Bihl. Fat., Cad. Urb
point toutefois renoncé à la résistance. En 1566, il s'opposa vivement au projet qu'avait formé Pie V d'interner dans un quartier spécial entouré de murailles et fermé de chaînes les femmes de mauvaise vie, les curiales, comme on les appelait parce qu'elles dépendaient de la Curie apostolique. Le pape dut menacer de quitter la ville et n'obtint satisfaction que par suite d'une transaction '. Il se vit obligé, l'année suivante, de traiter avec le conseil pour obtenir une subvention de cent mille écus destinés à permettre au roi de France de poursuivre la guerre contre les huguenots ^. Durant le conclave qui suivit sa mort, le conseil désigna six citoyens qui devaient veiller au maintien de l'ordre, de concert avec des auxiliaires choisis par eux (1572) car il semble que les autorités capitolines reprenaient leur prestige dès que le pouvoir du Saint-Siège faiblissait. Le successeur de Pie V, Grégoire XIII ayant disposé de certaines charges relevant du Capitole sans prendre l'avis du conseil communal, celui-ci protesta vivement, déclarant que « le fait était sans précédent ' . »
Quatre « gouverneurs de la gabelle des viandes » et un « gouverneur de la gabelle de la farine » furent créés par le conseil à cette époque (1574). Un peu auparavant, en 1562, il avait décidé que les gentilhommes et citadins seraient seuls désignés pour remplir les fonctions àHmbossolatori; sur trois qui étaient choisis, on en tirait un au sort; les conservateurs étaient chargés de remplacer les élus qui se récusaient ; le renouvellement des imbossolatori
1. Cod. Vat., Urb., 1040; Archiv. Stor. Capil., Cred. i, vol. XXIII, XXXVII et XXXVIII; Bertolotti, Rivista di Discipline carcerarie, année 1886, p. 512 et notre ouvrage Courtisanes et Bouffons.
2. Archiv. Stor. Capit., Cred. i, voL XXXVIII, fol. 26 et suiv. 5. Archiv. Stor. Capit., Cred. i, vol. XXXVUI, fol. 390.
se faisait tous les trois mois ; ils ne devaient accepter aucune magistrature ' .
Ce fut, sans nul doute, afin de mieux s'armer pour la lutte que, dès 1 5 60, les trois conservateurs « considérant combien était grand le désordre de la chose publique causé par les abus et l'ignorance des décrets et des ordres du peuple romain », proposèrent au conseil communal de désigner quatre citoyens qui « amenderaient, transformeraient, compléteraient ces décrets et ces ordres. De fait, bientôt après, fut promulguée par le conseil communal toute une série de règlements, la plupart en plusieurs articles qui établissaient les devoirs des prmcipaux officiers, conservateurs^, caporioni, conseillers des caporioni, défenseurs des décrets, scribes de la Chambre et fixaient les formes qui devaient être observées pour les séances du conseil secret et du conseil public ; les conditions dans lesquelles on devait procéder à la vente des charges étaient également déterminées
Ces dispositions ne reçurent sans doute pas d'effet immédiat car, en 1570 et en 1571, le conseil communal eut à en voter de nouveau l'application
Si elles donnaient plus de force aux magistrats urbains
1. Archiv. Stor. Capil., Cred. i, vol. XXXVIII, fol. 96 et 214. C'est le commencement de l'envahissement des fonctions par les nobles qui sera complet aux dix-huitième siècle.
2. CapitoU e ordini da osservarsi dai Signori Conscrvatori (avril 1568). Archiv. Stor Capit., Cred. i, vol. XXXVIII, fol. 58.
3. Nous n'analysons pas ces prescriptions que les statuts de 1580, reproduisent presque intégralement.
4. Le 15 septembre 1571, le conseil publia une série d'articles réglant les pouvoirs des deux conseils (13 et 14 articles), des conservateurs (17 articles), des caporioni (10 articles), de l'avocat (3 articles), du scribe du sénat (10 articles), du procureur fiscal (10 articles), du grand
et plus de précision à leurs pouvoirs, elles portaient étrangement atteinte à l'organisation municipale instituée au commencement du siècle et leur mise en vigueur entraînait une refonte complète du livre des statuts.
Le jurisconsulte Luca Peto fut chargé, en collaboration avec Pirro Taro, Giacomo Muti et quelques autres de coordonner les travaux préparatoires du conseil et les ordonnances pontificales. Mais Muti mourut, Pirro Taro, absorbé par ses fonctions publiques, se désintéressa du travail, dételle sorte que Peto l'accomplit seul avec l'aide du scribe du sénat '. Celui-ci demanda, en conséquence, un supplément de traitement ^. La rédaction achevée, le cardinal Giulio Antonio Sartorii, évêque de S. Severino, fut commis par le souverain pontife pour l'examiner; après lui, le conseil communal, que le pape a soin de désigner en nommant séparément chacun de ses membres afin de
gabeleur (7 articles), du camerlingue (7 articles), des défenseurs des décrets 5 articles... des maestri délie strade, 5 articles, des justiciers 6 articles... qui forment comme un texte préparatoire des statuts (Archiv. Slor. Capit., Cred. i, vol. XXXVIII, fol. 308).
1. 11 fut alloué par le pape à Luca Peto comme rétribution 300 livres mais il dut insister pour en obtenir le payement (Archiv. Stor. Capit., Cred. i, vol. XXXVIII, fol. 51). Il était procurateur de la Curie romaine; il avait publié en 1567 un traité « De iudiciaria formula capitoUni fori ad S. P. O. R., qui fut réimprimé en 1578. Après la publication des statuts de 1580, Peto revisa son ouvrage au titre duquel il ajouta : « Juxta reformationeiii novorum statutorum Urhis ». Mais ce nouveau texte ne parut qu'après sa mort, en 1 587. Ilyen eutplusieurs éditions, en 16 10 et 1625, car on y voyait le commentaire le plus autorisé du nouveau code statutaire. Peto s'occupait aussi d'archéologie; on a de lui un traité « De ponde ribus et niensuris » qui fut souvent réimprimé (Camillo Re, Statuti di Roma, p. cxvi, note).
2. On lui donna dès lors quarante écus par an {Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. XXXVIII, fol. 231),
ne point le reconnaître comme un corps constitué, l'étudia et en vota la mise en vigueur; finalement le 25 mai 1580, Grégoire XIII l'approuvait par sa bulle : « Urhem Romain ».