‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 10 sur 191 · Gregorovius, t. II, p · texte numérisé non relu

Gregorovius, t. II, p

Mais déjà, en face de la noblesse, le peuple se lève, turbulent plutôt que séditieux, amoureux de désordre plutôt que de liberté. Le peuple, au reste, aima-t-il jamais la liberté pour elle-même ? Ses aspirations se concentraient alors sur un point, la nomination d'un duc qu'il considérait comme devant être son défenseur contre la noblesse.

C'est en l'année 710 qu'il est parlé pour la première fois d'un duc dans les annales de Rome et, dès 716, d'après une chronique, un certain Pietro, qui semble d'origine populaire, fut créé duc par les Romains soulevés \

Le duc alors commandait en chef toutes les milices romaines. Soutenu du peuple, il empiéta de plus en plus sur les attributions du préfet qu'il réduisit à n'être plus qu'un juge, juge suprême il est vrai, dans les affaires criminelles. Et cependant, c'est au duc que le pape livrait les malfaiteurs ou les adversaires qu'il voulait faire condamner. Sa résidence était au mont Palatin, dans ce qui restait du palais des Césars. Il devint bientôt le véritable gouverneur de la ville et les préfets disparurent. Il n'est plus question d'eux durant toute la période carolingienne et jusqu'au X* siècle *.

Mais les ducs ne devaient pas jouir longtemps de leur primauté. L'autorité du pape croissait chaque jour; un certain nombre d'officiers, de juges étaient désignés par lui ; souvent le duc lui-même était sa créature.

Son pouvoir était d'autant plus grand que la noblesse

1. Gregorovius, 1. 1, p. $38, note 2 ; t. II, p. 238, note2. « Contigil ut Petrus quidam pro ducatu Romanx Urbis Ravennam dirigeretur » est-il dit dans une autre chronique.

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