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CHAPITRE XXXIX

DODZE GRANDS ET INEFFABLES DONS QUE LA MISERI- CORDE DIVI!^ ACCORDE A CEUX QUI COMMUNIENT DIGNEMENT

L'homme spiriluel et inl6rieur trouve dans la participation du corps de J6sus-Christ douze fruits excellents que presque tout le commun des hommes, et m6me beaucoup de religieux, ignorent enliferement.

Le premier, c'est que la force et la verlu de ce Sacrement si auguste lui donne non seulement le pouvoir, mais m6me la facility d'abandonner toutes les choses terrestres et p6rissables, en sorte qu'il puisse dire avec I'Apdlre : t Je regarde toutes choses comme des ordures, afin de gagner J6sus-Christ. » Car celui qui n'a rien et qui ne d6sire rien est sans doute plus riclie que celui qui, poss6dant toutes choses en abondance, ne laisse pas d'en d6sirer toujours davantage, et a encore besoin de quelque chose de plus. Or il y a

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cinq v6nt6s, dont la consideration s6rieuse et attentive nous fera trouver du d6goul et de I'amertume dans toutes les choses dn si6cle.

La premiere, c'est que le plaisir qu'on prend dans la creature obscurcit la connaissance que I'entendement a de Dieu ; car, tandis qu'on trouve de la satisfaction dans les choses terrestres et passag6res, on ne pent connaitre ni aimer celles qui sont c61estes et 6ternelles. Mais lorsque les hommes parfaits sont obliges d'agir et de parler selon la partie inf6rieure de leur ame, la sup6rieure n'est point emp6ch6e pour cela de contempler la v6rit6, parce que cette portion suprfime se tenant 61ev6e par-dessus tons les temps jusque dans r6ternit6, elle s'y connait aussi ellem6me et y voit toutes choses. C'est dans cette 616vation de I'ame au-dessus des sens, que sa partie subalterne, qui est 61oign6e de cet 6tat sublime, ni aucune des creatures, ne peuvent rien sur la partie sup^rieure, soit pour I'aider ou pour I'empficher dans son action. Si cette partie si 61ev6e s'applique a comprendre dans soi-m^me la v6rit6 avec cette discretion qui est requise, en se rabaissant et se m^lant aux actions et aux ouvrages de la partie inf6rieure, elle souffre quelque emp6chement dans sa fonction propre : car, afin que les actions de cette partie qui lui est souraise se fassent dans I'ordre, elle en doit^tre

le guide el la mod6ratrice. Or, pendant que la parlie supreme de I'ame est occup6e a r^gier et conduire ces actions ext^rieures, elle ne peut pas aussi bien vaquer a la conduite et au r^glement de I'int^rieur.

La seconde, c'est que Tamour des choses p6rissables affaiblit et diminue celui qu'on doit avoir pour Dieu : .car plus on est passionn6 pour la creature, moins on aime le Cr6ateur qui leur a donn6 I'^tre a toutes. D'ou il suit n^cessairement qu'il faut entierement d6raciner de I'ame toute affection terrestre et humaine dont Dieu n'est point la cause et I'origine. II n'y a point de creature qui renferme en soi toute sorte de perfections ; et lorsque Tame ne les trouve pas toutes dans un seul 6tie cr66, elle les va chercher dans un autre, et elle ne demeure jamais satisfaite et en repos jusqu'a ce qu'elle ait renconlr6 toutes les perfections ins6parablemenl unies dans cet etre entiferement simple et parfait qui est toutes choses en tous ceux auxquels il se donne, ce qu'on ne trouve qu'en Dieu seul. C'est pourquoi, quoique nous invoquions les Saints et qu'ils puissent nous aider beaucoup par leurs pri6res aupr^s de Dieu, puisqu'ils ne font qu'un mfeme esprit en lui et avec lui, il ne nous est pas permis n6anmoins de nous reposeren eux corame dans notre derni^re fin, qui nepeul 6lre autreque Dieu.

La troisieme est que le plaisir des cr6alures est ordinairemenl m616 d'une amertume d'autant plus grande au dedans, qu'elle ne se fait point sentir au dehors. Et certes, il nous devrait 6tre bien moins difficile d'endurer quelque blessure dans le corps, que de supporter les reproches de notre conscience aprfes que nous avons commis un p6ch6.

La qualri6me, c'est que ce m6me plaisir est partag6, etqu'il nese rencontre pas tout a la fois dans uneseule creature. Parexemple, la satisfaction qu'on trouve dans les habits propres et recherch6s n'est pas la m6me que celle du boire et du manger : ce qui arrive pareillement dans les choses spirituelles, ou le plaisir de la pri6re est different de celui de la d6volion. Et certes, il est avantageux a Thomme qu'une simple cr6abure ne renferme pas toute sorte de perfections, parce que s'il pouvait trouver en elle le sujet d'une joie parfaite, il ne chercherait jamais son Cr6ateur.

La cinqui6me, c'est que les creatures nous causent ais6ment de I'ennui ; car il n'y en a point, pour si charmante qu'elle soit et quelque consolation qu'elle nous apporte, qui ne nous donne du chagrin et du d6goiit, si nous en avons tant soit peu longtemps I'usage et la vue. Celui-la done seulement qui est tout a fait libra et affran-

chi de tout ce qui est hors de Dieu^ se Irouvera parfaitement heureux des ce monde par Tavantgotit prfecieux de la vie ^ternelle, et dans la celeste patrie, par la jouissance d'un bonheur qui ne finira jamais : c'est la presence de la lumi^re divine qui se r6pand dans I'ame par la participation de I'Eucharistie, et qui chasse et dissipe toutes les t6nfebres des creatures p6rissables.

Le second fruit d'une communion sainte est I'avancement dans les choses qui servent pour r6ternit6. Dieu attire I'homme en quatre mani^res : 1" par les douceurs de sa bont6, que sa sagesse a communiqu6e a toutes-les creatures, afin de mener et de conduire I'homme, qui les surpasse toutes en excellence, a la connaissance du Dieu tout-puissant et lout bon qui est le souverain bien et auquel nous arrivons par la voie des creatures. C'est ce qui a fait dire a un saint : < Vous admirez la hauteur du ciel et I'^tendue du firmament ; mais, 6 mortel, vous 6tes encore plus 61ev6 que tout cela, vous qui recevez dans le corps de J6sus-Christ ce qui est au-dessus de toute hauteur, ce qui surpasse loute 6tendue, ce que le ciel et la terre ne peuvent comprendre f » 2" Dieu gagne les ames par la promesse del'Slernelle beatitude, ainsi que le remarque I'Apdtre par ces paroles : « L'ceil n'a point vu, I'oreille n'a point entendu, et I'esprit de Thomme n'a ja-

mais compris ce que Dieu a pr6par6 pour ceux qui I'aiment. » Celui qui m6riterait de goilteren v6ril6 la moindre partie de ces d^lices d6s ici-bas pourrait bien dire assur6ment avec saint Augustin : « Je n'estime rien de toules les choses qui « sont au monde, en comparaison de I'amour t pour cette cSlesle demeure. » 3° Dieu fait venir I'homme a lui par I'exeraple des Martyrs. Je me souviens d'avoir oui dire qu'il y avail des Bienheureux plus 61ev6s dans la gloire que ces martyrs ; mais pour moi, dans I'ardeur dont le Saint-Esprit nous anime, je dis hardiment qu'entre tons les chastes amours, je ch6ris principalement celui des Martyrs, qui est si parfait et si g6n6reux. Car, plus on connait la bont6 et le m6rite de la cause de celui qu'on aime, plus on conceit aussi d'amouret dezfele pour lui ; et cette consideration me fail ais6ment croire que nul ne surpasse les saints Martyrs en charity, puisque nul n'a mieux connu qu'eux la juste cause et la valeur inestimable de celui pour lequel ils ont donn6 leur vie. Je trouve n6anmoins qu'on pent encore monler plus haul d'une cerlaine fa^on singuli^re, lorsque I'esprit s'envole par-dessus le temps jusque dans r6ternit6, ou, s'unissant k Dieu, il devient une m6me chose avec lui. Par cette union, il connait, il aime, non pas ce qui estle plusou moins noble, mais toutes choses en

toutes choses, les consid6rant dans cet objet inflniment noble toules r6unies d'une facon tr6s 6minente et dans un 6gal degr6 de noblesse. Cast la propremeut que I'esprit, aprfes s'6lre 6Iev6 audessus de lout, se surpasse soi-meme, et demeure in^branlable dans un certain repos 6ternel, ou, plus il connait et aime I'eternitS, plus il s'y affermit et y devient lui-ni6me comme 6ternel. 4" Enfin, Dieu attire Tame par le riche present qu'il lui fait de son corps pr6cieux en lui donnant sa chair pour viande et son sang adorable pour breuvage, et en nous exhortant a le recevoir lorsqu'il dit : « Mangez et buvez, mes amis ; « enivrez-vous, mes bien-aim6s, aftn que vous « mettiez en oubli toute trislesse. »

Le troisieme fruit de I'Eucharistie, c'est I'enl^vement de I'ame au-dessus de tout ce qui n'est point Dieu ; car alors le Seigneur la met dans un transport de joie qui surpasse tous les autres plaisirs du corps et de I'esprit, et lui faisant part des douceurs de sa Divinit6, il la fait mourir entiferement au plaisir des creatures. II dissipe aussi tout ce qui pourraitla troubler dans la contemplation de la v6ril6 divine et dans la jouissance de cette joie sur6minenle qu'elle ressent : ce qui fait qu'elle est obligee de se faire violence pour aller cherclier les choses dont la faiblesse humaine ne se pent passer; car, les bieos de

I'esprit 6tant pins excellents que ceux du corps, le plaisir que nous y trouvons est aussi plus abondant et plus pur, et la peine que nous souffrons en est d'autant plus grande lorsque nous venons a passer des occupations de I'esprit a celles du corps. Ainsi Tame ne voudrait jamais se s6parer de celle puret6 od elle trouve lant de douceur, et lorsqu'elle en est priv6e, elle ne souffre pas moins que si elle se voyait chass^e du paradis et repouss6e de la porte de la gloire. Je ne sais pas m6me si les souffrances de I'enfer, pour un temps, lui sembleraient plus rigoureuses et plus sensibles que la privation des chastes d61ices qu'elle goiite en cette occupation sainte, et du plaisir si pur et si doux qu'elle 6prouve dans la contemplation de la v6rit6 divine.

Dieu 616ve aussi I'atne au-dessus des images terrestres et de toutes les choses qui passent ; car pendant que I'image de la moindre des creatures est attach6e a I'ame, qui y met son affection, le Cr6ateur ne s'unit jamais k elle ; mais lorsqu'elle se trouve une fois unie a lui de cette sorte, il n'y a point de pass6 ni d'avenir a son 6gard, rien ne pent lui donner ni chagrin ni joie immod6r6e, et elle possede toutes choses en ce moment incommutable de rfiternit6, qui n'est autre que Dieu. Dans cette union bienheureuse, elle perd le souvenir de tout ce qui est hors de

Dieu el elles'oublie elle-m6rae. Enfin, Dieu 61feve cette ame au-dessus de toute action int6rieure et exl6rieure, et dans cette 616vation qui la met audessus de toute creature, elle produit toutes ses actions, non par la vue de quelque int6r6t ou de quelque avantage qu'elleen attend, mais par les seuls mouvements de I'araour qu'elle porte a Dieu. L'homme est peu de chose pendant qu'il ne s'616ve pas au-dessus du resledes creatures el de soi-m6me ; plus il monte au-dessus d'elles, plus il devient pur et d6gag6 du commerce et du melange de la lerre, et a mesure que la puret6 croit en lui, il devient plus proprea recevoir la splendeurel lagloiredel'fiternitfe, qui est Dieu m6me. Le qualrieme fruit de I'Eucharistie, c'est de rendre Tame forte et vigoureuse, pour pratiquer toute sorte de bien : car Dieu lui fait perdre le souvenir des choses humaines, etla confirme lellement dans la pens6e des spirituelle^ dont il la nourrit, que l'homme en est presque r6duit a I'oubli de sa propre nature, jusquela qu'elle agit le plus souvent sans qu'il s'en aperroive ; mais agissant de cette sorte sans aucune reflexion ni mouvemenl libre et volontaire, il ne p6che ni ne m6rite aucunement. Or cet oubli de soi-m6me tire son origine de trois causes : la premit're, c'est la grace m6me ; car, de s'oublier ainsi soi-mt-me, c'est un des plus riches pr6sents de la mis^ri-

corde divine, el toutes les creatures ensemble ne le sauraient ni6riler pour un autre. Aussi ceux qui possfedent cetle faveur doivent plut6t passer pourdes anges visibles sur la terre que pour des hommes, puisqu'ils ont, en quelque mani6re, la puret6 el racial de ces bienheureuses intelligences, en ce que leur nature opfere ind6pendamment de leurs sens, el que leurs propres pens6es ont plus pour objet les clioses spiriluelles que les corporelles. La seconde cause, c'est le soin qu'on a de donner peu a la nature ; car, ainsi que le m6me feu qui d6vore, qui consume et qui convertit tout en soi-m6me, 6tant couvert de cendre, conserve a peine quelque chose de sa chaleur et de sa lumi6re, dem6me plus on retient la nature dans raust6rit6 et dans la discipline, moins senlelle les infirmit6s et les besoins ordinaires. La troisi6me cause, c'est le plaisir que Tame prend a m6diter sur les choses spiriluelles ; el c'est ce qui affermit tellement I'esprit dans les bonnes pens6es, qu'il ne pent s'occuper de rien que de bon : car s'il voulait en user autrement, il ne le pourrait pas sans sefaire violence.

C'est pourquoi il est d'une extreme importance que chacnn apprenne a recueillir ses pens6es en lui-m6me, et j'admire comment plusieurs peuvent s'arrSter a tant de pens6es d6raisonnables, ou du moins inutiles. En effet, plus I'esprit en est

rempli, moins il est capable de p6n6trer la v6rit6 ; au lieu qu'il la connait d'autant mieux, qu'il est moins agit6 de toutes ces illusions. Enfin Dieu arr6te et fixe tellement la m6moire et les puissances de rhorame dans la meditation des biens spirituels, qu'il tombe presque dans I'oubli de soi-m6me, n6glige et m6prise tout le reste, pour ne d6sirer que le Ciel et TEternitS.

Le cinquifeme fruit de I'Eucharislie, c'est I'illumination de I'entendement et de la raison dans la connaissance de Dieu m^me et de tout ce qui se voit dans le miroir de I'Eternite : car alors I'esprit connait toutes les creatures par les id6es qu'elles ont dans I'entendement divin ; il voit Dieu en Dieu mfime, ou tous les 6tres sont en un certain sens la m^me chose que lui. sans accroissement ni diminution ; savoir dans cetle Eternity immuable qui n'est autre que Dieu, n'6tant sujets que dans le temps aux alterations qui les font croitre et d6croitre.

Au reste, plus on connait parfaiteraent chaque chose en Dieu, plus aussi I'aime-t-on parfaiteraent en lui; et la jouissance qu'on a de toutes les perfections et du bonheur de Dieu en est plus parfaileet plus accomplie. Autant, dis-je, nous connaissons parfailement toutes choses en Dieu, autant sommes-nous enrichis de toute sorte de perfections, et plus nous avons ici-bas d'amour

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et tie connaissance de Dieu, plus aussi nous y goutons comme les pr6micesde la f61icit6 future, en attendant que nous en possMions la plenitude dans le del pour toute r6ternit6.

CependantDieu 616ve quelquefois ici-bas I'ame au-dessus d'elle-m6me, afin de lui faire obtenir par grace tout ce qu'il a lui-m6me par nature; et ce Soleil de justice la p6n6tre si vivement de la ciart6 de ses rayons, qu'elle en revolt I'^clat de toute sorte de vertus et de saintet6 durant tout le cours de sa vie; et comme la lurai6re visible luit au milieu des t6n6bres et est commune aux bons et aux m6chants, de meme ces personnes 6clairenl 6galement tout le monde, selon que chacun est capable de supporter les impressions de la lumi6re divine. Je dis plus, cet 6clat merveilleux de la Divinit6rend Tame non seulement toute divine, mais en quelque fagon elle devient Dieu par grace, demeurant n6anmoins dans son 6tre de cr6ature, puisque dans cette essence infinie et inalterable il ne se rencontre autre chose que Dieu en Dieu m6me. Enfin, celte divine lumi6re qui surpasse tout ce qu'il y a d'agr6able, 6tant la vie 6ternelle, comble I'jime de joie et d'all6gresse; elle revolt la vie interieure de loutes les creatures raisonnables, dont le plaisir et le bonheur est d'autant plus abondant, que la connaissance qu'eiles en ont est plus parfaite.

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L'amesurtoul, qui est heureusement transform6e, trouve des charmes tout extraordinaires dans la contemplation de cette v6rit6 simple qui est Dieu m6me.

Le sixi^me fruit de I'Eucharistie, c'est I'embrasement et I'ardeur de I'amour divin. II n'y a que Dieu a qui toutes choses soient dues ; il s'aime lui-m6me a cause de Iui-m6me par sa charit6, et Tame qui est embras6e de son amour le doit aussi aimer, et lui-m6meet toutes choses en lui et par lui, d'une mani6re toute divine et toule pure. Dieu est effectivement charit6, et la charit6 est v6ritableraent Dieu. Celui qui demeure dans la charit6, demeure trfes certainement en Dieu, et Dieu demeure en lui, non seulement comme le conservateur de sa vie (car il conserve ainsi par son 6tre I'essence de tout le reste des creatures), mais comme un ami demeure en celui qu'il aime : car Tun d6couvre a I'autre ses plus secretes pens6es, et Dieu r6v6le aussi, et avec beaucoup de tendresse, tous ses secrets a ses amis, qui sonl ses bien-aim6s, et il n'a rien de si cach^ dans son essence qu'il ne d6couvre a I'dme juste autant qu'elle en est susceptible, pourvu seulement qu'elle soit pr6par6e pour recevoir les induences de sa grace, donl la moindre participation donne a tous ceux qui m6ritent de I'obtenir du m6pris pour eux-m6mes et pour toutes les choses qui

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sont liors de Dieu. Uri ami se plait aussi dans la compagnie de son ami ; mais Dieu seul est constant et invariable dans son amili6, lui qui nous assure qu'il nous a aim6s el qu'il nous aime encore de sa charit6 6ternelle qui n'a ni commencement ni fin, et qui demeurera avec nous jusqu'a la consommation des si6cles.

■ En v6rit6, ce Sacrement auguste donne de grandes consolations a tous les gens de bien, et celui-la est parfailement heureux qui peut s'en approcher souvent avec un coeur pur et une conscience sans reproche, puisqu'en participant de celle sorte au corps du Seigneur, il en rcQoit la vertu qui I'^tablil dans une saintel6 parfaite. Alors I'ame demeure en Dieu par la connaissance et par I'amour ; car il faut croirequ'elle demeure plus dans la chose qu'elle aime que dans celle qu'elle anime. « L'amour, comme dit saint Gr6goire, n'est jamais oisif, et s'il est dans une Sme, 11 y produit de grandes choses ; s'il y 6tait sans action, il ne serait plus ce qu'il est. » Or l'amour agit dans Tame avec mesure et sans mesure. II agit avec mesure, parce qu'il fail supporter patiemment a I'homme loutes choses pour l'amour de Dieu, ce qui n'est presque rien si Ton considbre la majesty et la grandeur divine, pour qui Ton n'est pas moins oblig6 de supporter que d'abandonner toutes choses. II agit sans mesure,

parce qu'il transporte Tame dans r6ternit6 audessus des temps, ou elle produit des actions qui surpassent la port6e de ses forces.

Le septieme fruit de I'Eucharislie, c'est I'accomplissement de tout ce qui cause notre beatitude. Le grand saint Denis dit : t Que la saintet6 est une perfection, une puret6 et un d6gagement. » Or c'est Dieu qui op6re dans Tame toute purel6 et toute perfection : en sorte qu'6tant ainsi purifi6e et parfaite, elle n'a plus aucun attachement ni aucun commerce avec la creature. Parexemple, on dit que I'eau est pure lorsqu'elle n'est alt6r6e par aucun melange ; si on la m^le avec du vin, elle perd sa puret6 par ce melange, et I'excellence de cette liqueur ne la lui saurait conserver. C'est ainsi qu'il faut que I'ame soit pure et s6par6e du melange de toute creature, tant spirituelle que corporelle, et il est absolument n6cessaire qu'ellemelte en oubli jusqu'aux Anges et aux Saints pendant ce moment bienheureux ou Dieu, qui surpasse toute purel6, I'atlire et I'unit a lui avec loutes ses puissances. Mais ce moment heureux ne pent pas durer beaucoup pendant cet exil. On connail distinctemenl dans ce miroir trtss lumineux les images des cr6atures ; or ce miroir de r6lernit6 du P6re n'est autre que son entendement, dans lequel il imprime sa propre image, qui est son Fils et son

Verbe, el dans celle image vivante, c'est-a-dire dans son Fils, sont renferm^es et connues les id6es et les images de loules choses. Mais celase passe d'une facon qui surpasse Teffort et le pou- Yoir de la nature, n'y ayant rien dans celle fa^on de connaitre que Dieu en Dieu m6me.

Secondement, Dieu, par sa liberie infinie qui est son essence meme, d6gage Tame de toute propri^le; car elle ne peul 6lre en repos jusqu'a ce qu'elle s'envole au-dessus de ce qui est hors de Dieu, et qu'elle acquiere une liberie toute divine dont rien ne pourra interrompre I'exercice. Gela se peul faire en lant qu'elle devient elle-m^me ^lernelle, en se fixant dans cetle 6teruit6 immobile qui est Dieu ni6me.

11 faul remarquer (jue j'appelle libre celui qui n'est 116 ni attache a aucune chose, et avec qui rien de tout ce qui est hors de Dieu n'a de liaison. L'ame done, en ce sens, est parfailement libre lorsqu'elle se met au-dessus de lout ce qui n'est point Dieu, el qu'elle n'a d'affection ni pour elle ni pour aucune creature, raais qu'elle les renvoie loules a Dieu, qui seul m6rile tout notre amour. Le Seigneur perfectionne aussi l'ame par sa divine ressemblance, qui est son Fils J6sus-Christ noire Sauveur; el plus cetle image subslantielle de la Divinity est souveut et Yivement imprim^e dans une ame, plus cetle

ame devient semblable au P6re 6ternel en toute sorte de perfections. Elle est enfin au comble de sa grandeur lorsqu'elle est arriv6e a cette unit6 paisible ou elle ne forme plus aucune ressemblance, ni de Dieu, ni des choses divines, ni d'aucune perfection, ni des degres diff^rents qui se Irouvent dans le bien, parce qu'elle ne rencontre en Dieu aucune distinction entre toutes ces choses. L'ame qui est en cet 6tat ne se perfectionne plus, 6tant enti^rement parfaite en Dieu, qui est la souveraine perfection.

Le huiti^me fruit de I'Eucharistie est le tr6sor de toutes les richesses : car Dieu enrichit Tame du don de sagesse qu'il verse sur elle, afin qu'elle ne fasse jamais rien dont elle se repente apr^s. La sagesse en Dieu est cette lumi^re immortelle et inaccessible a la creature, par laquelle il se connait lui-m6me; et l'ame est unie a Dieu, et Dieu a l'ame, ni plus ni moins qu'elle est avanc6e dans la connaissance et dansl'amoui- divin. Dans cette union du divin amour, l'ame est non seulement Dieu par gr5ce avec Dieu, mais elle est mfime, pour ainsi dire, Dieu en Dieu par la grace : ce qu'il faut toutefois entendre sainement. Cartes, celul dans qui la sagesse reside est comme le temple du Dieu tout-puissant qui habile en lui; car Dieu aime ceux en qui cetto vertu se Irouve, et il remplit leurs d6sirs, parce

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qu'il est lui-meme la sagesse el qu'il se connait et s'aime en loutes choses. G'est la cette sagesse qu'on recommande a lout le monde, comme 6lant non seulement I'origine de loute la beatitude, mais la beatitude raSme; et Dieu ne peut rien donner a I'bonime de plus grand ni de plus souhailable, puisque c'est le comble de la joie et du bonheur dont jouit 6ternellement la Trinit6 sainte et adorable.

Tous les boinmes d6sirent nalurellement la sagesse, mais il y en a peu qui I'obtiennent effecti- Tement pendant un seul moment, ou m6me pendant un moindre espace de temps, s'il y en peut avoir; car si quelqu'un la poss6dait duraut cet inlervalle plus court qu'un moment, il la poss^derait sans doute tout enliere, parce qu'il n'y a point en elle de plus ni de moins. Elle est en elle-mfime, et en tous ceux a qui elle se d6couvre. C'est Dieu mfime qui est la sagesse, et nous n'entrons en la jouissance de Dieu qu'a proportion de la connaissance que nous avons de la sagesse qui nous fait ainsi trouver Dieu en Dieu et nous rencontrer nous-memes en lui.

Le neuvifeme fruit de I'Eucharistie, c'est I'all^gresse conlinuelle de I'ame. « L'esprit content, la conscience satisfaite, dit le Sage, est comme un banquet continuel ; » parce qu'une conscience pure, qui n'est souill6e par le m61ange impur

d'aucune creature, remplit le coeur d'une joie parfaite. Celui dans qui elle est se trouve joyeux dans la privation comme dans I'abondance, dans la disgrace comme dans le bonheur, et ses entrailles s'6panouissent de joie dans le Dieu vivant ; il est assur6 de changer dans une paix 6ternelle et inalterable toules les afflictions qui lui arrivent, et il goute m6me par anticipation ce plaisir ineffable dont il jouira dans la vie bienheureuse, sans crainte de le perdre. Plus cet avant-gout des d61ices du ciel sera frequent et abondant en cette personne, plus sa beatitude en sera accomplie; et il est certain qu'il poss6dera en cette vie et dans le sifecle a venir toutes les perfections divines, avec d'autant plus d'abondance, qu'il aura eu dans celui-ci le coeur plus pur et plus sincere. Certes, quand on amasserait ensemble tout ce que Dieu a jamais donn6 de joie a toutes les creatures, ce ne serait rien en comparaison du moindre sentiment d'all6gresse qu'on 6prouve dans cetavant-goilt de la vie 6ternelle.

Enfin, lorsque I'homme est assur6 d'etre dans cette vie immuable qui est Dieu m^me, qu'il s'y conforme et s'y rende semblable selon son pouvoir, dans le degr6 supreme de toute la perfection : c'est alors seulement qu'il est arriv6 an meilleur ^tat 0(1 Ton puisse 6lre d6s ce monde,

se trouvant dans une si sainte et si heureuse disposition envers ce bien souveraineraent estimable, qui n'est autre que Dieu. Et c'est la un bonheur qui n'est jamais interrompu dans les gens de bien : la majesty du Seigneur est sur leur langue comme un rayon de miel ; elle est dans leurs oreilles comme un concert d'instrumenis harmonieux, et dans leur coeur comme un transport de joie ineffable et un inalterable ravissement. Toutes les creatures ensemble ne pourraient pas douner pour un moment cette sublime perfection et celle joie indicible que Tame pure ressent de la presence adorable de Dieu tout bon et tout-puissant dans TEucharistie.

Le dixifeme fruit de ce Sacremenl est une certitude et une securit6 bienheureuse. II y a trois scries de certitudes. La premiere vient de la foi, qui nous fait croire des choses enti^rement inconnues a nos sens; et cette verlu surnaturelle rend tous les gens de bien certains et convaincus de la v6rit6 par la force de cette m6me v6rit6 qu'elle embrasse. Toutes choses sont possibles a celui qui croit, et nous sommes exauc^s dans nos pri6res suivant la mesure de notre fol. II est certain que c'est par la force de cette vertu que tous les Saints ont fait les prodiges et les merveilles que nous apprenons qu'ils ont op^r6s ; mais pour notre Sauveur, il op6rait toutes ses ceuvres

merveilleuses par Tefficace de la V6ril6, qui n'est autre que lui-m6me. Autant avons-nous de foi, autanl agissons-nous efficacement par cetle foi; et autanl il se trouve en nous de v6ril6, autant d'oeuvres faisons-nous par sa verlu. La seconde vient d'une r6v61ation veritable des choses futures qui se fait a I'esprit. II y a des personnes a qui il n'arrive presque jamais rien dont elles n'aient auparavant un pressentiment dans leur coeur. C'est, a la Y6rit6, un avantage, inais ce n'est pas le plus grand de tous : car rid6e des choses qu'elles conuaissent est comme une esp6ce de milieu et de separation entre Dieu et elles. La troisifeme certitude appartient a la vie 6ternelle, el a cetle f61icite que toules les creatures raisonnables et bienheureuses poss6dent par la continuelle jouissance d'un bien qui, 6tant Dieu mSme, est sa propre b6alitude et celle aussi de toules les creatures dont il est le Dieu. Cetle certitude ne s'acquiert que dans la plus haute connaissance et le plus parfail amour de Dieu, et dans la plus eiroite union avec lui. Ceux qui I'ont une fois oblenue peuvent dire hardiment avec I'Apdtre : « Je suis assure que ni la raort, ni la vie, ni quoi que ce puisse etre au monde, ne me pourra jamais s^parer de I'amour de Dieu. » Or personne ne peul m6iiter par soi-m6me ce don excellent, el lout le m6rite m6me do tous

les hommes ensemble ne serai t pas capable de le procurer a une seule personne. C'est une faveur qui ne se fait qu'a ceux que Dieu a ciioisis pour cela de toule 6ternit6, et qui sont dans le d6tacheraent d'eux-m6mes et de loutes choses. Elle commence dans cette vie, et continue dans la suite infinie de tous les siecles.

Le onzi^me fruit de TEucharistie est une paix. parfaite qui commence ici dans les Elus, et qui durera 6ternellement dans le Ciel. Tout homme de bien devrait jouir d'une triple paix : la premiere avec le prochain; car celui-Ia n'aura jamais la paix avec Dieu, qui ne I'aura pas avec son fr^re aulant qu'il sera en son pouvoir. Le Seigneur m6me, le cr6ateur de toutes choses, observait une si grande concorde et une si parfaite correspondance avec ses disciples, qu'ils ne souhaitaient rien davantage que de pouvoir toujours demeurer auprfes de lui. 11 faut que cet exemple nous apprenne a rivre de telle sorte, que tous ceux avec qui nous vivons soient bien aisesd'avoir notre compagnie. Au reste, quoique ce soit un bien de conserver la paix a regard de nos semblables, il n'est pas n^anmoins tres considerable, car il est fort naturel a la ressemblance de causer la paix. Mais de I'entretenir avec nos ennemis et ceux qui nous sont opposes de sentiment, comma il n'y a que le seul amour

de la Divinity qui le puisse faire, on ne doit point douter que ce ne soit une vertu Ir^s rare et tr6s excellente. La seconde est la paix d'une conscience pure, qui jouit au dedans et au dehors d'un repos continuel : or, la puret6 de la conscience consiste dans I'union et I'accord mutuel de Dieu et de I'liomme. Deux choses conservent riiomme dans cette paix et dans ce repos : la premiere, c'est la fuite perp6tuelle de tout ce qui est contraire a Dieu et a la conscience, soit grand, soit petit. La seconde est I'usage et I'exercice continuel de tout ce qui regarde I'honneur de Dieu et I'utilitS du prochain et de Tfiglise, a quoi chacun doit travailler suivant sa vocation, conform6ment a son 6tatet dans son ordre : car tout ce qui se fait avec ordre et mesure est loujours louable, et, quelque petite que soit une action, si on la fait dans I'ordre et de la mani^re qu'il faut, elle apportera toujours du repos au dec^ns et au dehors, soit qu'on s'en aperQoive ou qu'on ne s'en aper^oive pas. La troisi6me sorte de paix est un enlier 61oigneinent de tons vices et de tons p6ch6s. Pour la poss6der, il faut (5tre dans I'heureuse irapuissance de nuire a personne, et de recevoir aucun dommage par qui quece soit. Prenant la paix en ce sens, il n'y a que Dieu seul qui jouisse de cette paix, et plus rhomme se rend semblable a lui en Timilant,

plus il oblient par grace ce que le Seigneur possfede par nature. C'est ainsi qu'on acquiert heureusement cette paix 6ternelle qui est Dieu.

Le (louzi6me et dernier fruit de I'Eucharistie, c'est I'union inseparable de I'Sme et de Dieu. L'eflfet de cette admirable union est defaireparticiper I'ame a toutes les perfections divines, et de la remplir si abondamment de toutes ces richesses qui sont Dieu m6me, qu'elle ne soit plus touch6e du d6sir d'aucune autre chose, poss^dant dans cette union bienheureuse tout ce qu'elle aime, c'est-a-dire Dieu, et toutes choses en lui. Cette union de I'ame avec Dieu est comme I'heureux commencement de la beatitude dont elle jouira a jamais lorsque, 6tant au-dessus des choses temporelies, elle poss6dera Dieu 6ternellement dans la gloire ; de m6me que cette union si merveilleuse renferme tout ce que les creatures raisonnables poss6deront de perfection dans leur 6ternelle felicity. EnOn I'ame, ainsi unie a son Dieu dans cette vie passag^re, y revolt d6ja quelque goilt de la grace, pr6cieux commencement de ce noeud divin qui la doit lier heureusement avec le Seigneur dans reternite de son r6gne. Tons les hommes ensemble ne pourraient pas expliquer pleinement par leurs paroles et par leurs Merits I'utilite, les avantages et les d61ices ineffables que I'ame sainle trouve en recevant dignement le

Corps du Seigneur. II faut prier ardemment la divine Mis^ricorde, avant et aprfes la communion, de nous faire la grace d'en recevoir tous les fruits.

Atertissement.

Chapitre ler. — De renormite da pechd, et comment on peat s'unir h Diea saintement par une veritable et sincere penitence 1

Chap. II. — Le mal que nous font les p6ch6s veniels, et de quelle mani^re nous les pouvons 6Titer 19

Chap. III. — De deax fonds qui sont en nous, Tun bon et I'autre mauvais, et comment nous devons veiller perpetuellement sur le mauvais fond pour le connaitre, atin de lui r^sister et de le d^truire 23

Chap. IV. — De I'abaissement, de la patience, de la resignation, do I'homme mortifie, des marques qu'il doit avoir en lui-meme pour n'etre point abuse 35

Chap. V. — Des obstacles it notre avancement spirituel, et des moyens, au contraire, qui nous conduisent k une haute perfection 49

Chap. VI. — De la racine et de I'encbainement

des vertus et des vices 57

Chap. VII. — De la manifere dont nous devons retourner i notre premiere . origine, qui est Dieu, et comment nous devons surmonter nos d6faats 61

Ckap. VIII. — De la manifere dont on doit user des dons de Dieu ; du recouvrement de la grdce, et de la simplicity tonte nae de la foi. 69

Chap. IX. — Comment nous pouvons acquerir et pratiqner la vraie humilit6 et la charite parfaite, et de quelle mani^re nous pouvons connaltre entiferement la bonte de Dieu et notre malice "^^

Chap. X. — Continuation du mfime sujet. ... 92

Chap. XI. — De la patience et de la resignation exterieure dans toute sorte d'adversit^s et de tentations 99

Chap. XII. — De la parfaite resignation interieure de I'ame, et du transport par lequel I'esprit s'abime tout en Dieu, et devient une meme chose avec lui au moyen d'une pauvrete ▼6ritable, et de profonds sentiments de m^pris pour soi-meme 123

Chap. XIII. — De I'obeissance qui est due ^ Dieu, aux 8up6rieurs, et g^neralement k tout le monde ; I'eloge de cette vertu, et manifere de racqu6rir et de la pratiqner 138

Chap. XIV. — Du renoncement k la propre volonte -, de I'usage des choses de la terre ; comment nous devons etre pauvres d'esprit, et produire toutes nos actions ext6rieures par un principe de saintete et de vertu 149

Chap. XV. — De la patience que nous devons avoir dans toutes nos afllictions, A I'exemple de J^sus-Christ et de tons les saints. . . . 164 Chap. XVI. — Du degageraent int6rieur qui nous unit i Dieu, et qui nous tient toujours devant lui en tout lieu et en toutes nos actions. . . 174

Chap. XVII. — Le moyen de faire toutes nos actions de la mani6re la plus parfaite, atin de ne trouver dans nous, en quelquo lieu que ce soit, aucnn obstacle en ce que nous faisons 188

TABLE DES HATIERES. 389

Chap. XVIII. — Qu'il n'y a rien d'impossible k la volonte hamaine, lorsqae, etant unie k la Yolonte divine, elle ne cherche que Dieu seal en toates choses. De la consolation interieare et da d^laissement 194

Chap. XIX. — Comment nous devons soutenir I'attaqae des vices, et noas defendre de la teatation 210

Cbap. XX. — Comment il faut rendre grdces k Diea de ce qu'il nous a non seulement pardonne nos p^ches, mais encore de ce qa'il nous a preserves de plusieurs vices, et comment noas devons retoarner ^ lui par la doaleur et par la contrition 214

Chap. XXI. — Qae ceax qui ne peavent pas mener une vie austere ne doivent pas juger poor cela qa'ils sont eloignes ou separes de Dieu ; mais qu'ils doivent imiter Jesus-Christ dans toutes ses vertus et dans sa charite parfaite. . . . 223

Chap. XXII. — Comment nous devons rednire toutes nos puissances sons le joug de J^sus- Christ, faire toutes nos actions bamblement et avec resignation en lui et par lui, et nous comporter dans les dons qu'il nous fait et dans les visites qu'il noas rend 230

Chap. XXIII. — Comment nous devons faire en Dieu nos actions eiterieures, revenir & lai sans cesse, et nous y arreter par un bumble renoncement de toates choses 243

Chap. XXIV. — Comment noas devons Stre anis k J^sus-Christ, et ne nous entretenir que des choses du ciel 251

Chap. XXV. — Du but de touts la perfection, laquelle consiste t unir I'^me et toates ses paissances avec Dieu 256

390 TABLE DES MATiERES.

Chap. XXVI. — Abr6ge des Institations de Tauler, renferme en trois points. Comment nous devons nous quitter nous-meme, pour nous donner parfaiteraent Si Dieu 262

Chap. XXVII. — L'ordre qu'il faut tenir dans le commencement et dans le progres de la vie spirituelle. Comment il faut parler k propos et garder le silence 272

Chap. XXVIII. — Combien nous devons etre d6gages, tranquilles, purs et vides de nous-memes, afin que Dieu pnisse agir dans notre S.me, et quels progrfes nous pouvons faire i chaque moment 279

Chap. XXIX. — De la Passion du Seigneur, et de

quelques autres exercices de piete 292

Chap. XXX. — De la distinction des puissances de r5.me et de lenr application k Dieu, et comment chacun doit suivre sa vocation. . . , 296

Chap. XXXI. — Les raisons pour lesqnelles il faut

aimer ses ennemis 303

Chap. XXXII. — De la pauvret6 dans les choses temporelles, dans celles du corps, dans celles de r&me et de Tesprit, et de la mortification parfaite 310

Chap. XXXIII. — Comment il faut nous exercer jour et nuit pour faire naitre et agir en nous J68us-Christ. Des cinq dons de Dieu que Ton obtient par cet eiercice, et des ailes des Seraphins dont il est parle dans Isaie .... 314

Chap. XXXIV. — Comment nous devons chercher Dieu en notre Ame, y remarquer sa pr6sence et nous confier en lui. — Quelques observations sur I'esprit humain 325

Chap. XXXV, — Des pens^es sur lesquelles nous devons m^diter, et le moyen de parvenir & la

veritable pauvrete d'esprit, en rejetant tontes les images qni servent de mati^re k nos meditations 338

Chap. XXXVI. — Comment on pent connaitre si la propre volont6 est enliferement d6truite et transformde en celle de Dieu 343

Chap. XXXVII. — Combien les amis secrets de Dieu sont utiles et font de fruits dans ce monde ; le moyen de les connaitre 346

Chap. XXXVIII. — De la preparation pour recevoir dignement I'Eucharistie, les grdces et les avantagesqu'ellerenferme 352

Chap. XXXIX. — Douze grands et ineffables dons que la misericode divine accorde ^ ceux qui communient dignement 362

SSSAMgUN. — lUPBIMERlE JACQUIN.

BV 5080 .T3714 1909

snc

Tauler, Johannes, ca.

Tauler : re) igieux d( AYX-5907 (mcih) ~

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