CHAPITRE II
l'architecture romaine au temps des rois
§ 1^'. — Tezxips des rois latlzis
Les vestiges les plus antiques d'une architecture romaine sont assurément ceux de la Rome Palatine, Roma quadrala. Il y a dix ans (1), M. Ferdinand Dutert, après avoir indiqué remplacement au moins probable de ses anciennes portes ajoutait : « Ces portes étaient réunies par un mur d'enceinte, dont on voit encore les restes à Tangle formé par la vallée Murcia et le Vélabre. Le mur de la Rome primitive repose sur le tuf naturel de la montagne. Il se compose d^assises horizontales^ posées «n retrait l'une sur l'autre et sans ciment. Oe système imparfait de construction en tuf lithoïde, provenant des
(1) Revue archéologiqiie, janvier 1873. Il existe maintenant, spécialement dans V Atlas cmtiquus de Kiepert» des plans de l'ancienne Rome assez complets et assez exacts pour que je puisse, une fois pour toutes, y renvoyer le lecteur.
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collines romaines, accuse une époque antérieure à celle des murs de Servius TuUius, dont on admire les beaux restes sur TAventin. » Et il ajoute, après avoir reconnu des sentiers conduisant aux portes : « Cette simple disposition est bien en rapport avec l'ancienne théorie militaire : les voies menant à la ville longent l'enceinte fortifiée et forcent les assiégeants à présenter le flanc droit (1) aux défenseurs abrités derrière les murs. » Huit ans plus tard, M. Gaston Boissier s'exprimait ainsi (2) : Pendant qu'on cherchait surtout le palais des Césars, on a trouvé les restes de la vieille ville de
Romulus, qu'on pouvait croire à jamais perdue
C'était la Rome carrée, Roma quadrata^ comme on l'appelait à cause de la forme même de la colline sur laquelle elle était assise, ou plutôt parcequ'elle avait été fondée d'après les règles de l'art des Augures (3).... On a retrouvé et l'on voit encore, ea divers endroits du Palatin (4), les restes des murailles que construisaient les premiers fondateurs de la cité. Ce sont de grands blocs de pierre, extraits de la colline
(1) Celui qui n'est pas défendu par le bouclier.
(2) Promenades archéologiques : Rome et Pompéi^ p« 52-4.
(3) Voy. notre !«' volume,3« partie, chap, 3.
(4) Et non plus en un seul, comme au temps où M. Dutert publiait son article.
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même. Quand les palais impériaux sont tombés, ces vieux débris qu'ils recouvraient ont été rendus au jour (1). » Et Ton a retrouvé aussi, sur le flanc de la colline, M. Boissier le répète avec M. Dutert, le Clivus PalatinuSy qui partait de la voie sacrée. « A peine s'y est-on engagé, dit-il, qu'on rencontrelesa^^t^e^, encore t?t5tôZe*, d'une grande porte (2) ; un peu plus loin, des blocs de pierre énormes, détachés d'une muraille, ont roulé à terre. La muraille est celle qu'on attribue à Romulus ; la porte est beaucoup moins ancienne, mais on croit qu'elle a remplacé celle qui servait d'entrée principale à la Roma quadrata. On l'appelait V^tus Porta ou Porta Mugonia, et ce dernier nom lui venait, dit-on, des mugissements des bœufs, qui en sortaient chaque matin, pour paître dans les marécages qui devinrent plus tard le forum (3). »
(1) On en peut voir l'appareil très imparfaitement horizontal dans le dessin qui forme la p. 9 du !«' volume de M. Duruy.
(2) En 1873, on n'en avait encore signalé que l'emplacement.
(3) On lit dans Varron (De lingua lat, V. 164) Intra
muros video portas dici : In palatio, Mucionis a mugitu»
quod ea pecus in bucita circum antiqum oppidom exige-
bant. — On se rappelle les vers de Virgile :
Ad tecta subibant Pauperis Evandri, passimque armenta videbant Romanoque foro et lautis mugire Carinis
(Aen. VIII, V. 359-«l).
l'architecture romaine au temps DBS R0I8 29
De ces deux passages, l'un plus technique, l'autre plus récent et correspondant à des fouilles plus avancées, il résulte? que l'on peut maintenant connaître avec certitude l'appareil des plus anciens murs de Rome; je dis des plus anciens, car la fortification du Palatin a cessé de trèsbonne heure d'être celle de la ville agrandie, et par suite n'a pu être refaite, même sous les derniers rois, surtout du côté de la porte Mugonia, qui regardait vers la Velia et le Forum. Or, de ces découvertes il résulte que la construction sans ciment rappelle les murs pélasgiques des divers systèmes, que les assises horizontales indiquent, en général, la période la moins antique de ceux-ci^ et que les assises en retrait reportent spécialement notre pensée vers la fortification du Mont Gircé et les temples qui l'avoisinent. La comparaison avec les vieux murs du Latium ne permet guère de reconnaître une restauration partielle de la muraille du Palatin, dans cette circonstance que les blocs n'y ont pas toujours (bien qu'ils l'aient souvent) une position alternée : tantôt la tête en dehors, tantôt posés dans le sens du mur, ce dont M. Brizio voudrait faire le critérium de la construction primitive. Les fondations du temple de Jupiter Stator, attribué à Romulus, ont été retrouvées auprès de la porte Mugonia ; du moins ce sont elles que M. Boissier croît reconnaître dans un amas de grandes pierres, signalé par lui quelques lignes
SO QUATRièME PARTIE
Î)lu8 loin (1). On ne peut reconnaître d'ailleurs que remplacement et non la forme de ce temple ; mais il n'en est pas de même en ce qui concerne le temple de Vesta. Sans doute il serait aujourd'hui un peu téméraire d'en offrir le dessin, bien qu'on voie un temple de Vesta reproduit au revers d'une médaille de Vespasien (2), car, l'ancien temple ayant été brûlé (3), il ne pouvait s*agir là que d'une restauration, dont l'exactitude rigoureuse est bien incertaine. Néanmoins le podium^ c'est à dire la substruction de ce vieux temple « a été mise au jour (dans les fouilles de 1874-75), et un passage dégagé tout autour, au niveau de l'ancien passage. » Tout près de là, sur le terrain occupé aujourd'hui par l'église Sainte- Marie-Libératrice, était l'ancienne Regia, qui fut brûlée avec le temple, Regia donnée par Auguste aux Vestales, et où les fouilles pratiquées lorsqu'on a bâti l'église ont mis au jour des inscriptions portant des noms de ces prétresses. Denjs d'Halicarnasae (IL 66) mentionne ce temple de Vesta comme appartenant aux plus anciens temps
(1) Voy. p. 54-5. Plutarque, Vie de Cicéron^ place le temple de Jupiter Stator à l'origine de la voie sacrée, et Donys sur le Forum, près de la porte Mugonia, qui conduisait de la voie sacrée sur le Palatin (Parker The Foi^wm romanimif 1876, p. 101.
(2) Voy. la pi. XXVII du Foritm romantm^ de Parker.
(3) Voy. Ambrosch, Studien, und Andeuntungen im Gehiet des Altrœmisohen Bodens und Cultus, p. 4.
l'architecture SOMAI^B AU TEMPS DES BOIS 31
de Rome, et l'appareil grossier et primitif de son podium conûrmo cette donnée ; telle est du moins l'appréciation de M. Parker (1), Or, cette base est circulaire (2), ce qui concorde avec la représentation du temple sur la médaille de Vespasien, (celle d'une conpolo soutenue par des colonnes). Il est d'ailleurs plus que probable qu'un monument religieux, destiné à un culte essentiellement symbolique, fut reconstruit sur le plan primitif. Le temple de Vesta, c'était le foyer commun do la cité, son prytanée, comme on aurait dit en Grèce, et nous ne tarderons pas à voir qut le fo/er domestique, la demeure privée des vieus Latins, semble avoir affecté souvent une formt semblable.
Un monument d'une autre espèce et antérieui aussi à l'avènement de la dynastie étrusque.
sinon peut-être à l'arrivée dans Rome de Tarquir l'Ancien, c'est l&prison que les historiens attribuent au roi Ancus, prison qui subsiste encore e dont ta partie inférieure surtout n'a pas dû êtrt grandement altérée, puisqu'elle est souterraine creusée dans lo ilanc du Mont Oapitolin. Les as sises de cette prison sont horizontales, mais formées de blocs inégaux; le cachot inférieur m communique avec le reste que par une ouvertun pratiquée au sommet de l'espèce de voûte qui h
(1) Vbi rupra, p. 49.
(!) Ibii. p. as, it lei plans.
recouvre, voûte formée parle rapprochement graduel des assises horizontales qui constituent les parois de cette chambre, mais qui ne se surplombent pas, la coupe de l'ensemble formant une courbe continue (1). Le principe normal de la voûte n'y est donc pas employé, mais l'effet en est obtenu pour l'œil. Nous avons déjà vu un procédé pareil produire, dans une porte d'Arpinum, l'effet d'une ogive.
§ 2. — Texxips des rois Stxnisçnies
Enfin Tarquin P*" inaugure, dans Rome, un règne étrusque, et il y apporte les développements obtenus par l'art de sa patrie. « Le premier, » dit Denys d'Halicarnasse (2) , il commença à cons- )) truire les murs de Rome avec des blocs de » pierre taillés à la règle, et à creuser des » canaux souterrains, pour déverser dans le » Tibre les eaux engorgées dans la ville, œuvre
(1) Voy. Duruy, HisU des Rom, II, p. 470; III, p. 396; cf. IV, 352 ; ceci est beaucoup moins visible dans la coupe de petite dimension qu'en offre le dictionnaire de Daremberg et Saglio, fig. 1183-4. — Nibby {Itinerario di Roma e délie sue vicinanze, p. 145-6, dit que Varron attribue ce cachot à Servius Tullius ; mais on lit dans le De lingua latina (V. 151, édit. Millier, que M. Egger a fait réimprimer) : Pars quae sub terra Tullianum, ideb quod additum a Tullo rege.
(2) Ant. rom.j III, 67.
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» merveilleuse et qu'on ne saurait représenter » par des paroles. » Le langage de l'historien au sujet de ces murs, certainement continués dans le même système par Servius TuUius, compatriote, gendre et successeur de Tarquin, et qui compléta l'enceinte en joignant à la ville le Viminal et l'Esquilin, est nettement interprété par la vue des parties qui subsistent de cette enceinte. Les fouilles de 1863-71 ont fait retrouver tout le tracé de ce mur et en ont même mis au jour la majeure partie ; on j distingue, en certains endroits, des réparations appartenant au premier siècle de l'empire (1) ; on en trouve, sur l'Aventin, un pan de 10 mètres de haut sur 30 de long (2). Un fragment de Tenceinte de Servius est représenté à la p. 35 du 1*^ volume de M. Duruy : si l'égalité des blocs n'est pas encore parfaite, la régularité dss assises est en progrés manifeste sur l'appareil du Palatin.
Néanmoins, comme l'a fait remarquer le P, Brazza, dans un mémoire lu à l'Institut de Correspondance archéologique, le 21 avril 1876 (3), ni l'un ni l'autre ne présente une surface polie, mais bien un équarissage grossier. M. Boissier a d'ailleurs observé, dans le mur de Servius (du
(1) Jordan, Topographie der Stadt Rom in Alterthum I«' Band, I"te Abtheilung, p. 204-5.
(2) Boissier, uhi supra, p. 59, note.
(3) Annali delVInstit. di corresp, aroheol. 1876, p. 75*
moins dans certains endroits), l'alternative indiquée plus haut pour la disposition des blocs (1). Quant à la grosseur des blocs eux-mêmes, si elle n'est pas rigoureusement constante dans l'enceinte appartenant à la dynastie étrusque, elle y est à peu près uniforme, quoique leur longueur varie beaucoup ; cette grosseur est à peu prés de deux pieds romains, tant en hauteur qu'en largeur (2), d'où Ton peut conclure que, dés cette époque, Rome possédait la base du système des mesures linéaires qu'elle avait plus tard. Mais il y a plus : des caractères alphabétiques, ayant bien la forme des anciennes lettres romaines, tantôt isolés, tantôt réunis en lignes et ayant sûrement servi de marques de renvoi ou de chiffres de compte aux ingénieurs ou aux ouvriers, se trouvent en grand nombre, légèrement tracés, sur des pierres de ce mur, dans la partie qui
(t) Ubi su^ra p. 58.
(2) Annaliy p. 77, 79, et Jordan, ubi supra p, 251 et 259. Le pied romain était de 0™296 ; or la hauteur et la largeur moyennes de ces blocs sont de 0™592 pour les parties les plus anciennes du mur. Jordan ajoute que la même hauteur se retrouve dans les blocs du mur d'enceinte du Palatin, et qu'elle est presque la même dans ceux de Tarquinii et d'autres villes de l'Etrurie méridionale, mais non à Caeré non plus qu'à Ardée. Selon lui, il convient d'attribuer à une autre époque, (c'est-à-dire aune restauration) les pierres de hauteur différente que l'on trouve en certains endroits du mur de Rome.
l'architecture romaine au temps »bs rois 35
avoisine la porte Colline ; deux seulement de ces caractères ont été trouvés au mur du Quirinal, et un seul dans les substructions du Capitole (1). Ces fouilles, qui semblaient ne devoir nous éclairer que sur les développements de l'art romain, nous ont donc apporté la preuve matérielle de la haute antiquité de l'écriture chez ce peuple, et par suite de la facilité qu'il a eue, au moins dans le second siècle de son existence, à consigner par écrit les principaux événements de son histoire.
Si maintenant nous revenons aux détails de l'appareil tarquinien, et si nous y recherchons, dans un autre ordre de faits, les traces à demi effacées de cette antique civilisation, écoutons encore M. Jordan, exposant au même endroit (p, 251-2) les procédés de l'art étrusco-latin. € Ces blocs, dit-il, sont adaptés entre eux par un système de joints complètement perpendiculaires (2)^ là du moins oh l'humidité, pénétrant dans la masse, no les a pas dérangés.... Le même appareil se retrouve dans le mur du Palatin (3), dans une partie de TEtrurie méridionale et à Ardée....
(1) Voy. Brazza, p. 76-81 du volume des Annali, uhi supra; cf. Jordan., uhi sujpra, p. 259.
(2) Durchweg in, sogenannten Laufen und Binder-System loth recht.
(3) Pas absolument, ou du moins pas partout, nous le voyonÉ dans la planche de Duruy, I, p. 9.
36 Qai.TRIBMB PARTIS
A Oseré, tous les parallélipipèdes ont le bout tourné en dehors, méthode propre aux temps les plus anciens, dit Ganina.... Nous devons considérer comme indice d'une restauration moins ancienne tout ce qui s* écarte de ces caractères communs des vraies constructions de cet âge. » On reconnait aisément un système de construction pélasgique dans ces blocs de Gseré, dont la longueur est posée dans le sens de l'épaisseur de la muraille.
Quant à la Cloaca maxima^ nous en avons, au paragraphe précédent, reconnu le modèle ; nous avons déjà signalé ce fait^ si important pour l'histoire de l'art, qu'elle constate, à Rome, les débuts antiques de la voûte régulière (1).
« Ce monument, le plus ancien que les Romains aient laissé, dit M. Guillaume, l'architecte-archéologue (2), atteste la puissance de leurs conceptions pratiques. Après vingt-quatre siècles, cet égoût modèle sert encore aujourd'hui et conduit au Tibre les eaux d'une grande partie de Rome.... L'embouchure forme, dans le mur du quai appelé pulchriim littusy un arc plein-cintre
(1) On en peut voir, aux pages 31 et 126 du !•» volume de M. Duruj, l'embouchure encadrée dans une vue du quartier moderne et le détail de la construction. Dans Tun et dans l'autre dessin on reconnait la triplicité des arcs concentriques ; V. aussi les fig. 1674, 1675 du dictionnaire de Baremberg et Saglio.
(2) Art. Cloaoa de ce dictionnaire.
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d'environ 5 mètres de diamètre, à triple rang de voussoirs concentriques, dont les joints sont en liaison les uns sur les autres (1). La voûte, les murs sont en blocs de grand appareil (2^ de long sur 1°* de haut), posées sans ciment, de pierre de Gabies (peperino) » (2).
Les fouilles de ces derniers temps ont aussi mis au jour les substructions d'un monument sur l'emplacement exact duquel on avait beaucoup disputé, malgré son immense célébrité dans l'histoire de l'ancienne Rome : c'est le temple de Jupiter Capitolin, ou plutôtde Jupiter, Junon et Minerve, dont lesfondements furent jetés par TarquinP' (3), mais qui ne fut dédié qu'au commencement de la république (4), tant les travaux en furent énormes, pour les ressources dont disposait la Rome de ce temps-là. Ge sont ces fondements, représentant l'appareil et le plan du temple, tels qu'ils furent conçus dans le premier quart du VP siècle, qui ont subsisté jusqu'à nous, Capi-toli immobile saocum, et que nous pouvons étudier depuis peu d'années. M. Jordan a publié, dans iQsAfmdles de l'Institut de correspondance
(1) Ceux des rangs impairs se correspondant, voy. flg»
(2) Selon Nibby {uhi supra, p. 430), ce qui en subsiste n'est que la moitié de l'ancien développement.
(3) Denys d'Halic. III, 69 ; Tite-Live, 1, 38, cf. III, 27
(4) Tite-LiYe, II, 8.
archéologique de 1876, la traduction italienne, annotée par lui, du rapport fait par un savant architecte allemand, M. Schupmann, sur les fouilles que tous deux venaient d'achever. En voici les principaux traits, du moins en ce qui concerne rohjet de la présente étude.
La conclusion à tirer des fouilles de 1865 et 1875-76, c'est que le temple était un rectangle de 51 mètres de large sur 74 m. de long (1), tracé par un mur épais de 5 m. 60. Les pierres sont taillées partout à angles droits (2) ; les murs s'élèvent encore à m. 80 au-dessus du roc, hien qulls soient à plusieurs mètres au-dessous du sol actuel. On a retrouvé un pan de muraille intérieure, de la position duquel l'auteur conclut que, dans le sens de la longueur, le temple était divisé par quatre murs, épais chacun de 4 mètres, et sur lesquels devaient être posées des files de colonnes, ce qui tend à confirmer Topinion que le temple était hexastjle (3), et que les colonnes avaient un écartement de 9 m^ 20, mesuré de centre à centre, chiffre d'accord (4) avec la largeur du fronton, puisqu'elle était de M mètres. Ge fronton
(4) Soit le rapport de 5 à 7 et 1/4. Vitruye donne, pour le» temples toscans, le rapport de 5 à 6 (IV, 6-7).
(2) Capitolium saxo quadrato suhstructii/m erat, opus T«l in hacmagniûcentia Urbis conspiciendum.(T.-L.,VI, 5).
(3) Une colonne de façade correspondant à chacune de ces files et, suivant l'usage, une à chaque mur latéral»
(4) A peu près.
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l'architecture romaine au temps des rois 39
était tourné vers le S,-0., et Taxe longitudinal s'écartait du méridien par un angle de 24** (1). Tel est, quant à l'ensemble de l'édifice, le langage du savant architecte; j'avoue que, sur un point, je ne saurais être d'accord avec lui. La division intérieure de la substruction ne me paraît point prouver qu'il y ait eu cinq nefs plutôt que trois, que chaque colonne de face corresponde à une série de colonnes intérieures, et surtout, pour nous borner en ce moment aux constructions primitives, qu'il en ait toujours été ainsi. Le fût de colonne cannelée trouvé au point y du plan (2), c'est à dire entre le mur Est, retrouvé en très-grande partie, A-Z.,et le mur ou stylobate intérieur^^, sont de marbre grec pentèlique, et par conséquent, d'époque bien postérieure (3j. Mais les angles N.-O., S.-O. et S.-E. ont été retrouvés avec leur forme parfaitement régulière ; il n'y a donc à mettre en doute ni la forme ni la dimension de l'édifice ; on ne saurait douter non plus que les divisions intérieures ne correspondissent à la dédicace du temple à trois
(1) Voy. p. 147-9.
(2) Momi/menti, vol. X. Tavola XXX a.
(3) Voy. p. 150-1. Vitruve dit (IV, 7) que, dans l'architecture religieuse de l'Etrurie, la cella centrale formait les 4/10 de la largeur, et chacune des ceïlœ latérales, 3/10, enfin que la hauteur du temple doit être des 2/3 de sa largeur : Altitudo tertia parte latitudinis te.upli.. contrahatur.
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divinités à la fois. La disposition primitive de cette division n'est pas d'ailleurs parfaitement claire d'après les textes. Tite-Live nous dit,^en parlant de trois patères d'or, dont le prix avait, dit-on, été fourni surtout par la vente de prisonniers étrusques : Cum titulo nominis Gamilli ante Capito^ liimi incenstwiy in lovis cella constat ante pedes Itmonis positas fuisse (1), et un peu plus loin (2) le même auteur dit, en parlant d'une statue de Jupiter Imperator, conquise à Préneste et portée au Capitole : Dedicalum est inter cellam lovis ac Minerv». Enfin, au livre suivant (3), le clou sacré est fixé suivant les rites ; il l'est, dextro lateri œdis lovis Optimi Maximi, ex qua parte Minerves templimi est : ce sont les monuments qui constatent que le mot à droite signifie là : à droite de Jvpiter, dont la statue regardait le fronton, et, non à droite de celui qui pénétrait dans le temple. Il ne reste, il est vrai, aucune figure du premier Capitole, brûlé au temps de Sylîa; mais il fut reconstruit promptement, et la figure du second Capitole, reproduite sur des monnaies de Petilius Capitolinus, nous montre le fronton couronné par les statues des trois divinités, placées dans cet ordre. Enfin des représentations du troisième Capitole, celui qui fut rebâti par Yespasien