‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 24 sur 191 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

LA RÉVOLUTION DE II 43 ET SES CONSÉaUENCES

Ainsi, au commencement du xii*^ siècle, le peuple participait à Rome, dans une certaine mesure, mais de façon précaire, au gouvernement de la ville. Dans la plupart des autres cités d'Italie, au contraire, les petites gens, constitués en corporations, en guildes, s'étaient graduellement emparés du pouvoir et en avaient tout à fait et à tout jamais dépouillé les nobles ou les légats impériaux. On put croire un moment que les Romains allaient suivre cet exemple et, d'un coup, s'affranchir de la dépendance où les tenaient les barons et la papauté.

Ce fut à l'occasion d'un épisode de la guerre séculaire que se faisaient Rome et Tivoli.

Rome était alors une si petite ville que Tivoli luttait contre elle à armes égales et qu'elle ne pouvait réussir à lui imposer les droits de suzeraineté qu'elle prétendait exercer sur elle. Une haine profonde divisait les deux populations. En l'année 1141 les milices romaines subirent une défaite humiliante ; « turpHer in fugam conversi sunt » dit Otto de Freisingen, notre seul guide malheureusement durant cette période si importante de l'histoire de Rome ^ Pour tirer vengeance de cet afîront, une grande expédi-

I. La chronique du Mont Cassin s'arrête en 11 38, celle du notaire Falcone, en 1140.

tion fut entreprise Tannée suivante, la campagne de Tivoli ravagée et le siège mis devant la ville.

Le pape Innocent II était au milieu de Tarmée et il datait ses bulles « In monte tybiirtino ». Serrés de près, les assiégés se résignèrent à traiter; toutefois, redoutant à bon droit la colère du peuple romain, ils entrèrent en négociations, non avec les chefs de l'armée, mais avec le pape directement. Un traité fut signé par lequel les Tiburtins s'engageaient « à rester fidèles à saint Pierre et à ses successeurs légitimes, à ne jamais donner la main, soit par acte, soit par conseil, aux ennemis du pape, à ceux qui voudraient lui faire perdre la liberté, la vie ou un membre, à lui dévoiler, au contraire les complots ourdis contre lui, à le secourir s'il était attaqué, à ne point intercepter ses lettres ni arrêter ses courriers », moyennant quoi, le pape promettait de faire cesser les hostilités '.

Lorsque les Romains apprirent la conclusion de cette paix qui les frustrait de leur vengeance et de l'espoir d'un riche butin, leur dépit fut extrême. Ils contestèrent au souverain pontife le droit de négocier sans leur intervention, rappelant qu'au temps du pape Sylvestre II (999), dans une semblable occasion, c'était le « sénat » et non le pape qui avait traité. « Sénat us romanus, more majorum, imperium in Tibiirtinos exercuit », disaient-ils avec l'emphase habituelle aux Romains de ce temps ^. La querelle s'envenima; des protestations, on passa aux actes. Le Capitole, qui était redevenu le centre de la vie municipale, fut assailli par la

1. Ce document a été publié en entier dans Muratori, Antiq. liai., t. VI, dise. 72, p. 251. Cf. Viola, Storiadi Tivoli y Rome 18 17, vol. II, p. 148.

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