‹ Les institutions communales de Rome sous la papautéChapitre 59 sur 193 · CaMILLO Re, p. LIV · texte numérisé non relu

CaMILLO Re, p. LIV

3. Giovanni Ilperini et Pietro Centurelli, mentionnés tous deux dans un document en date de l'année 1377, avaient été antérieurement l'un conseiller, l'autre conservateur. Giovanni Ottoriani devint conservateur

Il est une autre question qui a été longuement débattue et sur laquelle les érudits italiens n'ont pu se mettre d'accord parce qu'ils voulaient lui donner une solution trop absolue, celle de savoir s'il faut considérer cette rédaction des statuts comme la rédaction originelle.

Qu'il y ait eu depuis longtemps un corps de statuts complet, analogue à celui que nous possédons, mais plus primitit, dont les statuts de 1363 ne seraient qu'un remaniement, cela est peu vraisemblable. Ce qui l'est davantage, c'est qu'il existât, antérieurement à la rédaction du code statutaire dont nous nous occupons, une série de règlements, d'ordonnances, de statuts portant sur des points spéciaux, tels qu'en promulguèrent Brancaleone, Annibaldo di Riccardo, Carushomo et d'autres sénateurs ou tribuns et dont les statuts de 1363 seraient la compilation et la consécration.

Dans le proème des statuts de 1363, la rédaction qui venait d'être faite est qualifiée de noviter condita et correcta. Or, on ne saurait corriger que ce qui existe déjà'. Puis on trouve dans le corps de plusieurs articles, liv. I, art. Lxv, cv déjà cité et ex, liv. Il, art. lxxxii et cxcv par exemple, la mention : additum ou addito qui montre qu'un texte déjà existant a été complété. A l'article Lxviii du liv. II, on lit: « ... Sequentes statut uni Francisci (de Baroncellis), statuhniis... »

en Tan 1 386 ; Nicolas Porcari, Tun des ancêtres apparemment du célèbre chevalier, figure parmi les conservateurs qui contresignèrent , le 18 octobre 1572, une procuration donnée par le peuple romain à deux arbitres afin de mettre fin à un différend pendant entre la commune de Rome et divers barons; Pietro Centurelli se trouve de nouveau mentionné parmi les exécuteurs de justice dont les noms sont inscrits au bas de ce même document. Francesco Pisani exerçait, vers ce même temps, les fonctions de notaire de la Chambre. Voyez Camillo Re, p. xuii et seq.

I. On a cité plus haut, p. 79, le passage du proème où il est dit : « Est hoc statutoruw volumen ex antiquis slatuUs... »

D'ailleurs, dans le serment par lequel l'empereur OttonlV s'engageait envers le pape Innocent III, le 8 juin 1201, à respecter le patrimoine de Saint-Pierre, il dit : « Stabo etiam ad conciliitm et arbilrium tuum de bonis consuetudinibus populo Rotnano servandis » Ces paroles démontrent l'existence, à cette époque, d'un ensemble de coutumes, de traditions qui tenaient lieu, sans doute, de constitution écrite. Entre 1212 et 1227, il est fait allusion, dans plusieurs documents, à un Slatutum Senatiis, puis en 1241, à un Statutum vel Capitulare Senatoris vel Scnatus^. Il existait donc alors une sorte de statut spécial réglant les attributions, les pouvoirs des sénateurs. C'est évidemment à ce statut que fait allusion Mathieu Paris lorsqu'il rapporte que Brancaleone occupa trois années de suite la charge de sénateur contra statiita Urbis 3. Comme à cette époque l'autorité du sénateur était très grande et s'étendait sur toutes les branches de l'administration municipale, les statuts qui en déterminaient les bornes et le fonctionnement pouvaient être considérés comme les statuts de la ville. Aussi leur donna-t-on parfois le nom générique de Statuta Urbis et l'on ne saurait dire que Vitale se trompe absolument lorsqu'il avance, sur la foi de documents qu'il ne précise pas, que la ville était dotée d'une constitution écrite en l'année 1246 Cancellieri, dont on sait la minutieuse exactitude, pense de même dans son Histoire du Sénat demeurée inédite >.

Il est encore fait mention du statut sénatorial dans une lettre de Charles d'Anjou à son vicaire Bernardo del Balzo

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