II PREFACE
assailli, plus dépouillé, et qu'en même temps, il est resté partout engagé, découvert, responsable.
En sorte que nous sommes arrivés, par suite des conditions faites au pouvoir et de sa débilité, à rejeter les gouvernements d'autorité, la monarchie traditionnelle, l'empire; et par suite des conditions faites à la nation et de son inaptitude^ à ne guère mieux supporter les gouvernements de liberté, la monarchie constitutionnelle, la république.
Nous expliquerons que ce vice mortel de notre organisation intérieure, de notre état intellectuel et moral, de nos mœurs politiques et administratives, est dû en grande partie à nos institutions locales, appropriées très-efficacement en l'an viii, à la monarchie absolue, conservées cependant, au moins quant à leurs traits principaux, par les monarchies parlementaires de 1814 et de 1830, par la république de 1848, par l'empire libéral de 1867 (1), conserv'ées par la république actuelle elle-même, malgré tant d'avertissements décisifs.
Alors, franchissant nos frontières, nous irons rechercher comment les autres peuples de l'Europe ont réussi à substituer à leurs gouvernements et à leurs mœurs d'ancien régime des gouverne-
( 1 ) C*est à partir de cette date qu*on a pu regarder le deuxième empire comme un gouvernement à peu près parlementaire. Cependant la responsabilité ministérielle ne fut établie qu'en vertu du senatus-consulte du 6 septembre 1869.