Gregorovius, t. II, p
d'ailleurs à perdre toute importance et Boèce avait bien lieu de dire, un peu après, en parlant de cette charge : « Magna olim potestas, nunc inane nomen est ' . »
A côté du préfet se trouvaient les Magistri Militum dont les pouvoirs étaient certainement très étendus. Ils commandaient la force armée composée de soldats de profession (il faut distinguer cette troupe des milices romaines recrutées parmi les habitants dans les moments de danger et qu'on licenciait aussitôt après). Le gouvernement de Constantinople appointait ces soldats par l'entremise d'un Erogator spécial ^. Comme en ces temps, le pouvoir militaire et le pouvoir civil se confondaient, ces capitaines étaient aussi des juges, mais leurs attributions précises sont mal connues. Les tribuns militaires dépendaient d'eux. Quant aux tribuns civils, on sait qu'ils avaient disparu depuis longtemps \ L'autorité des Magistri Militum rappelle donc, par plus d'un point, celle des ducs; elle la remplaçait en partie car il n'y eut de ducs à Rome que plus tard, et pour peu de temps.
Rome était d'ailleurs à cette époque la vassale de Constantinople; l'exarque de Ravenne avait coutume d'envoyer à Rome des juges, judices, pour la gouverner, tout au moins pour en surveiller étroitement les gouvernants +. En outre,
1 . III, Pros. IV. Touchant les fonctions et le rôle du préfet de Rome, voyez Félix Contelorius, de Prxfecto Urbis, Rome, 1631; Corsinus, Séries Prxfe^t. Urbis, Pise, 1763. Cette dernière étude s'arrête à l'année 600. Voyez également Diehl, Étude sur V administration byzantine dans V exarchat de Ravenne (^6S-y<)i), Paris, 1888, p. 127, la: Dissertaiione deir abb. Pjer Paolo Ginanni. NuovaRaccol. Calogerà, IV, p. 447, et Grisar, Roma aile fine del Mondo antico. Part. III.