SCÈNE XTI
Les Précédées , AMELIE.
AMÉLIE
Ahî monsieur !... Ah ! mon cher Èdourd! Quel événement ! Mon père était dans le selon , on l'a fait appeler.... je l'ai suivi bien doucement clans l'antichambre , et là , on lui a présenté une lettre de change de vous.
EDOUARD
De moi!... [Regardant Lebon.) Est-ce que ce serait
mie autre que j'aurais oubliée? Et comment cela se
fait-il?
AMÉLIE
Cela vient d'être apporté par un huissier ; et ce que vou» ne croirez jamais , cet huissier est envoyé par M. de Saint- Ange, votre rival.
EDOUARD
Quelle trahison J . . . . Que faire ? . . . . Quel parti prendre ?
LEBON
Payer votre lettre de change.
EDOUARD
Et comment?
AMÉLIE , à Lebon, Monsieur, je vous en supplie, venez à notre secours — Verre»- vous notre mariage rompu? Yerrez-vous notre douleur sans en être ému ?
LEBO>\
Non , sans doute , et j'ai moi-même le cœur trop sensible Tenez , tenez , mon jeune ami, prenez ces valeurs.
ces billets de banque, c'est le montant de la somme.
EDOUARD
Que faites-vous?
AMÉLIE
Ah ! le bon oncle!.... J'étais bien sûr qu'il pardonnerait et quil payerait... Ils finissent tous par là.
EDOUARD
Que dit-elle, mon oncle î... Ah! ça, est-ce que réellement...?
LEBON
Qu'importe qui je puis être... Vous m'avez nommé votre
ami intime , j'ai voulu en remplir les fonctions Prenez ,
payez le beau-père , et renvoyez l'huissier , renvoyez-le avec ies égards qu'on doit à une profession modeste et pénible, et d'autant plus sensible aux politesses , qu'e le y est moins habituée... Mais silence , c'est M. de Verneuil.