‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 58 sur 191 · Chapitre précédent, p. 72, note · texte numérisé non relu

Chapitre précédent, p. 72, note

nous avons cités plus haut et auxquels faisait allusion Innocent IV, en chargeant Albornoz de désigner de nouveaux sénateurs conformément aux usages qui régissaient la matière (8 novembre 1354) ^

De tout ce qui précède ainsi que des savantes discussions auxquelles cette question a donné naissance % il semble découler que si, avant la réforme de 1363, Rome n'eut point, à proprement parler, de constitution écrite, contenue dans un livre de statuts, du moins il existait des statuts, des constitutions fragmentaires qui en réglementaient que bien que mal la vie administrative.

On pourra trouver étrange que Rome ait tardé si long-^ temps à posséder une loi municipale spéciale, alors que plusieurs des corporations ouvrières qu'elle renfermait, celle des marchands surtout, s'étaient donné depuis longtemps déjà 5 des règlements statutaires fort bien conçus, fort étendus, et que la plupart des cités d'alentour, même les moins importantes, avaient fait rédiger leurs constitutions sous forme de statuts 4. La raison en est premièrement que

1. « Servalis tamen alias statutîs et constutudinibus Urbis ipsius. » Theiner, t. II, p. 272. Cf. La Mantia, p. 318.

2. Voici quelques-uns des historiens qui ont traité de l'élaboration des statuts de Rome : Garampi, Saggi di Osservaiioni, doc. p. 68 ; Marini Archiatri pontifia, 1. 1, p. 308 note; Vitale, Storiadiplom., t. I, p. 283 ; Renazzi, Istoria délia Université di Roma, 1. 1, p. 303 ; Coppi, Discorso sul Consilio e Senato di Rama, § 38, 39; Gregorovius, t. V, p. 697 ; Reu- MONT, t. II, p. 929. Camillo Re a rapproché et discuté leurs opinions dans la préface de son ouvrage, p. xxxvii et, après lui, La Mantia les a, à son tour, examinées, p. 145.

3. Voyez notre ouvrage sur les Corporations ouvrières de Rome, p. xviii ; les premiers statuts de la Mercan^ia remontent à l'année 1255.

4. Bergame en 1237, Bologne en 1245, Padoue en 1285 ; Brescia en 13 13. Voyez Lattes, introduction.

la vie municipale y fut dominée, réglementée de façon fort étroite durant tout le moyen âge par la loi romaine demeurée en vigueur en sorte que le besoin d une législation complémentaire ne se fit point sentir à côté de cette forte discipline qui embrassait tout. Secondement, ni les barons, ni les représentants du Saint-Siège ne se souciaient que le peuple pût appuyer et légitimer ses velléités d'indépendance en se réclamant d un texte précis et enfin, celui-ci n'acquit que très tard et encore fort imparfaitement la maturité et la maîtrise de soi-même , qui rendent possible l'élaboration et permettent l'application d'une organisation écrite et précise.

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