‹ Les institutions d'AthènesChapitre 120 sur 335 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de Méliens et d'Éginètes reprendre possession de leur ville et en chasser les colons athéniens. Il fallut, au jour anniversaire de la bataille de Salamine, livrer ses murs à Lysandre. Il fallut trembler sous ce vainqueur sans foi qui proposa de changer la forme du gouvernement, et qui, en présence de l'opposition, prétendit que les Athéniens avaient manqué à la capitulation, et menaça de les réduire en servitude.

Athènes payait bien cher ses prospérités passées et ses fautes. Sa chute était dans la proportion de sa grandeur, et la Grèce jalouse ne recula pas devant un oubli coupable. Sparte montra une apparence de modération. Elle faisait d'Athènes vaincue son alliée ! Il semblait impossible de se montrer plus généreux. Mais de ces deux alliées, l'une prétendait bien laisser l'autre dans un état qui ne lui permit plus aucun espoir de résurrection.

Rien n'est plus douloureux à lire que ces lignes par lesquelles Xénophon, le banni d'Athènes et l'hôte de Sparte, termine le récit de ce drame terrible : « Les exilés rentrent, les murs sont abattus au son des flûtes avec une grande ardeur, et l'on regarde ce jour pour la Grèce comme l'avènement de la liberté (1). »

(1) Helléniques, II, 9.

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