‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 17 sur 191 · Baluzii, Miscell. V, p · texte numérisé non relu

Baluzii, Miscell. V, p

2. Labbe, Coîlect. Coficil., t. IX, p. 705. « Quia Sancta Roma/ia Ecclesia moriente pontifice multos patitur violentias quod insciente Imperatore aut Legaiis efus àbsentihus Pontifex consecratur, neque canonico ritu missi ab Imperatore intersint Nuntiiy qui vim et schandala in ejus conservatione prohibeanty volumus ut posthac Pontifex, convenientibus episcopis et universo Clero, Senatu et populo expetente, legatur ». Voir VrrALE, p. 22.

3. Élection de Géiase II. Vie de ce pape pir Pandolphus dans MuRATORi, R. Italie. Script., t. III, p. 354.

4. Vendettini, p. 79 citant Ermanno Contratto. « Quidem Gratianus nomine, data cardinalibus et senatoribus magna picunia, papatwn obtinuit. »

ai SI

lorsqu'il s'en était emparé contre le gré des autorités constituées, ducs ou préfets, légats ou représentants de l'empire, prit le nom de prince du sénat.

L'origine de ce titre remonte peut-être à Grégoire le Grand qui, en l'an 6oo, se faisait appeler « De Senatoribus primus ». Toutefois ce titre alors n'impliquait aucun pouvoir effectif.

En fut-il de même de l'épithète « Summus Senator » accordée par une inscription, en 882, à un certain Benedictus qui lit reconstruire le pont Quattro Capi ' ?

En ce temps, il est vrai, on était plus que jamais prodigue d'épithètes louangeuses.

Ce n'est qu'en 932 qu'on rencontre pour la première fois, de façon certaine, la magistrature de prince du sénat et qu'elle correspond à une puissance effective. Albéric s'en était revêtu ; il se faisait appeler « Sénateur de tous les Romains » ou « Chef du sénat ». Sous ce titre, il gouverna Rome despotiquement durant plus de vingt années, en dépit du pape et de l'empereur ^ Les Judices de Clero et les Jiidices de Militia, qui ressortissaient auparavant les uns du pape, les autres de l'empereur, durent rendre ^ leurs jugements sous sa surveillance et quelquefois même dans son palais. Afin de soustraire les milices à l'influence des barons, il y fit entrer de simples artisans et les transforma

1. Inscription trouvée sur le pont Quatro Capi : « Benedictus, Almx Urbis Summus Senator^ restauravit hum pontemfere dirutum. » (Gruterus Corp. Inscript., p. i6o, 5. Cancellieri, Mer. e Lago, p. 182).

2. Les diplômes d' Albéric portent, comme titulature, « Nos Alhericus Domini gratia humilis princeps atque omnium Romanorum Senator » avec quelques variantes. Son grand-père maternel Théofilat s'était déjà fait appeler « Senator Romanorum ». Albéric y ajouta l'adjectif complétif « Omnium » qui marque bien l'importance qu'il attachait à ce titre.

ainsi en milices urbaines. Certaines fonctions furent attribuées exclusivement à des roturiers. Rome commença à se démocratiser à partir de cette époque. Ainsi, cette appellation nouvelle de « prince du Sénat » ne correspond pas du tout à une recrudescence de l'influence des nobles dans l'administration des affaires municipales, mais au contraire à leur effacement, temporaire il est vrai.

Après Albéric, ce titre devint fréquent. Romano, le frère de Jean VIII qui devint pape lui-même sous le nom de Jean IX (1024), avait pris le titre de Senator omnium Romanorum. En 1032, Alinard, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, intitule ainsi une lettre adressée à Piquoco qui remplissait en même temps les fonctions de maître du vestiaire du palais et de chef de la noblesse : Domino illi Sacri palatii Vestarario, primo senatori nec non tinico Romanorum Duci * . Un acte de donation, daté de 109 r, commence par ces mots: « Nos Consul et Dux, atque omnium Romanorum senator ». Les préfets et les papes prirent le titre de princes du sénat ^ Ainsi l'histoire de Rome durant les cinq siècles qui précédèrent la révolution de 1143, nous montre la noblesse, sous le nom de sénat, exerçant une constante et active influence dans la gestion des affaires municipales. Elle seule d'ailleurs restait forte. Les Magistri Militum avaient peu à peu perdu l'autorité illimitée, militaire et judiciaire, qu'ils possédaient jadis. Les schoîœ militum, ces puissantes associations de citoyens armés, calquées sur celles de l'ancienne Rome, s'étaient dissoutes lorsque le danger des invasions barbares et des incursions musulmanes avait disparu. Les faibles et peu belliqueuses corporations ouvrières qui leur avaient suc-

1. Vitale, p. 28. Cf. Galletti, deî Vestarario delta S. R. Chiesa.

Page 1