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Durant la période suivante, toute la politique intérieure de Rome est dominée par la querelle relative aux banderesi, tant il est vrai que les différends les plus généraux, les questions les plus complexes finissent toujours par se concentrersur un point unique qui en devient la clef. L'effacement des banderisi n avait pas été, en effet, de longue durée. En 1385, non seulement ils ont réapparu mais leur autorité est grande; ils ont droit de vie et de mort sur tous lescitoyenseton les redoute fort ^ Pour contrebalancer leur autorité, le pape Urbain VI jugea même utile d'accorder aux magistrats du Capitole le droit de juger même en appel toutes les affaires qui seraient portées devant leur tribunal ^ En 1386, ils figurent parmi les signataires d'une convention entre la commune de Rome et l'hôpital Sancta Sanctarum, dépendant du Latran; enfin, en 1387, nous les voyons de nouveau à la tête du gouvernement de la ville. Ils poussent le peuple à reconquérir son indépendance complète; le Capitole est assiégé. Pour se défendre, le pape se borne à annoncer un prochain jubilé et les révoltés abandonnent aussitôt les banderesi. Ceux-ci furent réduits à faire amende honorable ; en chemise, pieds nus, la corde au cou et un cierge à la main, ils durent se prosterner aux genoux du pape dans l'église Saint-Pierre et leur pouvoir fut, encore une fois, aboli (1389) '•
Urbain VI mort, les Romains reprirent courage et réinstallèrent les banderesi dans leurs fonctions. Les conservateurs
I Pericoli, VOspedale di S. Maria délia ConsolaiioM, p. 52. Testament de Giovanello Ilperini, enfermé au apitoie par leur ordre.
2. Bulle: « Instittiit Deus omnipotens » du 20 janvier 1429 dans P. Casimiro, Mem. d'Aracœli, p. 455-
3. Cancellieri, Memorie storiche, p. m; Gregorovius, t. VI, p. 620 note; Platina, VU de Boni/ace IX. -
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reparurent également. En 1391, ils détiennent seuls le pouvoir. Des sénateurs, il n'en est plus question.
Le nouveau pape, Boniface IX, dont l'autorité était pourtant affaiblie par les compétitions qu'il avait à soutenir contre ses divers antagonistes (on était en plein schisme) sut cependant imposer la loi aux Romains; plusieurs cardinaux, délégués par lui, s'abouchèrent avec les banderesi représentant la société des Pavesatorum et Balistrariorum qui était encore la plus puissante association populaire de Rome et avait, si j'ose dire, qualité pour se substituer, au peuple, et une convention fut conclue le 21 septembre 13 91, par laquelle il était convenu que les Romains prêteraient leur appui au pape pour réduire les barons rebelles, n'imposeraient plus de taxes arbitraires aux cardinaux et aux prélats attachés à la cour pontificale, entretiendraient et restaureraient à leurs frais les murailles et les ponts de la ville et respecteraient l'autorité du souverain pontife. Mais le point capital de la convention est la séparation très nette de la juridiction ecclésiastique d'avec la juridiction séculière; il était stipulé qu'il ne serait plus désormais porté d'entraves par les juges capitolins à la juridiction du maréchal, màr^jr^t/co, de la cour pontificale en ce qui concernait les ecclésiastiques et les « courtisans » ; on entendait par ce terme les personnes de tout ordre attachées à la cour.
Peu après, Boniface IX traita de nouveau avec ses sujets; il s'agissait de combiner une attaque contre le préfet de Vico, cet éternel adversaire des Romains. L'acte fut, cette fois, contresigné par les trois conservateurs, Senatus officiumger entes ac guerram administratoreSy parles quatre banderesi et par les chefs de quartiers, les caporioni, réunis en con-
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seil général \ Le préfet fut vaincu, mais le peuple, enivré de sa victoire, chassa du même coup le pape de la ville (30 novembre 1392) -. Le Vatican fut saccagé.
Comme tous les autres soulèvements populaires, celuici s'apaisa promptement. Le 8 août 1393, les conservateurs, les quatre conseillers, les banderesi, les chefs de quartiers, auxquels avaient été joints les imhossolatcri et cent citoyens, votèrent un nouvel accord avec le pape que ratifia aussitôt après le peuple en assemblée générale '. Toutes les franchises municipales qu'avaient assurées aux Romains les statuts étaient sacrifiées par cette convention ^. Le droit du pape de nommer directement le sénateur y était reconnu d'une façon formelle; que si le pape se trouvait empêché de l'exercer, c'étaient les conservateurs qui devaient choisir le sénateur. Défense était faite aux banderesi d'entreprendre sur son autorité, de s'opposer de quelque manière que ce fût à ses décisions. Le sénateur, redevenu de fait le représentant du pape, recevait donc un pouvoir presque absolu. Il était de nouveau déclaré que les juges municipaux n'exerceraient aucune juridiction sur les personnes attachées au Saint-Siège. Les courtisans clercs devaient relever de l'auditeur de la Chambre; les courtisans laïques, du maréchal pontifical ; les clercs romains non courtisans, du vicaire. Étant donné le grand nombre de personnes qui, de près ou de loin, tenaient déjà à l'Église, la compétence des tribunaux capitolins se trouvait singulièrement restreinte et, dans bien des cas, leur action était entravée. On