CHAPITRE XI
Les Athéniens, le plus pieux des peuples, si la piété consiste à élever des temples et à faire des sacrifices, honoraient ces douze divinités supérieures. Ils avaient placé leur représentation dans une galerie du Céramique (1).
Zeus avait l'empire du ciel, réglait les saisons, présidait aux actions des hommes, les tenait sous sa puissance et leur distribuait les biens et les maux. Il résidait dans la partie la plus élevée de l'Olympe, convoquait le conseil des dieux, leur communiquait ses desseins, et, s'il était quelquefois obligé de céder devant leur coalition, ou une révolte individuelle, il n'en conservait pas moins le privilège d'une supériorité qui Unissait par prévaloir.
On trouve dans la théogonie orphique, chez Proclus et chez Eusèbe (2), la preuve de cette souverain neté qui fait des autres dieux ses ministres, des démons les intermédiaires pour les communications avec les hommes. « Zeus est l'unique puissance, l'unique démon, le maître souverain de toutes choses (3). »
Il n'était pas resté longtemps paisible possesseur du pouvoir que lui avait donné la victoire sur son père. Il avait dû lutter contre les Titans, qui s'étaient brisés contre sa force et le secours des autres dieux. Rassuré de ce côté, il réprima l'audace humaine. Prométhée était trpp industrieux pour n'avoir pas
Cérès, Diane. Ce sont les noms romains. Ils ne représentent pas exactement les mêmes idées que les noms grecs. C'est pour ce motif que nous avons adopté des désignations moins usitées, mais plus justes.
(1) Pausanias, Attique, III.
■ (2) Préparaiiûu évangêliquc, 9,
(3) "Ev y.pdcTTo;, îï; 6a'![j.wv ^vitxo, [J-éyaç àpyoç aTrav-rcov.
une haute ambition. 11 ravit le feu du ciel pour animer sa statue, partage avec Zeus les offrandes des sacrifices et garde la meilleure part. Il succombe dans la lutte, et l'autorité de Zeus semble définitivement établie par le châtiment auquel il le soumet. En même temps, de la boîte de Pandore sont sortis tous les maux, et Hésiode en conclut « quïl n'est pas possible d'échapper à la volonté de Zeus. » La foudre était le symbole de sa puissance. Il est peint en ces termes dans les hymnes homériques (1) : « Le meilleur et le plus grand des dieux, au loin retentissant, souverain, accompli, qui souvent a de sages entretiens avec Thémis, respectueusement assise auprès de lui. »
Hermès, fils de Zeus et de Maïa, était le dieu des débats, des négociations, du commerce, des marchés, des routes. Il inspirait toutes les industries, et celles môme qui étaient les moins avouables reconnaissaient son autorité ou la puissance de ses exemples. Il servait de messager à l'Olympe, qui l'envoyait vers les autres dieux ou vers les mortels. Il avait des ailes à la tête et aux talons et portait à la main un caducée. C'est un dieu <( plein d'artifices, esprit insinuant, larron, ravisseur de bœufs, conducteur de songes, éclaireur de nuit, gardien des portes (2). » Et dans l'hymne xxix^, le poète le rapproche d'Hestia, « car, dit-il, tous les deux, vous savez les beaux travaux des terrestres humains, et vous êtes attachés à l'esprit et à la jeunesse. »
(1) XXII. Ces petits poèmes, à quelque époque ou à quelque auteur qu'ils appartiennent, sont précieux pour les indications qu'ils fournissent sur l'origine, la descendance et les attributs des die';x.
(2) Hymnes homériques, II.