LE DOMESTIQUE
C'est mademoiselle Amélie qui vous envoie tout cela; et qui m'a dit de veiller à ce que vous ne manquiez de rien.
LEBON
Quelle aimable personne ! . . . Si Ton pouvait manger tranquillement , comme Ton sVn donnerait.
Air : de Lantara.
Dieux! quelle alternative e'trange !
Il faut, helas! quel embarras!
ÎSe pas regarder ce qu'on mange , Pour regarder ce qu'on ne mange pas ,
Mets succulents , mes délicats, A mon devoir, pardonnez cette offense Ciel! une truite au bout de ce couteau! Sans le parfum qui trahit sa pre'sence,
Elle passait ii cognito.
Rattrapons le tems perdu. ( llporte cinq ou six morceaux coup sur coup à sa bouche , sans regarder son assiette , et toujours les yeux jixès sur la salle à manger. ) Excellent. . . mais ça ne me profitera pas . . . j'ai trop d'inquiétude. . . ( Regardant. ) Ce garçon- là me donne une peine . . . Quand il serait mon propre enfant . . .
MARGUERITE
Vous ne veilleriez pas sur lui avec plus de tendresse.
LEBO>T.
C'est vrai. . . Mais à propos d'enfans. . . si je portais quelques friandises à mes petits... c"est permis, n'est-il pas vrai?
MARGUERITE
Voulez-vous du papier ?
LEBO>".
Je vous remercie. . . ( Se levant et arrangeant des biscuits dans le papier. ) J'en ai trois . . . Trois garçons . . . et madame Lebon , qui est encore jeune.
MARGUERITE
Voici mademoiselle. . . Mettez cela dans votre poche.
LEBON
Non pas .... ces poches-là ne m'appartiennent pas . . . Portez cela clans ma redingote. . . C'est pi lis sûr; et puis c'est plus ample.
MARGUERITE
C'est juste. . . Des poches d'huissiers , ca ne refuse jamais... {A part. ) Allons, je reviens dermes préventions; et malgré son état... c'est vraiment un brave homme.