‹ Les institutions de l'ancienne Rome (volume 2)Chapitre 12 sur 32 · LE TEMPLE D*ANCYRE · texte numérisé non relu

LE TEMPLE D*ANCYRE

snrtoat si Ton se rappelle l'observation faite plus haut sar les matériaux employés pour les constructions élevées précédemment dans le Latium.

On ne saurait omettre ici la mention du temple de Rome et d'Auguste, à Ancyre (Angora), dans l'ancienne Galatie, devenue province romaine sous Auguste lui-même (1).

On en trouvera la description, faite par M. Guillaume, dans la Revice archéologique de décembre 1871 et janvier 1872, et surtout dans le grand ouvrage de MM. Perrot et Guillaume sur leur mission archéologique en Galatie; il ne peut d'ailleurs être question ici que d'en signaler les traits essentiels, pour faire connaître, par un exemple appartenant à l'époque la plus florissante de l'empire, ce qu'était, dans une province orientale, un monument du culte officiel.

Ce temple, construit en marbre, avec des fondations en pierre (2), est orienté du N. E. au

(J) C'est sur les mnrs de cet édifice que Ton a trouvé, en grec et en latin, le texte de la fameuse inscription résumant les faits d'administration d'Auguste et dans laquelle, ainsi que les anciens rois de l'Orient, il parle à la première personne. On l'appelle tantôt le testament d'Auguste, tantôt le monument d' Ancyre.

(2) Cependant le marbre ne c jmprend que la moitié extérieure de répaisseur du mur ; voy. Revue arohéol, 1872, T. I. p. 29-30. On a eu soin de donner aux blocs une hauteur à peu près uniforme; mais ils diffèrent beaucoup en longueur.

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S. O. (1); les murs latéraux sont terminés par des antes ou piliers en saillie; le mur transversal, séparant le naos ou ce lia du pronaos, est conservé, ainsi que la belle porte qui établit la communication entre ces deux parties de Tédifice. Ce temple avait aussi an opisthodome ou second pronaos à Topposite du premier ; le mur transversal qui le séparait du naos est détruit, mais les traces ou arrachements en sont bien visibles sur les murs latéraux. Il ne reste rien des portiques qui ont dû entourer le temple ou tout au moins le précéder; mais on peut les reconstruire par la pensée, en assimilant aux antes qui subsistent les colonnes qui ont disparu (2) et qui devaient leur ressembler, sauf la différence du pilastre à la colonne, a Leur proportion (3), dit M. Guillaume (4), indique que Tordre des portiques était très-svelte et semblable à celui du temple de Yesta, à Rome,

(1) La façade principale regarde le N. ; Vitrure demande, nous Tavons vu, qu'elle soit à Toccident de l'édifice ; l'ancien art grec pratiquait habituellement la coutume opposée. La façade du Panthéon est au Nord, celle du temple Mars Ultor, au S. 0. et celle des temples situés au pied du Gapitole au S. {Ihid, p. 37-8).

(2) M. Guillaume pense qu'elles ont été transportées à Constantinople.

(3) Celle des antes.

(4) Revue arohéol, 1870-i p. 354-5 du !•» volume.

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qui a onze diamètres (1) ; elles diminuent (2) d'une manière très-accentuée, de près d'un sixième. Les chapiteaux étaient composites ; les ornements en ont presque disparu. Celui sous lequel est gravée la longue inscription dédicatoire a conservé, sur la face qui regarde le pronaos, les traces du torse et de l'aile d'une Victoire qui en formait le centre. A l'autre extrémité du mur, la face du chapiteau qui regarde la mosquée (3) a conservé les mêmes vestiges ; tous deux ont encore aussi une partie de la moulure ornée de trèfles qui surmontait également le rinceau dont la muraille est couronnée, dans les pronaos et sous les portiques latéraux ; les rinceaux prenaient naissance des chapiteaux même, et, près de leur départ, d'autres Victoires ailées étaient assises sur les premiers enroulements. y> On voit

(1) Onze diamètres du bas de la colonne, comme met sure de sa hauteur ; c'est un peu plus que le corinthien, 1« plus élancé des ordres grecs proprement dits, dont le fût a dix diamètres de hauteur.

(2) Du bas au haut du fût.

(3) Construite auprès du temple et dont l'angle atteint le mur du pronaos. Le temple lui-même avait été transformé en église, ce qui avait nécessité l'ouverture de trois fenêtres et probablement l'enlèvement du second mur transversal ; le chœur avait dû être placé dans le pronaos postérieur et peut-être s'étendre dans le portique de ce côté, le reste de l'édifice étant ouvert aux fidèles, tandis qu'au temps du paganisme le peuple lÀ'assistait dans le temple à aucune cérémonie. Voy, p. 350-1, 355 d« la ReviM archéologique.

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combien nous sommes éloignés du Parthénon et du Capitole.

Les murs étaient à bossages, dont on avait abattu un certain nombre, tant au pronaos qu'à l'extérieur, pour obtenir la surface continue réclamée par la gravure de l'Index rerum gestartnn d'Auguste. La porte dont il a été question est décorée d'une frise bombée ; lois pieds-droits en sont inclinés ; le seuil terminait une série de degrés montant du pronaos dans le naos. Quant à la cella, la décoration en était fort simple, à cause du fait rappelé en note, que les cérémonies du culte s'accomplissaient à l'extérieur. « La moulure, presque partout détruite, qui reposait sur le soly est simple et sans ornement ; la même assise qui porte le méandre extérieur offre à Tintérieur un bandeau tout uni ; le chambranle de la porte, si finement sculpté au dehors, est, dans la cella, d'une simplicité que peut seule égaler la rudesse du larmier qui en forme le couronnement. L'assise qui porte au dehors le rinceau présente à l'intérieur une architrave assez sobre, sur laquelle reposaient sans doute les poutres du plafond. Les bossages n'existent que sur treize assises ; puis vient une élégante corniche de profil gre3, au-dessous de laquelle étaient sculptées des guirlandes dont il ne reste que les attaches (1) ». Des fouilles ont montré que la

(1) Voy. p. 355-6. Pour les dessins, la Mission de Oalatis, pi, 14-20, 03, 30, et Duruy T. IV. p. 154-5. Les chcm-

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