‹ Les inséparables, comédie-vaudeville en un acteChapitre 14 sur 24 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

LEBON, AMELIE, sortant de la salle à manger.

AMÉLIE

Ah ! monsieur! . . . que j'avais besoin de vous parler !

La chaleur vous a peut-être fait sortir de table?

AMÉLIE

C'est du moins le prétexte que j'ai pris ... Il vient d'arriver plusieurs lettres de félicitation , que mon père m'a priée de lire pour lui . . . Dans le nombre , il y en avait une que je me suis bien gardée de lui montrer. . . Elle est d'un monsieur Durand, négociant. . . Il a , dit-il, contre son gendre une lettre de change de mille écus ... Je tremble que ce ne soit vrai.

LEBON

Et moi, j'en suis sûr.

AMÉLIE

Vous le saviez. . . Eh bien! monsieur, je viens vous en supplier. . Ne laissez pas à mon père le plus léger prétexte ; et daignez acquitter sur-le-champ cette dette . . .

LEBON

Moi ! . . . Eh bien ! par exemple . . .

AMÉLIE

Vous êtes si riche, et si bon. . . Pour vous, mille écus,

ce n*estrien. . . C'est une misère. . . Et vous assurez à jamais le bonheur de votre neveu.

LEBOtf.

De mon neveu î . . . Qu'est-ce que cela signifie ?

AMÉLIE

Eh bien! non. . . Je sais que vous ne voulez pas être connu . . . Mais ne ferez-vons rien pour lui ?

LEEOX.

Rien. . . que des vœux pour son bonheur. . . Car je suis père de famille. . . ( Regardant du coté de la salle à manger. ) Ah ï mon Dieu ' on est au dessert. . . et je ne vois pas M. Edouard. . . Il n'est plus à sa place. . . Où est-il donc ?

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