‹ Les institutions de l'ancienne Rome (volume 2)Chapitre 16 sur 32 · AMPHITHÉÂTRES · texte numérisé non relu

AMPHITHÉÂTRES

peu près égales (190 et 144™j : il est vrai que cette ville était, en quelque sorte, un port de Rome. Le revêtement extérieur du Golysée forme quatre étages de galeries , dont trois décorés de demi-colonnes ou colonnes engagées dans le mur, et offrant, du bas en haut, d'abord les trois ordres grecs : dorique, ionique et corinthien, dans leur ordre d'élancement^ qui peut être appelé normal, le plus large étant le plus près de terre : la quatrième galerie est ornée de pilastres corinthiens, appuyés sur un mur continu^ percé seulement de fenêtres rectangulaires. Dans les substructions, cinq galeries parallèles au mur extérieur conduisaient aux escaliers des gradîns. Aux deux extrémités du grand axe, d'autres galeries conduisaient directement à l'arène, et, aux deux extrémités du petit axe, des arcades conduisaient à deux tribunes, dont une était réservée à l'Empereur. L'arène était entourée d'un podium à face revêtue de marbre, assez élevé pour que les bêtes féroces ne pussent sauter par dessus le grillage qui en formait le couronnement; ce podium renfermait les sièges des grands magistrats, des vestales et des personnages de distinction; à Pompéi et à Nîmes, il était divisé en loges. Deux praecinctiones divisaient les gradins des spectateurs en trois maeniana; chacune des prsecinctiones était garnie d'un balteus ou mur d'appui ; un troisième balteus séparait le podium des gra- ^s les plus bas. On appelait vomitoria les

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ouvertures qui faisaient communiquer les praecinctiones avec les galeries des substructions ; elles servaient à Tentrée et à la sortie des spectateurs (1).

Nous avons dit quelques mots des Cirques, destinés spécialement aux courses ; il suffira d'ajoater ici que le grand cirque de Rome fut agrandi par Néron jusqu'à pouvoir contenir, selon Pline, 250,000 spectateurs, et que la décoration ainsi que Taménagement en correspondaient à celui de l'amphithéâtre. Ce grand cirque paraît avoir été cernéj comme l'arène du Golysée, comme les cirques de Bovilles et d'Orange, par deux praecinctiones (2) ; au milieu de l'arène, une spina (petit mur en plate-forme) s'étendait sur presque toute la longueur ; elle était terminée par la Meta^ espèce de cône très allongé ; la spina séparait les voies d'aller et de retour des chars.

Le portique d'Octavie, sœur d'Auguste, élevé parl'Empereurlui-mêmeetquiest surtout connu aujourd'hui par un fragment du plan antique de Rome, entourait à la fois les temples de Jupiter et de Junon, jadis bâtis par Metellus Macedo-

(i) V. le Dictionnaire, p. 243-7, avec dessin et plan. — EtNibby, p. 102-99. V. aussi, dans Duruy, IV, les dessins des p. 651, 671. Nibby fait remarquer (p. 193-94) qu'il y avait primitivement des parties en bois, mais que, par suite d'un incendie, au commencement du iii« siècle, elles furent refaites en pierre.

(2) Voy. p. 1187-8 du dictionnaire cité.

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nicas^ et Varea commune à ces deux temples.

Ce portique formait un parallélogramme à double rang de colonnes, dont on fait monter le nombre à 270, et il était décoré de statues et de peintures. Il était sans doute couvert en bois, puisqu'il fut, dès le premier siècle, détruit par un incendie. Il en subsiste encore des restes qui permettent de reconnaître une des principales entrées : celles du dedans et du dehors se correspondaient par une décoration semblable, formée dfe quatre colonnes cannelées en marbre blanc et de deux pilastres d'ordre corinthien, soutenant une corniche que surmontait un fronton ; quelques colonnes de ce portique sont encastrées dans des murs de maisons (1). Ce portique était bâti sur le bord d'une plate-forme oblongue, avec une fontaine à chaque angle, Au centre de la plate-forme, il y avait une construction que l'on reconnaît avoi^ été carrée, avec un carré plus petit en dedans et un cercle à Tintérieur. (2)

Cette magnificence était assurément inouïe dans Rome ; mais la construction d'un portique

^1) Nibby Itinerario, p. 419-20. — La restitution publiée par M. Duruj (T. IV. p. 245) nous montre Tordre corinthien dans les colonnes de la façade et dans celles des galeries ; la façade est élevée sur un stylobate de trois degrés.

(2) Voy. dans Parker, The Via sacra in Rome, p. 86 [suite du Forum Romanum.) Les deux ensemble forment le second vol. de VArohœology of Borne.

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n'y était pas une création nouvelle de Tart.

De même les aqueducs et la basilique (1) qui appartiennent à cette époque n'offrent que des applications nouvelles de systèmes connus ; une application plus hardie était l'entreprise qui^ un peu avant la bataille d'Actium, avait amené à Rome YAqiMJuîia^a,r un canal superposé à VAqua Tepula, superposée elle-même à YAqtui Marcia; deux autres canaux encore amenèrent dans d'autres quartiers Tilç'i^a Virgo etVAqi^ Alsietina (2)y et il ne faut pas oublier que ces grandioses et utiles travaux ne furent pas bornés à la capitale. On en a trouvé en Espagne comme en Italie, dans l'Asie mineure comme dans la Gaule ; là on le conduit était élevé au-dessus du sol, il était construit soit en pierres, soit en maçonnerie^ et revêtu d'un enduit de chaux et de sable, mêlés de tuiles pilées ou de cailloux de petite dimension, que l'on appelait opus signinif/m. Certains d'entre ces monuments ont quelque chose de gigantesque. L'aqueduc de Ségovie, construit en pierres de

(1) Voy. pour la Basilique Julia, la fin du § !•' du présent chapitre.

(2) Voy. les pages 339 et 341 du Dictionnaire de Daremberg et Saglio. L*auteur de cette étude, M. G. Thierry, ajoute : « Deux aqueducs plus importants encore, VAqtM, Claudia et VAnio Novus, furent ajoutés aux sept que Rome possédait déjà : L'un et l'autre furent commencés sous Galigula et achevés sous Claude. » Voy., dans Duruy, T. IV p. 407, le dessin de l'un de ces aqueducs*

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taille sans ciment, a 66™ de haut ; il est à deux rangs d'arcades superposées^ qui n'ont pas moins de 5™j72 d'ouverture ; celui de Nîmes (le fameux pont du Gard) s'élève sur trois rangs d'arcades (1).

Enfin des arcs de triomphe furent élevés, en divers endroits, pendant le siècle d'Auguste ; mais ces arcs étaient devenus un motif général d'architecture commémorative : ce n'était plus essentiellement un monument de victoire. L'arc de Rimini fut élevé en souvenir de la réparation des routes d'Italie, et spécialement de la voie Flaminia, dont l'empereur s'était réservé les travaux ; c'est ce que constate l'inscription qu'on lit encore sur le fronton de l'arc (2). Il n'a maintenant qu'un fornix (porte voûtée) ; mais il paraît qu'on y remarque certains vestiges d'arrachements d'arcs latéraux (3), et que par conséquent il y avait trois portes. Il en est certainement ainsi de l'arc d'Orange (la porte centrale étant de beaucoup la plus haute et la plus large) ; mais ceux d'Auguste à Suze, celui de Drusus et même celui de Titus à Rome, décoré des trophées de son triomphe sur les

(1) Ihid. p. 340-2 Duruy; IV. p. 424; cf. 59.

(2)Voy. Borghesi, Sulle medaglie di kugusto, rappresentanti l'aroo di Rimini. (Tome II des Œuvre» complètes p. 361-3; les textes de Suétone et de Dion- Cassius y sont donnés.

""{Zflbid. p."363 et 371, note.

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Juifs, n'ont réellement qu'une porte. Li*arc d'Orange est le seul de ceux-là qui soit décoré d'un fronton. Pour les colonnes adaptées à la façade, on préférait l'ordre corinthien ; Tare de Suze est le seul où l'on remarque une frise enrichie de sculptures compliquées et bien conservées. C'est aussi le seul qui, en raison de son épaisseur, ait quatre colonnes sur les côtés, outre les quatre colonnes de face. Tous d'ailleurs sont surmontés d'une haute architrave; c'est là qu'on posait l'inscription (1).

(1) V. les dessins dans Duriiy T. III p. 185, et IV p. 53, 119, 325; 635, cf. Nibby, p. 181-2, 456-7. Borghesi fait remarquer, p. 366, à propos de l'arc du pont Mil^ius, qui lui paraît reproduit sur une médaille, qu'il est à deux ouTertures^ pour les voyageurs dans les deux directions, et qu'il en est ainsi de plusieurs portes romaines. On en voit un exemple, pour Rimini, dans Duruy, p. 328.

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