‹ Les insectes; organisation, moeurs, chasse, collection, classification; histoire naturelle des Orthoptères, Névroptères, Hyménoptères, Hémiptères, Diptères, Aptères, etc. Avec 24 planches en couleur et 460 vignettesChapitre 14 sur 25 · FAMILLE DES ORN ITHOM VI ENS · texte numérisé non relu

FAMILLE DES ORN ITHOM VI ENS

courent assez rapidement, mais ne prennent leur vol qu'à la dernière extrémité, et reviennent bientôt se poser au même endroit.

L'Hippobosque du cheval Hippobosca cqiiina) [fig. 408' est brun, avec la face, les épaules, l'écusson et l'abdomen en dessous jaunâtres; les pattes sont fauves, avec les crochets noirs. Cette espèce est commune partout. Réaumur, qui a particulièrement étudié ses mœurs, lui a donné le nom de Moiiche-araiiinée.

Le genre Hœinabora diffère des Hippobosques par la forme de sa tète et de ses tarses (fig. 419, a , b ; les ailes sont aussi plus longues. Le type du genre est V Hœmabuva pallipcs , qui vit dans les bois et s'attaque

Fie. 416 à 418. — Ornitîiomijia jringiUaria. — c. Jambe postérieure. — d. ila-xiliii.

indistinctement à tous les mammifères qui passent à sa portée. 11 est d'un jaune verdâtre nuage de brun, avec les yeux et les crochets noirs. Cette espèce n'est pas commune, et se trouve principalement en Angleterre.

Les Ornitliomyes ont les antennes velues, composées de deux articles, dont le premier petit et le second allongé (fig. 416, d) ; leurs ailes sont longues et étroites; leurs pattes (c), grandes et robustes, ont les tarses munis de crochets tridentés. Ces Diptères, dont la reproduction est semblable à celle des Hippobosques, vivent sur diverses espèces d'oiseaux, et jamais sur les mammifères. Ces insectes sont d'une grande vivacité, courent très-vite et souvent de côté comme les crabes; ils volent facilement. L" Ornithomyia viridis , nommé par De Geer Hippobosqiie des oiseaux, est assez commun en France, et se trouve sur différents oiseaux.

ORDRE DES DIPTÈRES

11 est long de 7 à 8 millimètres, d'un vert obscur, avec les yeux brun rougeàtre; les ailes sont vitrées, à nervures noirâtres.

V Ornithomya friugillaria (fig. 4i(3) est d'un jaune d'ocre à reflets verdàtres; l'abdomen d'un vert foncé et velu; les pattes sont d'un

(le front. - //. l'alto anlu

noir de jais. Cette espèce vit sur les petits oiseaux, tels que le moineau, les mésanges, etc.

Les Ornithomyes , dont les ailes très-étroites finissent en pointe, forment le genre Stenopteryx, dont le type est le Stenopteryx hinindinis (fig. 412, voy. p. 348), ainsi nommé parce qu'on le trouve sur les hirondelles. Réaumur en a trouvé jusqu'à trente individus dans le nid d'un de ces oiseaux. La figure 412 représente en d la patte antérieure, en e la trompe, et en/ l'antenne de cet insecte.

Nous voyons les ailes réduites à de simples lames dans les Stenopteryx; elles sont encore plus rudimentaires dans les Leptotènes, qui vivent sur les cerfs et les daims, et disparaissent complètement dans les Mélophages , qui passent leur vie accrochés au milieu de la toison des moutons. Chez ces insectes la tête est enfoncée dans le corselet, mais distincte; le suçoir est très-allongé; le corselet presque carré; les pattes sont robustes, avec les crochets longs et recourbés.

Le Mélophage des moutons [Melophagus ovis) [fig. 422], long de 6 millimètres, est fauve, avec le ventre noirâtre. Cette espèce vit dans la toison des moutons. C'est ce qui explique ces volées d'étourneaux sui-

vm. 422.

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FAMILLE DES ORNITHOM YI ENS.

vant les troupeaux et se cramponnant au dos des moutons, où ils cherchent ces Diptères et d'autres parasites.

Les Nyctéribies terminent l'ordre des Diptères, et oli'rent le dernier degré de la dégradation. Us forment le passage entre les Diptères et les Poux, avec lesquels on les a longtemps confondus. Leur tête est à peine distincte, ayant la forme d'un petit mamelon implanté sur le thorax; les ailes manquent complètement, ainsi que les balanciers; leur corps est aplati, leurs pattes démesurément longues et écartées, ce qui leur donne tout à fait l'apparence d'Araignées qui n'auraient que six pattes.

Les Nyctérihies vivent sur les diti'érentes espèces de chauves-souris.

Xi/cleriOia I.atieilUi. — ./. l'ait.' untù

L'espèce la mieux connue est la Nyctéribie de la chauve-souris {Nycteribia Vespcrtilionis)^ longue de 3 ta 4 millimètres. Elle est entièrement d'un roussàtre clair, avec les poils noirs. On la trouve assez communément sur la chauve-souris fer à cheval. Une autre espèce également répandue sur la chauve-souris commune [Vespcrtilio miirinus) est le Nycteribia Latreillei (fig. 423). Elle est d'un jaune d'ocre, avec le ventre brun. En d est représentée une jambe remarquable par la longueur du premier article du tarse, et par la forme renflée de la cuisse et du tibia; en e est la tête vue de côté.

Les chauves-souris en sont parfois couvertes de sorte qu'il n'est pas difficile de se procurer cet insecte. Tant que l'animal sur lequel il se trouve est vivant, le parasite y reste fixé; mais dès que la vie est éteinte

ORDRE DES DIPTÈRES

chez lui, il le quitte pour s'attacher au premier être vivant qu'il rencontre, ce qui explique qu'on le voit accidentellement sur d'autres animaux que la chauve-souris. On retrouve d'ailleurs cet instinct chez les Ornithomyes aussi bien que dans les Acarus, qui vivent en parasites sur les oiseaux de hasse-cour.

y.; -''> es insectes qui rentrent dans cet ordre sont bien connus de tout le monde sous le nom vul;^'airc de ' Poux. Ce sont des insectes de petite taille, complètement dépourvus d'ailes, qui. vivent en parasites sur 1} l'homme et les animaux, dont ils sucent les liquides au moyen d'un suçoir, ou rongent la substance à l'aide de mâchoires distinctes. Ces insectes pondent des œufs généralement très-gros, comparativement à leur taille, et il en sort des petits en tout semblables à leur mère, à la grosseur près, c'est-à-dire qu'il n'existe aucune transition marquée entre l'état de larve et celui d'insecte parfait. Leurs antennes sont trèscourtes, et leur multiplication est souvent prodigieuse.

On divise l'ordre des Anoploures ou Parasites en deux familles bien distinctes, les Pédicui.iens et les Philoptériens.

FAMILLE DES PEDICULIENS

Les insectes qui composent cette famille ont la bouche en forme de museau , d'où sort à volonté un petit suçoir. Us ont le corps aplati, demitransparent, mou et revêtu d'une peau coriace. Leur tète est généralement petite , munie de deux antennes courtes de cinq articles, et de deux yeux petits et ronds; les pattes sont courtes et grosses, terminées par un fort crochet qui tient lieu de tarse et sert à l'insecte pour se cramponner aux poils ou à la peau des animaux sur lesquels il vit.

Les Pédiculiens vivent de sang; les uns se nourrissent de celui de l'homme, les autres de celui des quadrupèdes mammifères; chaque quadrupède a son Pou particulier, et quelques-uns même sont attaqués par plusieurs. Ces insectes sont ovipares; leurs œufs sont connus sous le nom de lentes; les petits en sortent au bout de quelques jours, et éprouvent plusieurs mues avant de se reproduire.

On divise la famille des Pédiculiens en trois genres : les Phtires , les Hœmatopines et les Poux proprement dits.

Les Phtires ont les pattes antérieures et intermédiaires propres à la marche; les postérieures seulement conformées pour s'accrocher; leur thorax est très-court, se confondant presque avec l'abdomen.

Le Phtire inguinal (Phtirus inguinalis) est de la grandeur du Pou de la tête, mais plus large et plus arrondi; ses pattes sont très-robustes et écartées, ce qui lui donne l'apparence d'un petit'crabe. Cette espèce, connue sous le nom vulgaire de morpion^ vit sur l'homme, dans les poils du pubis et des aisselles, rarement ailleurs. Sa piqûre est beaucoup plus vive que celle des Poux ordinaires , et il s'attache plus fortement à la peau. On se débarrasse de ce dégoûtant parasite au moyen de lotions de tabac ou de frictions avec l'onguent mercuriel.

Les Poux proprement dits {Pediculiis) ont toutes les pattes conformées

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pour s'accrocher; l'abdomen large, plat, de sept segments, à extrémité arrondie et munie d'un petit aiguillon dans les mâles , échancrée chez les femelles.

L'homme nourrit deux espèces de ce genre , le Pou commun ou Pou de la tête , et le Pou du corps. Ces dégoûtants insectes sont malheureusement trop connus pour qu'il soit nécessaire de les décrire. Le premier, Pcdiculus ccn'icalis (fig. 429), s'attache spécialement au cuir chevelu, agglutine ses œufs aux poils, et se repaît de la substance de la peau, qu'il fouille à l'aide de son suçoir. Lorsque le malade , impatienté de leurs démangeaisons, porte la main à l'endroit envahi pour se gratter, et que, par ce remède pire que le mal, il agrandit la plaie et l'envenime, ces plaies multipliées forment une croûte sous laquelle les parasites se tiennent à l'abri et continuent leur œuvre de destruction et de propagation indéfinie. La chair des enfants est celle qu'ils recherchent de préférence ; ils infectent le nourrisson et respectent souvent la nourrice. Ils disparaissent de la tète à l'âge viril, pour attaquer de nouveau les vieillards.

C'est un préjugé fort répandu dans les campagnes que la présence des Poux préserve les enfants de toute autre maladie. Loin pjo. 4^;,, de la, sans parler des démangeaisons mcessantes qui privent cervicaux. l'enfant du sommeil et du repos, ces parasites finissent par causer une suppuration dégoûtante qui épuise le patient et peut dégénérer en ulcère dangereux.

Les Poux se multiplient avec une efi'rayante rapidité; on a calculé qu'une seule femelle pouvait être la source de dix mille petits en trois mois.

Les soins de propreté sont le meilleur préservatif contre cette vermine; on s'en débarrasse au moyen d'infusions de tabac , de staphisaigre , d'huile camphrée. On fera bien de s'abstenir de l'emploi des onguents mercuriels lorsqu'il existera des excoriations.

La seconde espèce est le Pou du corps [Pediculus luimanus) , un peu plus grand que le précédent, à lobes de l'abdomen moins saillants, d'un blanc sale, sans taches ni raies. Il vit sur le corps de l'homme, dans les vêtements. Ce parasite se propage, dans certains cas, d'une si prodi-

pieuse taçon, qu'il occasionne l'iiorribic maladie connue sous le nom de phthiriasis ^ dont moururent, dit-on, Hérode , Sylla et Philippe 11.

Les espèces du genre Hœinatopine vivent sur des mammifères. Ils se distinguent par un abdomen large, déprimé, de huit ou neuf segments. Tous les animaux domestiques ont leur espèce de Pou.

Celui du bœuf {Hœmatopiniis bovis) est blanc, traversé de huit bandes rougeâtres , à tète et pattes fauves.

Celui du cochon [Hœinatopiniis suis) a la tête et le thorax jaunâtres, avec des taches brunes; son ventre est très-large, d'un blanc cendré. Ces insectes se multiplient parfois à tel point sur le porc, qu'ils perforent ses téguments. On voit alors ces animaux maigrir au milieu de l'abondance, leurs soies se dresser, en désordre, sales et dépouillées de leur luisant.

Celui du mouton {Hœmatopinus opis) a la tète orbiculaire , le corselet étranglé dans son milieu, l'abdomen ovale, garni d'un faisceau de poils sur les côtés de chaque segment. Il est blanchâtre, rayé transversalement de brun.

Cette vermine pullule parfois à tel point sur les animaux , que ceux-ci en sont épuisés, tombent dans le marasme, et finissent même par succomber. Les animaux avancés en âge y sont plus sujets que les autres. La malpropreté de l'habitation , une nourriture mauvaise et peu substantielle, sont souvent les causes de la maladie pédiculaire chez les animaux.

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