LES TEMPLES AU SIECLE D'AUGUSTE
en serait ainsi, ce qui nous en demeure ne doit pas appartenir à la réparation du désastre d'un incendie, car le goût des détails qui vont être décrits d'après M. Braun n'est point celui que nous trouverons plus loin comme appartenant au siècle des Flaviens et des Antonins. C'est un motif de plus de ne pas attribuer, comme on l'a fait souvent, les trois colonnes au temple élevé en mémoire de Vespasien lui-même, entre celui de la Concorde et celui de Saturne (1).
a L'ornementation du temple de la Concorde, dit Braun (uhi supra) j est également riche et affranchie de surcharge inutile. Les trois faces de la traverse principale (Hauptbalken) sont bordées et garnies, du haut en bas, d'un cordon de perles, d'une baguette d'oves et d'une bordure d'arabesques. Puis vient la partie lisse de la frise, sur laquelle court une guirlande de feuilles; au-dessus est un large filet dentelé ; perles et oves ressortent gracieusement dans les ombres, et de charmantes consoles soutiennent le chambranle. »
(1) Une autre confusion a été produite par le fait que Servius place ces deux derniers l'un tout près de l'autre, empruntant ce détail à un grammairien qui écrivait avant qu'ils fussent séparés par le temple de Vespasien. Cette remarque, précieuse pour le classement des monuments capitolins, est donnée par M. Braun comme appartenant à M. Sachs. {Geschichte und Beschreibung der alten Rom,)
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Un peu plus loin l'auteur ajoute : « Le soubassement du temple témoigne du mode grandiose de sa construction , parfaitement adaptée à la position qu'il occupe. C'est nn noyau de briques, percé de voûtes, revêtu de ciment et de pierres de pépérin taillées. Aux angles, elles sont fortifiées par des blocs de travertin, recouvert de plaques de marbre. »
Cette mention de l'emploi du marbre pour un revêtement partiel doit être rapprochée de ce fait que le mausolée d'Auguste, grosse tour, aussi large à la base qu'elle était haute, et formée de trois étages en retrait, dont chacun éteit couronné d'une plantation de cyprès, était aussi entièrement recouvert de marbre blanc (1). On doit en rapprocher aussi le témoigaage de Pline (xxxvi-24), cité par M. Duruy, que 400 colonnes de marbre décoraient les édifices élevés pendant l'édilité d' Agrippa (2). L'aspect des monuments changeait ainsi, et ce n'est pas tout à fait au figuré qu'il faut prendre le mot attribué à Auguste qu'il avait trouvé Rome de briques et qu'il l'avait laissée de marbre (3),
(1) Duruy. Bûtt, des Rom, T. IV, p. 210-11. Uauteur ajoute : « Au sommet, la statue d'Auguste dominait un petit temple rond, où se trouvait l'urne qui devait recevoir les cendres de l'empereur. » — On peut donc classer ce mausolée parmi les monuments religieux de l'époque.
(2) Ibid, T. III, p. 762.
(8) Ibid. T. IV, p. 211.