‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 74 sur 191 · GrEGOKOVIUS, t. VI, p. 629; ViLLARI, p · texte numérisé non relu

GrEGOKOVIUS, t. VI, p. 629; ViLLARI, p

4. Theiner, t. III, p. 78; Vitale, p. 6oi ; Gregorovius, t. VI, p. 630.

vit souvent par exemple, un négociant menacé d'être poursuivi pour fraude, se faire ordonner prêtre afin d'échapper à la sévérité des juges civils ^ Ce n'est pas tout. Le peuple accordait la franchise des droits d'octroi et une immunité complète de taxes au souverain pontife et aux cardinaux; il promettait de verser dans le trésor pontifical une somme de dix mille florins pour subvenir aux frais du retour du Saint-Siège et d'envoyer au-devant du pape une escorte de mille cavaliers bien armés, il exemptait de tout service militaire les « courtisans » et s'interdisait de porter la main sur les biens des communautés religieuses et sur les œuvres pies. (Il s'en était saisi, on se le rappelle, au temps d'Arnaud de Brescia). Enfin il fut convenu que deux boni viri ou grascieris seraient nommés, l'un par le pape, l'autre par le peuple, avec mission de s'occuper de l'alimentation de la ville, « d'y faire parvenir, dit le texte de la convention, du blé, du vin, de la viande et du poisson. » Les pouvoirs les plus étendus leur étaient confiés à cet effet ; ils avaient le droit de contrainte, de poursuite et de punition. C'était alors une affaire grave et difficile que celle de l'alimentation de la ville, et l'on conçoit que le pape et le peuple aient également tenu à participer à la nomination de ces « grascieri » .

La convention que nous venons de résumer servira longtemps de base aux relations des Romains avec le Saint-Siège.

Il y eut bien encore quelques tentatives de rébellion de la part des Romains; les banderesi furent un moment

I . Le cas est prévu dans les statuts de plusieurs corporations ouvrières. (Les Corporations ouvrières à Rome.)

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réinstallés au Capitole de vive force, le pape courut même le risque de perdre la vie, mais, avec Tappui du roi de Naples Ladislas que, dès son avènement au pontificat, il avait eu Thabileté de reconnaître, Boniface IX rentra dans Rome en maître, décréta la suppression des banderesi et proclama de nouveau son droit de désigner le sénateur (1394) '. Peu après, une conjuration fut ourdie dont le but était de rendre aux banderesi leur autorité. Les conjurés périrent de la hache sur Tescalier du Capitole. Le jubilé approchait; le peuple accepta toutes les humiliations pour n'en point perdre le bénéfice ^ Ce fut en vain que Nicolô Colonna chercha à le soulever aux cris de PopoJo ! Popolo! qui était le signal de toutes les révolutions ; le sénateur chassa ce pertubateur et, peu après, tous les Colonna durent demander grâce.

Mais, le jubilé fini et le redoutable Boniface IX mort (i«^ octobre 1404), les Romains, dont aucun échec ne pouvait lasser lopiniâtreté, tentèrent un nouvel effort qui n'aboutit d'ailleurs qu'à les faire retomber plus complètement sous le joug du Saint-Siège \ Ladislas secourut Innocent VII comme il avait secouru Boniface IX et les

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