‹ Les institutions communales de Rome sous la Papauté [microform]Chapitre 8 sur 191 · Cassiodore, Var., Lib. XI, ep · texte numérisé non relu

Cassiodore, Var., Lib. XI, ep

2. JoRDANus, dans MuRATORi, /?. Italie. Script., t. I, coL 241.

3. Procop., III, 21, dans Muratori, t. I, p. 319. Cf. Gregorovius, t. I, p. 464.

en otages, eurent le même sort, en sorte que la plupart des familles sénatoriales se trouvèrent éteintes ^ Justinien eut grand'peine à reconstituer un sénat lorsque, définitivement maître de Rome, il voulut y rétablir les anciennes formes de gouvernement, et il dut le recruter parmi les hommes

nouveaux.

L'assemblée ainsi formée n'eut plus même le prestige que lui donnait naguère l'assemblage de noms illustres. L'empereur hii rendit une partie des attributions que lui avait confiées Théodose : la direction de la police, la surveillance des poids et mesures, la gestion des affaires édilitaires. Le sénat devint, comme nous l'avons dit, un conseil municipal. Cependant, cette résurrection laissa une impression profonde dans l'imagination des Romains et, cinq cents ans plus tard, quand ils rétablirent le sénat, ils n'eurent d'autre ambition que de lui « restituer l'éclat dont il était entouré au temps de Constantin et de Justinien alors que la terre entière obéissait à ses lois ^ » .

Ce sénat éphémère ne manifesta guère son existence qu'en envoyant une lettre et une délégation suppliantes au successeur de Justinien afin d'obtenir de lui qu'il défendît l'Italie contre les incursions des Lombards. Il existait si peu que le roi Agilulf, traitant de la paix avec Grégoire le Grand, ne songea même pas à demander la ratification de cette assemblée. Ce pape était donc en droit de dire^ dans une apostrophe fameuse : « Où est le sénat! Où est le peuple ! Toutes les anciennes gloires ont péri en ce siècle ! »

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