Voyez La Mantia, p
•-- ' inp»
SOUS leur direction douze notaires. Leur salaire annuel était de soixante lires, plus vingt livres pour leur habillement, leur entretien ainsi que pour celui de deux serviteurs (donzeîît) et du cheval qu'ils étaient tenus d'amener avec eux. Leurs jugements auraient dû être sans appel, mais l'habitude s'introduisit bientôt de demander au sénateur la revision des procès. Nous le voyons en effet, casser une condamnation à cent livres d'amende, réduite à cinquante, qu'avait infligée la Chambre capitoline à un citoyen coupable de n'avoir pas accompli son devoir à l'occasion des jeux du Testaccio'. Ce recours à la justice suprême de Charles d'Anjou dégénéra bientôt en abus et il y mit fin en déclarant que les jugements rendus par les magistrats du Capitole seraient définitifs (25 mai 1272). En cas de maladie ou d'absence du vicaire, les juges capitolins exerçaient en son lieu les fonctions sénatoriales.
Ces appels à Charles et la suite qu'il leur donnait marquent qu'il ne considérait pas sa charge comme un simple honneur mais tenait à en exercer lui-même les devoirs. Ainsi, le vicaire ayant congédié sans raison légitime le gardien des ports, Charles le fit réintégrer dans ses fonctions ^ .
Il existait alors à Rome un Consilio del Comune dont il est souvent parlé dans les annales de ce temps sans qu'il
1 . Il existait des taxes spéciales dont le produit était destiné à subvenir aux dépenses qu'entraînait la célébration des jeux du Testaccio et de l'Agone. Les statuts de 1367 confirmèrent cette obligation. (Liv. III, art. 75 et suiv.)
2. Vitale, p. 130 à 172; Muratori, t. IIl^, col. 408. Voyez aussi Riccio MiNiERi, // regno di Carlo /, Naples 1875 et, du même auteur, Alcuni fmti di Carlo d> Anjou, Naples, 1874. Les documents sont tirés des Reg. Aug. 1269 et années suivantes. Voyez aussi Giuseppe del GuiDiCE, Cod. diplomatico di Carlo I e II di Angiô (i 265-1 309). Naples, 1863.
soit toutefois possible d'en démêler exactement le caractère. Il semble avoir été consulté dans les circonstances graves ; peut-être ce conseil était-il une transformation du conseil des btionuomini dont il a été précédemment parlé. En l'année 1267, 1^ P^P^ ^*^^^ ^^^ exhortation à Henri de Castille, sénateur de Rome, et au conseil de la commune, Consilio etiam et Comuni Urhis ejusdêm, pour les déterminer à conclure la paix avec le roi de Sicile ' ; plus tard, ce même conseil approuve une confédération entre Rome et les communes de Pise, Sienne et autres cités gibelines de Toscane. Le conseil s'était adjoint en cette circonstance, les consuls des arts et les chefs des marchands ^.
En résumé, Charles d'Anjou avait organisé à Rome un gouvernement régulier, stable et, ce semble, bien conçu, tel que la malheureuse ville n'en avait pas possédé depuis des siècles.
Le pape Urbain IV avait d'abord accepté avec une certaine indifférence la nouvelle de son élection; il écrivait d'Orvieto au notaire Alberto : « Inteîligo qmd illi bonhomines qui Urhem ad prœsens regere et ipsius statum reformare dicuntur, dilec. fil. nobilem virum Carolum Andegaviee et Provinciœ Comitem in Senatorem seu dominiim elegerunt '. » Il disait, il est vrai, d'autre part : « Nos qui ntillum principem prœter Romanorum pontificem dominari vellemus in Urbe. . . » (25 avril 1264) ^ et il engagea de longues négociations aux-