Theiner, t. II, p
2. En 1426 (19 février), un syndic spécial est désigné pour examiner la conduite du juge d'appel. (Div. Catmr., vol. IX, p. 187). Dans le même recueil, vol. XVIII, fol. 10, se trouve une Commissio judici Appellationum Urhis. Le pape, représenté par son vicaire, donne au juge d'appel le titre de doctor Appellationum et nullitatum et lui recommande un abbé qui avait un litige avec un citoyen romain. D'où il ressort que, dans certains cas, les ecclésiastiques pouvaient être justiciables du capitaine du peuple.
Une autre modification à l'ancienne constitution consiste dans la nomination par le pape et par le peuple de deux syndics annuels chargés d'examiner la conduite de tous les officiers. Il était en outre convenu que la garde des portes, des ponts, des murs serait confiée à des hommes « dévoués également, au pape et au peuple ». Reste à savoir s'il s'en trouva. Il n'est plus question, dans cette convention, des banderesi; les Romains avaient donc définitivement renoncé à se servir d'eux comme d'une arme contre la papauté. Mais le point capital, c'est l'engagement que prirent les Romains de ne jamais modifier leurs statuts sans l'autorisation expresse du souverain pontife.
Cependant le peuple n'avait point renoncé à tout espoir de recouvrer son autonomie ; sa facilité à souscrire des accords n'avait d'égale que son peu de scrupule à les rompre. Certams historiens ont attaché une grande importance à la convention de 1404, et en ont pris occasion pour accuser de faiblesse le peuple romain que la plus futile promesse, le moindre appareil militaire décidait à abandonner tous ses droits. C'est conclure trop hâtivement, et il faut surtout l'accuser d'avoir montré un médiocre souci de ses engagements. On ne doit voir dans ces soumissions répétées que des accès de lassitude ou de découragement non pas des renoncements définitifs. Le peuple acceptait une trêve, il ne désarmait pas et bientôt la constitution laborieusement élaborée par le pape et par ses cardinaux de concert avec les représentants du peuple était déchirée. Le pape n'était dans sa propre capitale, maître absolu qu'à de rares intervalles, quoiqu'on ait voulu prouver. Tantôt tumultueusement, tantôt en usant de patience et d'habileté, en invoquant
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ses vieilles chartes, le peuple faisait valoir ses droits. Mais il se montrait en tous cas aussi insoucieux de les défendre qu'il avait été impatient de les conquérir; en quoi il ne différait en rien des autres plèbes.
La convention conclue, les Romains s'empressèrent de choisir les sept gubernatores dont on leur avait laissé l'élection et qui s'intitulèrent : « Septem gubernatores liberatitis Reipublicœ Romanorum, sacri senalus officium régentes secundum formant capitulorum dictœ libertatis editorum '». Mais ils s'opposèrent à l'installation de leurs trois collègues nommés par le pape. Cette prétention donna lieu à de longues discussions ; Innocent VII menaça de quitter la ville, de transporter ailleurs le siège de la papauté; alors seulement (15 mai 1405), les Romains se résignèrent à laisser exécuter intégralement la convention qu'ils avaient acceptée. Trois mois après, elle leur paraissait intolérable; le 2 août, ils étaient en pleine insurrection. Deux seigneurs de Rome, deux caporioni et quelques imbossolatori admis de plus en plus régulièrement au nombre des magistrats de la municipalité se présentèrent devant le pape; il leur conseilla d'aller s'entendre au sujet d'une nouvelle convention, avec son neveu Ludovico da Fermo ; celui-ci feignant d'abord un bon accueil, les fit tous massacrer. Le 21 du même mois, nouveau soulèvement; le 23, les rebelles implorent la vie sauve et les défenses du Capitole, tours, créneaux, poternes sont jetées bas ^.
Après cet échec, il y eut un moment de répit. En 1407- 1408, le légat du pape Grégoire XII, Pietro degli Annibaldi, « nommait les officiers de Rome » dit Infessura. Toute-