LA PATRIB ET LA GITE
dc certo loco^ domiciliornm causa, constitaerant ; d quam cum locîs mannque sepsissent, ejus modi « conjunctionem tectorum oppidum vel urbem « appellayemnt, dalabrîs distinctam spatiisque c( commanibus. Omnis erge populas, qui est (( talis cœtus multitudinis qnalem exposui, a omnis civitas, qnse est constitutio populi, omnis « respnblica, qu», ut dixi, populi res est, cona silio quodam regenda est ut diuturna sit. » La ville, le peuple, préexistent donc logiquement à la cité qui n*est pas autre chose que l'organisation sociale d'où naissent les intérêts communs de la yie politique qui ne saurait subsister sans un gouvernement. La notion de patrie est plus compréhensive que la notion de cité : elle comprend, en eflfet, le lieu d'origine et le centre national auquel il est attaché : Gicéron, né à Arpinum, c'est-à-dire dans une petite ville municipale où ses ancêtres, son grand-pére surtout, jouissaient d'une haute considération, mais sans que leur ambition se fût produite sur le théâtre de la vie politique, à Rome, le seul endroit où une famille pût fonder sa noblesse, aima toujours d'une prédilection particulière le berceau de sa race, cette humble ville près de laquelle était sa demeure patrimoniale : a c'est ici, dit-il, ma «r vraie patrie et celle de mon frère Quintus ; « c'est ici que nous sommes nés d'une très « ancienne famille ; ici sont nos sacrifices, nos ce parents, de nombreux monuments de nos aïeux.
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a Que vous dirai-je ? Vous voyez cette maison et « ce qu'elle est aujourd'hui: elle a été ainsi « agrandie par les soins de notre père ; il était « d'une santé faible et c'est là qu'il a passé <K dans l'étude des lettres presque toute sa vie. « Enfin, sachez que c'est en ce même lieu, mais « du vivant démon aïeul, du temps que, selon les <x anciennes mœurs, la maison étaitpetite comme « celle de Gurius dans le pays des Sabins ; oui, (K c'est en ce lieu que je suis né. Aussi je ne sais « quel charme s'y trouve qui touche mon cœur a et mes sens et me rend peut-être ce séjour a encore plus agréable. » (1) Le citoyen romain né hors de Rome, la ville par excellence (urbs), dont l'enceinte ou du moins le voisinage immédiat avait [renfermé pendant longtemps le corps des citoyens tout entier, avait des relations plus intimes avec les citoyens originaires de la même localité que lui. Ces relations étaient pour lui comme l'extension directe des rapports de la famille: mais de même que la famille est subordonnée à la patrie, la patrie d'origine, dans la hiérarchie des devoirs, passe au-dessous de la patrie politique, dans l'unité de laquelle se sont fondues, à mesure qu'elles ont été agrégées à la cité, toutes les villes naguère indépendantes, comme Arpinum, le berceau des Cicéron, Tusculum, le berceau des Gaton. ce Qu'est-ce donc que
(1) Gic, de Leg. II, 1.
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« VOUS avez dit tout à l'heure, fait observer « Âttîcus, que ce lieu, dont vous m'avez appris a tout à l'heure que le nom est Arpinum, est à « tous deux (Oicéron et son frère Quintus) votre « patrie ? En avez vous une autre que la patrie a commune î Ou peut-être que celle de Oaton le « Sage n'a pas été Rome mais Tusculum. — Cer- « tainement^ répond Gicéron ; pour lui, comme <K pour tous les citoyens des villes municipales, « je reconnais deux patries, celle de la nature « et celle de la cité. Ainsi Caton, qui était né à « Tusculum, fut agrégé citoyen de Rome, et « Tusculan par l'origine, Romain par la cité, il « eût une patrie de fait et une patrie de droit.... « Ainsi, nous nommons patrie celle où nous som- « mes nés et celle qui nous adopta ; mais il faut « donner le premier rang dans notre amour à a celle dont le nom, devenu celui de la républi- « que, renferme tous les citoyens. C'est pour a elle que nous devons mourir, c'est à elle que « nous devons nous dévouer tout entiers, en c( elle que nous devons placer et, pour ainsi dire, (c consacrer tout ce qui est à nous. Il n'en est € pas moins vrai que nous aimons presque autant « la patrie qui nous ût naître, et voilà pourquoi € je ne renierai jamais ma patrie d' Arpinum, en « mettant toutefois la cité au dessus d'elle, a puisque l'une contient l'autre. (1)
(2) Cic, de Leg. II, 2.
§2. — I-ies oltoyens cl.*ox*i0lxies diverses et les colonies de oltoyens roxnalxis.
Au point de vue du droit, la patrie de nature, comme dit Gicéron, ou, comme nous dirions, le lieu de naissance, ne crée aucune distinction entre les citoyens. Un grand nombre des familles qui ont joué un rôle dans l'histoire romaine, ne sont pas issues de Rome même : la seule ville de Tusculum a produit, outre la gens Porcia, les Cortmcanii, les Fulvii, les Juventii; la gens Claudia, la gens Curtia, la gens Vettia, étaient originaires de la Sabine; T. Annius Milo et L. Murena étaient de Lavinium, Marins, comme Cicéron, était d'Arpinium. Tout individu muni du droit de cité complet, soit qu'il le tînt de sa naissance, soit qu'il lui eût été conféré individuellement, soit qu'il eût été conféré collectivement à la ville dans laquelle il ^tait né, ou, dans cette ville à une catégorie de citoyens dont il faisait partie, comme cela arriva, par exemple, en 340, pour les chevaliers de Gapoue, était légalement sur le même pied que les citoyens dont les familles possédaient ce droit depuis les temps les plus anciens. Cependant, les vieilles races romaines affectèrent toujours un certain dédain pour les familles dans lesquelles le droit de cité était plus récent et qui étaient sorties d'une ville dont l'histoire rappelait l'état de sujétion dans