Éd. O. Tommasini, p
4. Antonii Pétri, Diarium y Muratori, Rerum Italie. Script.^ t. XXIV, col. 989, 991.
sénateur. Innocent VII lui avait permis, en 1405, de connaître de certains méfaits de peu d'importance qui auparavant n'étaient point de sa compétence, en lui imposant toutefois l'obligation de prendre l'avis de Vassectamentum avant de rendre sa sentence '. Il est vrai que l'année suivante une nouvelle ordonnance interdisait au sénateur de faire désormais procéder à des exécutions capitales ou même à des mutilations ^; cela n'empêche pas qu'en 1409, le sénateur fit décapiter deux caporioni pour avoir crié : «Vive le peuple! » (12 octobre). Les caporioni eurent leur revanche peu après; le 4 janvier 14 10, ils nommèrent, rapporte Petrus, les conservateurs de la ville conformément aux statuts du peuple romain et de l'Église et ceuxci, le lendemain, désignèrent le chef de la maréchaussée; le sénateur, qui occupait le Capitole, dut s'enfermer dans le palais de Paolo Orsino près de la porte Saint-Pierre.
Mais cette éclipse de son autorité dura peu; le pape Jean XXIII accorda certains droits de police au sénateur pour le mettre en situation d'empêcher les rixes dont la ville était ensanglantée « le jour aussi bien que la nuit » dit-il et sans doute aussi avec l'espoir secret qu'il résisterait mieux aux entreprises des magistrats populaires. Le sénateur se vit autorisé, entre autres choses, à poursuivre et à châtier ceux qui seraient surpris « portant des luths, des cithares, et autres instruments de musique ». Il faut croire qu'en ce temps-là les sérénades n'allaient pas à Rome sans quelques bons coups d'estocades.