ACTE TROISIÈMIi
le régime dotal. Voilà ce qui me paraît le plus convenable, et, dame !... ce que j'ai l'inlenlion de fiiire,
PAUL, pas convaincu.
Oui... (A part.) Je ne m'attendais pas à cela.
LEUOY-GRANGER.
Qu'en pensez-vous, mon cher ami ?
PAUL, après un temps.
Ça ne me va pas du tout.
LEROY-GRANGER, se levant.
Mais, monsieur, cependant...
PAUL
Oh ! du tout... Et puis, qu'est-ce que c'est que ça?... des craintes... des soupçons... de la défiance! Oh I monsieur Leroy-Granger, je vous croyais plus gentilhomme que cela, dans les afFaires.
Et moi, monsieur, je vous croyais plus franc et plus désintéressé ! En tous cas, je ne sais pas, dans la circonstance, ce quêteraient lesDucourtial, mais voilà ce que feront et ce dont ne démordront pas les Leroy-Granger.
PAUL
Alors !...
LEROY-GRANGER
Alors, quoi ?
PAUL
J'aime mieux y renoncer, voyez-vous...
LEROY-GRANGER
Y renoncer ?
PAUL
Oui je^ VOUS rends voire parole. Mademoiselle Leroy-Granger est libre.
LERO Y-GRANGER.
Ah! c'est ainsi qu'agissent les Ducourtial : je ne leur en fais pas mon compliment, et...
PAUL
Écoutez-moi, monsieur. Avouez que je serais bien bête de me créer des obligations et d'obéir à un point d'honneur exagéré... L'exagération serait ici manifeste ! Je suis jeune; j'ai vingt-huit ans, j'ai des ressources dans l'esprit, dont vous avez pu juger par vous-même ; et avec cela, je me crois en droit, sinon de me montrer difficile, du moinsd'exigerune certaine indulgence. Vous vous refusez à le reconnaître? Je me retire. J'aurais aimé, j'enconviens, entrer dans une famille aussi cliarmante que la vôtre ; vous êtes très bien posé dans le monde ; très honorable, à ce qu'on dit ; toutes raisons qui me faisaient envier le bonheur d'être votre gendre, et qui me laissent, encore et malgré tout, un léger regret de ne plus pouvoir l'être. Mais convenezavec moi que je serais bien sot de me presser, quand, avec un peu de patience, je puis trouver ailleurs les séduisantes conditions que vous me faisiez jadis. Toute question de sentiment à part, j'ai le plaisir de connaître un grand nombre de jeunes filles, mademoiselle Malessin, entre autres, aussi bien apparentés, que mademoiselle Cécile, et qui me feront peut-être accepter de leur famille, après m"avoir choisi elles-mêmes. L'expérience que j'ai faite chez vous, et qui a été bien près de réussir, sans toutefois que j'aie rien fait pour cela, suffit à m'en convaincre... Et maintenant, monsieur, il me reste à vous remercier de toutes les bontés que vous