ACTE TROISIEME
avez eues pour moi, et aussi h me féliciter d'avoir l'ait votre connaissance, car j'ose me flatter que nous resterons bons amis, malgré tout, les gens (l'esprit étant faits pour s'entendre !
LEROY-GUANGER.
Ce n'est pas tout cela: vous avez compromis ma fille; personne n'en voudra plus: il faut que vous l'épousiez.
Aux conditions que vous m'imposez, c'est impossible !
LEROY-GRANGER
Je regrette qu'elles ne vous conviennent pas, mais vous êtes tenu... l'honneur vous fait un devoir de les accepter !
PAUL
Non vraiment... je ne le puis pas!
Alors, adieu, monsieur. Tout plutôt que de rui-,
ner ma famille et que de céder aux vils moyens
employés par vous pour me forcer la main. Mais
vous n'emporterez pas votre mauvaise action en
paradis. Je me charge de prévenir mes amis et
connaissances du garçon que vous êtes! (A part.)
Quelle crapule.
Il va pour sorlir.
PAUL
Comment... vous m'en voulez?
LEROY-GRANGER
Si je vous en veux !
-Moi, je ne vous en veux pas. Et la preuve, c'est
que je vais vous offrir un moyen de sortir d'embarras... oui, c'est une idée qui vient de me venir!
LEROY-GRANGER, méprisant.
Est-elle... honnête?
PAUL
Vous allez en juger! Que diriez-vous, si j'essayais, ce qui ne doit pas ètve difficile, de rappeler Gaston, de lui faire reprendre la place qu'il occupait chez vous, en un mot de lui faire épouser mademoiselle Cécile ?
LEROY-GRANGER
Tiens, mais c'est une excellente idée, ça!... seulement acceptera-t-il? Cécile est compromise... 11 est vrai que nous n'avons pas besoin de lui dire... et comme il n'en sait rien !... il n'en sait rien?... il n'a pas bougé duBois-Mouchet ; il n'a pas été à Paris.
PAUL
Pas une fois... je le sais.
LEROY-GRANGER
Alors rien ne nous empêche...
PAUL
Rien... seulement pressez le mariage, pour qu'il n'ait pas le temps de connaître les bruits qui courent.
LEROY-GRANGER
Parfaitement... Allons! tout est bien qui finit bien. Ce cher ami ! Comme il va être content ! C'est vraiment une bonne action que nous faisons là... Je vais lui écrire de venir, ici, tout de suite; vous lui parlerez...
11 so met à écrire.
ACTK TROISIÈME 65
PAUL
Et j'arrangerai laftaire !
LEROY-GRAXGER, lui l'Michnt la lettre.
Voilà!... Est-ce bien? Est-ce assez gracieux? (II sonne. Un domestique paraît.) Portez cette lettre chez monsieur Gaston, immédiatement!
LE DOMESTIQUE, ahuri.
Comment ! chez monsieur Gaston?
LE ROY-G RANGE R
Oui... chez monsieur Gaston. Allez-donc ! (Le domestique son.) Est-il bête, ce domestique !...
PAUL, après un leœps.
Et maintenant puis-je compter sur vous, si l'on vient vous demander qui je suis pour un mariage!
LEROY-G RANGER
C'est convenu, mon cher Paul. Comptez sur moi... surtout si vous avez des vues sur mademoiselle Malessin. Vous savez que nous les connaissons beaucoup, les Malessin, et que rien ne serait plus facile. Pensez-y, mon ami, pensez-y ! Tenez, je leur parlerai de vous !
PAUL
Non, non. Ne précipitons rien !
LEROY-GRANGER
Seulement, je vous demanderai un petit service, en échange. Tâchez donc de parler un peu à Cécile, e" de la préparer ci ce que nous avons résolu. Venant de vous, la nouvelle lui sera moins désagréable !... Avec moi, ce seraitune scène !... Elle est si mal élevée!... je vous le dis maintenant !...
PAUL
Parfaitement. Envoyez-la moi ; je lui parlerai en attendant Gaston.
LEROY -ORANGER, sortant.
C'est ca ! (A part.) Il n'y a pas à dire : c'est un gentilhomme !
Il surt.