CHAPITRE XI
Ares présidait aux combats. Il était couvert d'une forte armure et avait pour symbole un coq dont la vigilance et l'ardeur dirigeaient et animaient les guerriers. Il devait la vie à Zeus et à Héré, et, suivant quelques poètes, à Héré seule. «Très puissant Ares, s'écrie le poète, fardeau des chars de guerre, dieu au casque d'or, à l'âme impétueuse, porte-bouclier, sauveur des villes, armé d'airain, à la main robuste, infatigable, fort par la lance, ^rempart de l'Olympe, père de la belliqueuse Victoire, auxiliaire deThémis, tyran des rebelles, chef des justes, roi de la vaillance (1)! »
Apollon était le dieu de l'intelligence. Inventeur des beaux-arts, il présidait à toutes leurs manifestations. Son apparition marque, dans l'histoire de la Grèce, le développement intellectuel et accélère le progrès social.
Sous son inspiration, les routes s'ouvrent, les rues se forment, les maisons s'élèvent, les citadelles deviennent plus belles et plus fortes, les chants montent de la terre à l'Olympe, les hommes perdent leurs mœurs féroces, la poésie, en ravissant les âmes, devient le lien de la société.
Son culte est des plus anciens et des plus importants (2). Il était venu de la mer, où les dauphins l'escortaient. Des prodiges avaient précédé sa naissance : Délos errante était devenue stable et avait spontanément produit le laurier. Nul dieu n'a eu une vie plus accidentée et plus mêlée aux hommes; nul aussi n'a reçu plus d'hommages.
(t) Hymnes, VII.
(2) Hymnes homériques.
Apollon prend le caractère du pays où s'établit son culte. Il est le dieu Carnéios pour les Doriens, le dieu Patroos pour les Ioniens. Il réside à Delphes et à Délos; il y rend des oracles. Il se mêle ainsi à la vie des États, et joue entre eux le rôle de modérateur. Foyer de lumière pour la terre et pour les esprits, il éclaire, il réchauffe, il féconde. « Il prend toujours plaisir, dit Callimaque, à la fondation de nouvelles cités, et lui-même, en personne, il pose la première pierre (1). » Dieu secourable, il frappe et guérit. Il est le médiateur qu'ont entrevu les religions asiatiques, dans lesquelles s'étaient conservés des débris de la vérité que Dieu avait révélée primitivement à l'homme. Son histoire est confuse, mais ridée de la médiation y domine. Il n'est pas jusqu'à son séjour sur la terre où il fit régner l'âge d'or, qui ne puisse être considéré comme une image grossière et imparfaite de la Rédemption.
C'est un beau jeune homme, armé d'une lyre ou d'un arc et sûr de vaincre avec les deux. Zeus est son père et Léto sa mère.
Poséidon étendait son empire sur les flots et enveloppait la terre d'une ceinture azurée. D'origine asiatique, il favorisait les Ioniens, qui, venus de la mer, voyaient en lui un dieu national.
A son humeur farouche, il faut des hommages spéciaux. Les sacrifices humains lui plaisent, et c'est à peine s'il consent à recevoir en offrande des chevaux, a Pour toi, Poséidon, dit un hymne (2), les Immortels ont divisé les hommes en deux parts ; ils
' (1) Hymnes à Apollon, 55.