jaune en dessous des ailes. Les pattes sont assez allongées, jaunes; les hanches et les bases des cuisses noires, les jambes peu épineuses, à calcars assez longs; les ongles et les pelotes tarsales assez robustes; les quatre premiers articles des tarses antérieurs armés extérieurement de courts et grèles aiguillons. L’abdomen est allongé, ayant le premier segment rétréci en pétiole et renflé postérieurement, les segments 2, 3 et 5 avec de larges bandes jaunes, 4 ayant une tache jaune de chaque côté, et 6 une valvule distincte. Le mâle diffère par le chaperon, les mandibules et le mésosternum plus largement peint, les articles des antennes d'un roux ferrugineux en dessous, de neuf à douze, un peu gonflés en dessous au milieu, et les bandes de l'abdomen parfois interrompues. L'espèce est de toute l'Europe, y compris la Suède et les iles Britanniques. Une seconde espèce, de même distribution géographique, le 3. sabulosus, Fabr., ressemble tout à fait à la précédente par la taille, la forme et le dessin, mais s’en distingue tout de suite par les antennes ferrugineuses, noires supérieurement au delà du milieu, l'abdomen à bandes et taches blanchâtres, le mâle ayant les articles 8 à 12 des antennes presque à dent proéminente en dessous au milieu.

Les mœurs du Melline des champs rappellent beaucoup celles des Crabro. 11 creuse son nid dans la terre sableuse, et y apporte des Musciens pouvant appartenir à divers groupes. Huit à dix Mouches suffisent à la provision d'un seul nid, qui ne contient qu'un seul œuf. Le nid est fermé par la mère avant l’éclosion de la larve, qui se fait peu après. Elle prend rapidement sa croissance et se file une coque de soie, qu’elle fortifie par des grains sableux mêlés d'ailes, de jambes et de tarses de Musciens. M. Goureau (1) a observé les A. arvensis posés sur une bouse de vache durcie. Ils ne chassaient qu'une seule espèce de Diptères, Musca corvina, Macquart. Le Melline s'approche doucement de la Mouche posée sur la bouse, comme en rampant, jusqu'à une distance de 42 à 45 millimètres, et de là saute sur sa proie, la saisit par le cou avec ses mandibules, et par le corps avec ses pattes, et l'emporte à tire-d'aile, l’abandonnant s’il lui est arrivé de la tuer complé-

(4) Op. cit., Ann. Soc. entom. Fr., 1839, p. 538 et suiv. GIRARP, I —- 60

tement. Jamais le Melline n’attaquait les petits Sepsis (Musciens), qui se promenaient avec agilité, en agitant leurs ailes ponctuées. Quelquefois il s'élançait sur un Lucilia Cœæsar ; mais, s’apercevant aussitôt de sa méprise, il quittait le combat et dirigeait ailleurs ses recherches. M. Lucas a constaté sur les dunes de Lion-sur-mer (Calvados), que le M. sabulosus nourrit ses larves avec des Diptères des espèces Scatophaga, Scybalaria et Pollenia rudis (Musciens).

NYSSONINES.

Yeux ne divergeant pas inférieurement. Ailes supérieures munies de trois cellules cubitales. Cuisses antérieures reçues parfois eu avant dans des cavités latérales du mésosternum; hanches intermédiaires distantes. Abdomen le plus souvent peint de roux ou de jaunâtre, ayant les segments dorsaux sans dépression postérieure.

GENRES PRINCIPAUX

NYSSON, Latr. — Tête épaisse, avec les yeux divergeant beaucoup supérieurement; front élevé entre des antennes un peu épaissies vers l’extrémité, le premier article presque conique, le second globuleux, les autres cylindroïdes et subégaux, grossissant un peu. Corselet ovalaire, avec métathorax incliné, ayant en arrière une épine de chaque côté ; mésosternum sans sillon latéral, à épisternums non séparés. Ailes supérieures ayant la seconde cellule cubitale pétiolée ; ailes inférieures à lobe basal petit, la nervure transverse ordinaire très-oblique. Jambes presque lisses, peu ou point ciliées, ainsi que les tarses, ceux-ci non élargis. Abdomen ovale-conique, presque subsessile, avec le second segment ventral gibbeux médianement à la base, l'abdomen courbé à l'extrémité, avec le dernier segment fourchu dans le mâle.

Le genre Nysson compte une quinzaine d'espèces, dont dix environ pour l'Europe, les autres du Sénégal, des Indes, de la Guyane, du Chili, des États-Unis. Le type est le N. spinosus, Fabr. (syn. geniculatus, L. S'-F.), long de 8 à 40 millim., noir, à poils bruns, une ligne transverse jaune au collier du pronotum, les pattes en grande partie rousses, noires chez les mâles; trois bandes abdominales jaunes, parfois interrompues dans des variétés. Cette espèce, des environs de Paris, est de France, de Belgique, de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Italie, de Scandinavie. Une autre espèce, des mêmes localités, le N. interruptus, Fabr. (syn. Shuckardi, Wesmael), ressemble à la précédente comme taille et dessin de coloration, mais en diffère par les poils de la tête et du thorax plus blanchâtres, la couleur des parties claires d'un jaune blanchätre, les bandes abdominales interrompues, les pattes du mâle pâles. Le N, trimaculatus, Rossi, plus petit que les précédents, de 7 à 9 millim., a les pattes noires, la tête et le thorax fortement ponclués.:

NYSSON, GORYTES. 947

es épines du métathorax plus courtes, les trois bandes jaunes dorsales de l'abdomen largement interrompues, de manière à représenter trois taches de chaque côté, le second segment ventral de l'abdomen avec une forte gibbosité transversale à la base; la femelle a le point scutellaire,: un court collier prothoracique et les angles huméraux jaunes. L'espèce est des mêmes régions que les précédentes, la Finlande et la Laponie en plus.

Lepeletier S'-Fargeau divise les Nysson en deux groupes, d’après de caractères bien sujets à variations. Les uns ont les bandes jaunes ou blanchâtres de l'abdomen interrompues; tantôt tout l'abdomen a le noir pour couleur du fond, tantôt ce fond est ferrugineux et noir. Les autres ont les bandes jaunes de l'abdomen, toutes ou la plupart continues.

On consultera, pour les Nysson de l'Europe centrale : Fr. Chevrier, Essai monographique sur les Nysson du bassin du Léman (extrait de l'Associalion zoologique du Léman, 1866); et pour les Nysson en général : A. Gerstäcker, Die Arten der Gattung Nyssox, Latr. (Abhandl. der natur. Gesellschaft in Halle, 1867, t. X, Halle). Dans ce mémoire sont décrites onze espèces d'Europe, une d'Asie, une d'Australie et huit de l'Amérique du Nord et du Sud.

GORYTES, Lalr. — Antennes assez longues, insérées un peu au-dessus du chaperon, peu distautes à la base, le premier article épais et subcylindrique, le second transverse, le troisième cylindrique, un peu plus long que le premier, les autres subégaux en épaisseur; ces antennes un peu renflées à l'extrémité et plus longues dans les mâles que dans les femelles. Métathorax mutique ou sans épines latérales; écusson des femelles ayant une fossette postérieure arrondie ; mésosternum sans sillon inférieur latéral, mais à épisternums bien séparés. Ailes supérieures ayant la seconde cellule cubitale large et non pétiolée, et trois cellules discoïdales complètes et fermées ; ailes inférieures à lobe basal assez grand, la nervure transverse ordinaire située avant la fourche du cubitus. Pattes de la femelle dépourvues de cils aux tarses antérieurs, les jambes postérieures sans épines. Abdomen ayant le second segment ventral gibbeux à la base,

L'espèce de ce genre la plus commune, comme répandue dans la plus grande partie de l'Europe, est le G. mystaceus, Linn., long de 10 à 12 millim. (pl. Lxxuir, fig. 4), de France, de Belgique, de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Italie, de Scandinavie, de l'Amérique du Nord. Le corps est assez allongé et brillant, à courte pubescence fauve. La tête est finement ponctuée, sans tubercule entre les antennes; le chaperon avec une bande jaune arquée, avec une fovéole triangulaire de chaque côté du bout largement arrondi ; les antennes noires ; le thorax un peu oblong, ponctué, avec une courte bande jaune au pronotum el les points huméraux jaunes, le mésosternum avec une petite tache jaune sous les ailes, le postécusson jaune, l’écusson avec une fovéole

arrondie et duveteuse; les ailes supérieures un peu enfumées, à assez grand stigma jaunâtre, les ailes inférieures avec un grand lobe basal ; les pattes peu robustes, assez longues; les jambes et les tarses ferrugineux, des jambes antérieures à rares et fines épines ; l'abdomen allongé, non cylindrique ; les segments à courte pubescence soyeuse et très-finenent ponctués, le premier avec une bande jaune apicale largement interrompue, 2 et 3 avec bande jaune apicale complète, 4 jaune au milieu, 6 avec une valvule finement ponctuée; le premier des segments ventraux caréné, le second très-finement ponctué et pubescent, gibbeux à la base et avec quelques gros points en creux. Le mâle diffère par l'absence de fovéole au bout de l’écusson, le septième segment dorsal apparent, tandis que le septième segment ventral est caché; les antennes plus longues, les articles 8 à 15 subarqués. Une seconde espèce, des mêmes localités, et qui n’est probablement qu'une race, est le G. campestris, Linn., qui ne se distingue du précédent que par le mesonotum plus brillant, le quatrième segment dorsal de l'abdomen avec la bande jaune plus large, et le second segment ventral n'ayant à sa base que de petits points en creux.

Le genre Gorytes, dans le Catalogue du British Museum, où il n’est pas séparé du genre Hoplisus, compte, avec celui-ci, plus de trente espèces, dont environ la moitié d'Europe, les autres du Brésil, de la Guyane, du Chili, des Indes, de Port-Natal, d’Adélaïde (Australie), de la Nouvelle-Zélande, des États-Unis, de la Nouvelle-Écosse.

Le G. mystaceus vole sur les haies et dans les bois. Lepeletier Saintl'argeau était porté à supposer les Gorytes parasites des nids, d’après l'absence des épis des tarses antérieurs; cependant il reconnaît que leurs organes, impropres à fouir la terre, peuvent cependant déblayer le bois pourri entamé par les mandibules, et que, malgré le défaut d'épines aux jambes et tarses postérieurs, ils pourraient charrier leur proie au moins avec les mandibules. Or M. Westwood rapporte qu'il a vu le G.mystaceus enlevant, au milieu de son écume, la larve de l'Aphrophore écumeuse (Aphrophora spumaria, Fabr., Hémiptère «homoptère), et la transportant sous son corps, à l’aide des pattes du milieu.

Les deux genres qui suivent ont, comme les Gorytes, le métathorax mutique, les épisternums du mésosternum bien séparés, et les ailes supérieures avec la seconde cellule cubitale non pétiolée. Ils en diffèrent par le second segment ventral de l'abdomen non gibbeux à la base, et le mésosternum muni de chaque côté d'un sillon latéral distinct, pour recevoir les cuisses antérieures. Dans le genre Hoplisus, L. S'-Farg., le métathorax est rugueux, les ailes inférieures ayant la nervure transverse ordinaire située derrière la fourche du cubitus, les tarses à dernier article dilaté, avec des ongles robustes et de grandes pelotes, les tarses antérieurs des femelles ayant leurs quatre premiers articles avec de longs et grèles aiguillons externes, les mâles avec la face rétrécie en

STIZUS. » 919

avant. Nous citerons, de toute la France, les /1. quadrifasciatus, Fabr., avec quatre bandes jaunes à l'abdomen, cette espèce aussi d'Angleterre, et . quinquecinctus, Fabr., avec cinq bandes jaunes à l'abdomen. Le genre Harpactus, Shuckard, présente les ailes supérieures n'ayant qu'un petit stigma, les inférieures avec la nervure transverse ordinaire située avant la fourche du eubitus, le métathorax ni rugueux ni épineux, les tarses antérieurs des femelles avec les quatre premiers articles armés extérieurement de longs et grêles aiguillons. Ex. : 1. tumidus, Panzer, de France, de Grande-Bretagne, d'Allemagne, de Suède ; H. lunatus, Wesmael {syn. lœvis, Vand. Lind.), de France, de Belgique, d'Allemagne, de Suède; en tout, une dizaine d'espèces, dont sept d'Europe et de France, une des Indes, deux du Chili.

STiIZUS, Latr. — Mandibules pointues, unidentées au côté interne. La têle transversale, avec les yeux s’étendant jusqu’à son bord postérieur. Labre petit, semi-circulaire ; mâchoires et lèvres courtes, ne formant pas de trompe ; palpes maxillaires de six articles, labiaux de deux. Ailes supérieures à trois cellules cubitales, la seconde presque triangulaire, recevant les deux nervures récurrentes, Abdomen en cône allongé, muni à l'extrémité, chez les mâles, d’une ou de trois

épines.

Latreille et M. E. Blanchard placent le genre Stizus dans les Bembécides, à cause du labre un peu apparent. On compte en France une dizaine d'espèces de ce genre, de la région méridionale. L. Dufour (1) les a divisées en deux groupes. Le premier présente chez les mâles trois piquants cornés et saillants au bout de l'abdomen, analogues au trident des mâles des Scolies. Le type est le S. tridens, Vander Linden (pl. rxxiv, fig. 8, lèvre inférieure et palpe; 8 a, mâchoire et palpe), commun dans tout le Languedoc en juin, dans les terrains sablonneux, remontant jusqu'aux environs de Paris; en Algérie, en juin, dans le cercle de la Calle, sur les fleurs de l’Echinops spinosus. Un caractère bien distinctif du mâle de cette espèce est donné par les antennes. Le onzième article, de même forme que le précédent, se termine en dessous par une épine arquée, très-fine, très-acérée, dirigée en avant. Le douzième, plus long que le onzième, paraît un peu courbé, parce qu'il est plan en dessous, et le treizième ou terminal, bien plus petit, s’atténue en une pointe crochue, dirigée en arrière et inclinée sur celle du onzième article, de manière à pouvoir faire avec elle la pince. Il est facile de concevoir que, lorsque l'antenne s’infléchit à son extrémité, et elle a une tendance naturelle à s’enrouler, les deux crochets se rencontrent et peuvent enclaver quelque partie ténue et délicate de la femelle, comme par exemple les palpes tactiles, et produire peut-

(1) L. Dufour, Observations sur le genre Slizus (Anc. Soc. entom. Fr., 1838, t. VII, p. 269, pl. 1x).

950 HIYMÉNOPTÈRES.

ètre par leur pression une sensation voluptueuse. Le S. bifasciatus Jurine (syn. tridentatus, Fabr.), très-répandu dans toute l’Europe méridionale, et l'espèce la plus commune dans toute l'Algérie, en avril et en mai, sur les fleurs de l’Asphodelus ramosus. Le S. ruficornis, Latr., de la France méridionale, ainsi à Cette, en août, sur les Echinops Ritro d'Algérie, près d'Oran, se reconnait à ses antennes rousses, La tête est noire, variée de jaune; le thorax noir, avec le bord postérieur du prothorax et une tache près de la base des ailes d'un jaune pâle; les ailes transparentes, avec leurs nervures ferrugineuses; les pattes d’un jaune ferrugineux; l'abdomen noir, avec une large bande transversale jaune sur chaque segment, interrompue sur les premiers.

Dans le second groupe des Stizes, il n’y a qu'un seul piquant à l'anus des mäles. C’est ce qu’on voit chez le S. nigricornis L. Duf., très-commun dans les Landes; des environs de Marseille ; d'Espagne, ainsi près de Madrid, se plaisant dans les terrains sablonneux, où il fréquente les Ombellifères ; des environs de Constantine, en mai, sur les Thapsia garganica ; d'Albanie, de Syrie. La tête est noire dans la femelle, ainsi que les mandibules, avec une seule tache jaune sur le chaperon, tandis qu’elle a beaucoup de jaune chez le mâle. Les antennes sont noires, avec leur premier article jaune en dessous chez la femelle, et les sept ou huit suivants dans le mâle. Le bord du prothorax est jaune; les ailes diaphanes, à nervures roussâtres ; les pattes jaunes, avec la base des cuisses noires; l'abdomen avec deux grandes taches jaunes transversales sur les segments 1 et 2, trois bandes sinueuses jaunes, interrompues au milieu, sur les segments 3, 4, 5, et, chez le mâle, une bande jaune sur le segment 6. Chez ce mâle du S. nigricornis, le premier article du tarse intermédiaire offre une dilatation arrondie, creusée du côté interne en une excavation présque circulaire, dont le fond est une large gouttière destinée à recevoir un prolongement subulé de la jambe au côté interne (autre que l'épine simple ordinaire ou calcar du côté externe). On ne sait pas quelle est, lors de la copulation, la pièce de la femelle qui s’'insère dans cette curieuse coulisse.

Les piquants terminaux de l'abdomen des mâles des Stizes sont des armes offensives, mais peu redoutables, pouvant seulement gratter notre peau. Ces stylets ne sont pas fixés au dernier segment ventral extérieur de l'abdomen, et ne dépendent pas de l’armure copulatrice, mais sont le prolongement d'une plaque coriacée, placée au-dessus de ce segment et immédiatement au-dessous de l’armure copulatrice même. Chez certains Vespiens, au contraire, les mâles inquiétés font saillir par la région anale deux piquants rétractiles très-acérés, qui sont au contraire les branches du forceps de l’armure copulatrice.

M. Fr. Smith ne laisse dans le genre Stizus que le S. nigricornis, une espèce d'Haïti et de la Jamaïque ; une des États-Unis, une d'Australie. H fait au contraire rentrer tous les autres Stizus dans le genre Larra,

PALARUS, ASTATA. QA

Klug, Smith, non Latreille. Ces Larra, que nous ne séparons pas des Stizus, comprennent une soixantaine d'espèces de l'Europe méridionale, de l'Algérie, de l'Égypte, de Syrie, d'Abyssinie, du Sénégal, de l'intérieur de l'Afrique, de Port-Natal, du Congo, de Gambie, des Indes, de Tranquebar, d'Adélaïde (Australie).

PALARUS, Latr. — Tête aussi longue que le thorax ; antennes courtes, très-rapprochées à la base, allant en grossissant vers leur extrémité; yeux très-rapprochés postérieurement. Mandibules fortes, arquées vers l'extrémité; palpes courts, surtout les labiaux. Aïles supérieures ayant une cellule radiale et trois cubitales, la seconde trigone, recevant les deux nervures récurrentes, Pattes fortes et épineuses., Abdomen ovalaire.

Nous plaçons, avec M. Fr. Smith, le genre Palarus dans les Nyssonides. Le type est une espèce du midi de la France et de l'Allemagne, d'Italie et d'Espagne, le P. flavipes, Fabr., long de 12 à 14 millim. La tête est noire, variée de jaune; les antennes noires, ainsi que l'extrémité des mandibules ; le pronotum bordé de jaune; les écailles jaunes, ainsi que les flancs du thorax; les ailes diaphanes; les pattes jaunes, avec la base des cuisses noirâtre ; l'abdomen jaune, avec chaque segment bordé de noir postérieurement. Les Palares ont été étudiés dans leurs mœurs par L. Dufour (1). Ce sont des fouisseurs en terre et de grands chasseurs de proie vivante. Le Palare, à l'affût sur le seuil de son terrier, attend ses victimes au passage, et se précipite indifféremment sur les divers Hyménoptères qui passent à sa portée, cherchant seulement de la chair fraîche de cet ordre d'insectes. Aux douze genres mentionnés par L. Dufour, comme apportant aux larves du Palare un tribut de victimes, il faut ajouter les genres Odynerus, Eumenes, et Polistes. Le Palare se roule dans la poussière avec le ‘Polistes gallicus, et dirige son aiguillon sur le point le plus vulnérable, tandis que le redoutable aiguillon du Vespien, dardé au hasard, reste impuissant.

Il y a quelques autres espèces du genre Palarus, d'Égypte et d’Algérie.

ASTATINES.

Yeux non saillants, divergeant inférieurement. Mandibules à bord extérieur non excisé ni éperonné. Ailes supérieures ayant trois celules cubitales; hanches intermédiaires peu distantes. Abdomen ayant les segments dorsaux avec une dépression postérieure distincte.

ASTATA, Latr. — Tête transversale, comprimée, de la longueur du thorax. Yeux grands et entiers, ovalaires, réunis supérieurement et largement chez les mâles ; ocelles égaux, ronds, en triangle équilatéral. Antennes filiformes, insérées à la

(1) Ann. sc. natur., 22 série, Z00L., t, XV.

952 HYMÉNOPTERES.

base du chaperon, droites dans les mâles, arquées dans les femelles, ayant le premier arliele court et obconique, le second grêle, le troisième le plus long de tous, les autres allant en décroissant de longueur, Mandibules arquées et bidentées, Thorax ovalaire, le collier du pronotum non séparé. Seconde cellule cubitale des ailes supérieures recevant les deux nervures récurrentes; ailes inférieures à lobe basal très-grand, la nervure transverse ordinaire située derrière la fourche du cubitus. Jambes et {arses à épines fortes et serrées ; les jambes épaisses, surtout les intermédiaires et les postérieures. Abdomen d’aspect sessile.

Le type du genre Astata est l'A. Boops, Schrank, long de 8 à 42 millim. (pl. Lxxin, fig. 4 : 1 a, antenne; 4 b, labre ; 4 ce, mandibule, 1 d, màchoire et palpe; 1e, lèvre inférieure et palpe; 1 f, tarse antérieur). Cet insecte est noir ainsi que ses appendices, avec une pubescence grise ; le vertex brillant et à peu près lisse ; l'aire basale du métathorax trèsrugueuse ; le mésosternum à ponctuation serrée, hérissé de poils gris, les épisternums bien séparés; les ailes supérieures à assez grand stigma ovale, le limbe enfumé; les tarses à ongles robustes et mutiques, avec une grande pelote; l'abdomen ovale, subtriangulaire, subdéprimé, noir, presque glabre et lisse, avec les trois premiers segments roux, le premier portant une ligne basilaire médiane imprimée, le sixième ayant une large valvule triangulaire et sa face ventrale avec quelques grands points au sommet et une ligne élevée. Chez le mâle, la plupart des articles du flagellum de l'antenne sont munis en dessous d’une ligne élevée ; le mesonotum a une ponctualité très-serrée ; l’abdomen est plus poilu, les segments ventraux ayant au bout de longues franges de poils fasciculés, le septième segment dorsal triangulaire et subbordé.

Cette espèce est très-répandue pendant le printemps et une grande partie de l’été dans l'est et l'ouest de l'Algérie, sur les fleurs de l’Asphodelus ramosus. 11 butine dans le Languedoc et l'Hérault sur les Eryngium. On le trouve dans toute la France, notamment aux environs de Paris, dans le sud de l’Angletere, en Allemagne, en Autriche, en Italie, en Suède. La femelle creuse des terriers ayant de 3 à 5 centimètres de profondeur; chacun n’a qu'une cellule approvisionnée ordinairement avec des larves de Pentatomides (Hémiptères hétéroptères). M. Fabre a vu l'A. Boops, près d'Avignon, capturant sur l’Osyris alba les larves d’une Punaise azurée, le Pentatoma albo-marginellum, et n’enlevant pas l'adulte, moins tendre et à téguments plus résistants. Il peut encore donner à ses larves d’autres proies, car L. S'-Fargeau l’a pris charriant au vol une de nos petites Blattes silvestres, l'Ectobia livida. Shuckard indique, comme proie de l’Astata Boops, des larves de Pentatoma bidens.

Une seconde espèce, de taille plus petite, se trouve dans les mêmes localités pour les régions de l’Europe centrale et septentrionale, et

LARRADA, 953

remonte jusqu'en Laponie. C'est l'A. stigma, Panzer, ayant, chez la femelle, l'aire basale du métathorax très-finement rugueuse, le limbe des ailes moins enfumé, le mesonotum avec quelques points et à bord antérieur {rès-ponctué, la valvule plus longue, la dépression postérieure des segments dorsaux 2 à 4 n'atteignant pas le milieu; chez le mâle, le chaperon aigu au bout, les antennes plus courtes, une tache blanche frontale, le mesonotum lisse postérieurement.

Le genre a une douzaine d’autres espèces, d'Europe, d'Algérie, du Chili, du Cap, des Indes et d'Australie.

TACHYTIDES.

Mandibules profondément excisées à l'extérieur et semicirculairement près du milieu, parfois éperonnées inférieurement; labre caché antérieurement ou en grande partie. Yeux non saillants, convergeant supérieurement. Antennes presque sétacées. Ailes supérieures munies de trois ou de deux cellules cubitales. Hanches intermédiaires distantes; jambes intermédiaires ne portant au bout qu'une épine ou calcar. Abdomen ayant les segments dorsaux à bord postérieur déprimé.

Nous avons préféré pour cette famille le nom de Tachytides à celui de Larrides de MM. Westwood et Smith, parce que le mot Larra prête à confusion, le genre Larra de Klug n'étant pas celui de Latreille, qui a été subdivisé par M. Smith en deux genres, Larrada et Tachytes. Elle comprend une partie des Lyrops de Guérin-Méneville.

LARRADA, Smith (synon. en partie LyRoPs, Latr., Liris, Fabr.). — Cellule radiale tronquée au bout et appendiculée; trois cellules cubitales, la première aussi longue que les deux suivanies, la seconde recevant les deux nervures récurrentes vers son centre, la troisième en lunule. Mandibules larges, arquées, avec entaille à leur extérieur vers la base. Métathorax tronqué postérieurement, allongé, les côtés généralement parallèles. Abdomen ovale-conique, acuminé au bout.

Dans le type de ce genre, qui est le L. anathema, Rossi, les mandibules ne sont pas dentées en dedans, et c’est le cas de la majorité des espèces; mais dans quelques autres il y a une courte dent qui est placée à la base. Le L. anathema, Rossi (syn. ichneumoniformis, Fabr.), long de 44 à 20 millimètres, a le corps noir, assez velu; la tête ponctuée, ayant une impression longitudinale et une fossette transversale sur le vertex; les antennes noires, velues, à l'exception de leur premier article, qui est glabre ; le thorax ponctué, les ailes violacées; les pattes noires, avec les tarses plus brunâtres ; l'abdomen noir, avec les deux

premiers segments ferrugineux, les autres velus latéralement, L'existence de cette espèce est douteuse en Angleterre; sa distribution géographique est fort étendue, car on l'indique de France, très-commun en juin et juillet sur les fleurs dans le Languedoc, d'Allemagne, de Hongrie, d'Italie, de Grèce, d'Algérie et de Port-Natal, dans l'Afrique australe.

Il y a quelques autres espèces, à abdomen entièrement noir, qui sont du midi de la France : ainsi L. nitida, Spinola, aussi d'Allemagne et d'Italie; L. atrata, L. St-F., également du Piémont et d'Algérie, du cerele de la Calle, en mai, sur les fleurs d’Asphodelus ramosus; L. nigra, Vander Linden, également d'Italie et d'Algérie, près d'Oran.

Une espèce exotique a une distribution très-étendue, c'est L. hæmorrhoidalis, Fabr. (syn. Lyrops auriventris, Guér.-Mén.) (pl. LxxIv, fig. 9, spécimen mâle), noir, à abdomen annelé de jaune doré, offrant un caractère sexuel très-curieux qui manque dans la femelle : c’est l'élargissement et l’aplatissement du second article des tarses postérieurs. Le Catalogue du British Museum indique cette espèce d'Égypte, de Sierra-Leone, de Gambie, et du Pundjab, etc., dans les Indes orientales.

Le genre Larrada compte encore une dizaine d'espèces d'Asie, une vingtaine d'Afrique, deux d'Australie, une quinzaine de l'Amérique méridionale et des Antilles, une dizaine de l'Amérique du Nord.

TACHYTES, Panzer. — Tête transverse, de la largeur du thorax. Mandibules larges, arquées et acuminées, bidentées en dedans, profondément émarginées à l'extérieur vers la base, ou avec une entaille, formant un processus denté. Thorax ovale, le collier du pronotum non séparé, étant tout à fait caché par une gibbosité convexe du mésothorax, le métathorax court, arrondi sur les côtés, graduellement déelive en dessus du sommet, non tronqué en arrière, aussi large que long. Ailes supérieures avec une cellule radiale appendiculée, plus ou moins arrondie au bout et non tronquée, trois cellules cubitales, la seconde recevant les deux nervures récurrentes, la nervure transverse ordinaire située loin avant la fourche du cubitus, la nervure basale atteignant la postcostale assez loin avant le stigma. Ailes inférieures à lobe basal très-grand, mais à peine séparé par un sinus, dépassant la nervure transverse ordinaire, celle-ci située loin avant la fourche du cubitus. Tarses aplatis au bout, mais denticulés, munis d'ongles et de pelotes grands. Abdomen court, ovale-lancéolé, subsessile, pas plus long que le thorax, ordinairement subdéprimé en dessous, le segment apical avec le disque mou, ses bords réfléchis.

Nous prendrons comme type de ce genre, avec M. Fr. Smith, T. pompiliformis, Panzer, du midi de l’Angleterre, de toute la France et d’une grande partie de l’Europe, très-commun dans le Languedoc, en août et septembre, sur les talus. Long de 6 à 8 millimètres, cet insecte a le corps noir, finement ponctué; la tête avec une

TACHYTES, DINETUS. 955 forte impression longitudinale, les mandibules d’un roux brunâtre à leur extrémité ; le métathorax granuleux, les ailes rembrunies, les pattes noires ; l'abdomen noir, couvert d’une pubescence blanchâtre, ayant les deux premiers segments et la base du troisième roux. D'après Shuckard, le T. pompiliformis prend comme proie, pour les larves des chenilles, de petits Lépidoptères. Une autre espèce, à abdomen noir et rougeâtre, est le T. obsoletus, Rossi, L. S'-F. (syn. tricolor, Fabr., Spin., Jurine, Panzer, Latr.), de France, d'Allemagne, d'Albanie, d'Espagne, l'espèce la plus abondamment répandue dans toute l'Algérie, en mai et juin, sur les fleurs, parfois sur les dunes de sable. D'autres Tachytes ont l'abdomen entièrement noir : tel est le T. unicolor, Panzer, de 8 à 10 millim., entièrement noir, les tarses ferrugineux au bout, le mesonotum brillant, à gros poiuts peu serrés, la valvule dorsale en triangle allongé. La troisième cellule cubitale de l'aile supérieure est prolongée extérieurement au bout en ligule. Cette espèce est de France, de l'Angleterre méridionale (ile de Wight, Surrey, Sandhurst), d'Allemagne, d'Italie, de Suède, d'Algérie, dans le cercle de la Calle, en juin, et près d'Oran.

Nous citerons, parmi les plus grandes espèces du genre Tachytes, le T. grandis, Chevr., espèce fondée sur un seul mâle trouvé en Suisse, près de Nyon (1).

Les Tachytes sont des fouisseurs creusant des terriers, mais se servant aussi, par paresse intelligente, de ceux excavés par les Sphex, dans lesquels ils entrent pondre et qu'ils bouchent, Le T. tarsinus, L. SF. du midi de la France, fond comme un trait sur de jeunes Acridiens encore sans ailes. Le T. obsoletus emporte des OEdipodes, comme le fait aussi le Parasphex albisectus. Le Larrada nigra (ancien Tachytes) nourrit ses larves de Grillons, comme le Sphex flavipennis, et on le voit également trainant le Grillon par l'antenne. On comprend donc, par l'identité des proies, que ces insectes trouvent commode d'aller pondre dans des terriers déjà approvisionnés par les Sphex.

Le genre Tachytes compte une cinquantaine d'espèces, dont trois d'Angleterre, deux ou trois de Suède, dix de France; d’autres d’Allemagne, d'Italie, de Grèce, d'Asie, d'Afrique, d'Australie et de la Nouvelle-Zélande, d'Amérique méridionale, d'Amérique septentrionale. Le genre est cosmopolite.

DINETUS, Jurine. — Tête moins carrée que chez les Miscophus ; antennes plus larges dans les mâles, moniliformes vers leur base et filiformes dans le reste de leur longueur. Mandibules tridentées au côté interne, Ailes supérieures

(1) Fr. Chevrier, Hyménoptères divers du bassin du Léman (Mittheilungen der Schweiz. entomol. Gesellsch., juin 4872, t. HI, p. 487). En outre, dans ce mémoire, sont décrites des espèces nouvelles des genres Cœliorys, Ceratira, Anthidium, Heriades.

n'ayant que deux cellules cubitales, recevant chaque jour une nervure récur-

rente. Cuisses légèrement renflées en massue.

La seule espèce longtemps connue, d'Europe et toujours rare, est le D. pictus, Fabr., long de 6 millim. (pl. Lxxiv, fig. 10, femelle, la grandeur naturelle à côté). Il a le corps noir; la tête ponctuée, avee le front jaune dans le mâle seulement ; les mandibules jaunes à leur base et rousses à l'extrémité; les antennes roulées en spirale. dans le mâle; le thorax ponctué, entièrement noir dans le mâle, tandis que, chez la femelle, il a une bande transversale jaune à sa partie antérieure; les points huméraux, les écailles et une ligne sur l'écusson jaunes; les ailes enfumées et irisées; l'abdomen ayant les segments d’un brun rougeûtre, traversés par une bande jaune. De France et des environs de Paris, du midi de l'Angleterre, de Belgique, d'Allemagne, d’Autriche, d'Italie.

Le catalogue Dours mentionne une seconde espèce : D. niger, L. Dufour, d'Hyères et de Port-Vendres.

MISCOPHUS, Jurine. — Tète large, presque carrée, ayant une dépression sur le front; yeux peu convergents supérieurement. Antennes filiformes, insérées à la base du chaperan, leur premier article presque conique, le second fortement renflé, les autres cylindriques. Mandibules unidentées et luberculées au côté interne. Collier du pronotum distinct, assez épais. Ailes supérieures ayant deux cellules cubitales recevant chacune une nervure récurrente, la seconde cubitale triangulairement pétiolée, la nervure basale atteignant la postcostale peu avant le stigma, la fourche inférieure du eubitus située peu après la fourche supérieure. Ailes inférieures à lobe basal petit, subarrondi, la nervure transverse ordinaire située avant la fourche obsolète du cubitus. Jambes et tarses peu épineux. Abdomen ovalaire, d'aspect subsessile,

La principale espèce de ce genre est le M. bicolor, Jurine, long de 6 millim., ayant le corps noir, finement ponctué; les antennes noires, les mandibules rousses ; le thorax ponctué ; les ailes brunâtres, surtout vers le bout; les pattes noires; l'abdomen finement ponctué, ayant le premier segment et la base du second roux, les autres noirs, bordés de brunâtre. Cette espèce est du sud de l'Angleterre, dans les lieux sablonneux, de France, de Belgique, d'Allemagne. On pourrait être tenté de croire le A. bicolor parasite des nids, en raison de ses jambes privées de cils; mais M. Westwood rapporte l'avoir vu creusant un terrier dans un terrain sablonneux.

Il y a deux autres espèces, de France et de Scandinavie, le M. concolor, Dahlbom, noir et brillant, ayant seulement l'abdomen roux à la base, et le M. niger, Dahlbom, entièrement noir.

Nous ne ferons que citer le genre Pison, Spinola, ayant trois cellules cubitales aux ailes supérieures, dont la seconde, très-petite, pétiolée,

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