‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 4 sur 191 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l'administration de la ville de ROME ET LE SÉNAT

La transformation de l'ancienne organisation municipale de Rome, telle que l'avait façonnée les derniers empereurs, en une organisation plus conforme aux idées qui régissaient la société au moyen âge, est entourée d'obscurité. On en donnera un aperçu rapide comme préambule à cette

étude.

Au vii^ siècle, la plupart des antiques institutions subsistent encore. Le culte des Romains pour l'antiquité, leur traditionnalisme tenace les maintient. D'ailleurs il faut tenir grand compte, dans l'étude de l'histoire administrative d'un peuple, de la persistance des institutions. Les révolutions qui paraissent le plus radicales, les laissent souvent

RoDOCAKACHi. — Les institutions communales de Rome. l

2 LES msTiTUTlONS COMMUNALES DE ROME

intactes ou ne les modifient qu'en apparence. L'appareil administratif ne se transforme jamais que fort lentement.

Les lettres du pape Grégoire le Grand (590) font mention d'un préfet de la ville '. Comme ses prédécesseurs de Tépoque impériale, il était surtout chargé de l'administration urbaine, des fonctions édilitaires : surveillance des marchés, approvisionnement, direction de la police, organisation des spectacles, entretien des aqueducs, conservation des monuments publics, réparation des anciennes voies impériales et des rues de la ville; partant, il avait la gestion des finances municipales ^ Mais, comme toutes les hautes magistratures du temps, la préfecture était plutôt une charge qu'un honneur et on s'y soustrayait souvent par la fuite. Quand le préfet avait cédé la place à son successeur, celui-ci, secondé de juges nommés tout exprès, lui faisait rendre compte de sa gestion et, malgré les titres pompeux qu'on lui décernait : Magnificus, gloriosus, illustrissimus, les châtiments les plus ignominieux pouvaient lui être infligés s'il avait abusé de son pouvoir, commis quelque malversation. Un préfet de Sicile fut fouetté de verges 5 . La crainte de cet examen était telle chez les fonctionnaires de cette époque qu'ils allaient tout d'abord, en sortant de charge, se réfugier dans une église et n'abandonnaient cet asile que lorsqu'un notaire leur avait certifié que nulle protestation fondée n'avait été produite contre leur administration*. Les fonctions de préfet ne tardèrent pas

1. Prxfectus Urhis Johannts, Ep. 7, VIII, cité par Gregorovius, t. II,

2. Gregorovius, t. I, p. 72. (On a cité la première traduction italienne de Gregorovius).

3. Grég., Ep. SI, X. Ind. III, éd. Migne, vol. lxxvii, col; 1106.

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