LES PATRIES DES SOLDATS AU IT SIÈCLE
Le caractère le plus frappant du recrutement au n° siècle c’est qu'il reste, non plus strictement macédonien, mais encore quasi-national. Les #42 d'Égypte lui fournissent un appoint. La Macédoine, pour une part qu'il n’est pas possible de déterminer précisément, mais qui est importante, y concourt; les Macédoniens ont émigré dans tout le monde gréco-oriental pendant le ii° siècle et surtout au début; les peuples et les villes de Thrace et de Thessalie qui donnaient déjà des soldats à Philippe ont pris part à ce mouvement et ont servi en nombre dans l’armée ptolémaïque; les Thraces deviendront même au 11° sièele, avec les Galates, les populations militaires par excellence du monde hellénistique. Les relations des Lagides avec ces régions sont particulièrement suivies et étroites au m° siècle; après 240, Evergète possède la côte de Thraceet l'Hellespont; la domination égyptienne s'étend en Thrace jusqu'à Maronée et même plus loin'; le pays est organisé en stratégie”; il est probable qu'en 202-1 la Thrace appartenait encore à l'Égypte, lorsque Philippe V l'envahit*. Des rapports de l'Égypte avec la Thessalie et les autres régions voisines de la Macédoine et de la Thrace ou avec les cités grecques en particulier, on ne sait rien; ce sont évidemment leurs relations traditionnelles avec la race macédonienne et la politique égyptienne en Thrace qui ont attiré leurs habitants au service des Lagides.
La présence de soldats originaires de la Cyrénaïque est une conséquence de la conquête de Cyrène par Ptolémée en 322. Mai soumise d’abord, puis ouvertement révoltée en 313, reprise par les Égyptiens, de nouveau séparée de l'Égypte l’année suivante par la défection de son gouverneur Ophellas, elle est reconquise en 308-7 par Magas, beau-fils de Ptolémée; il en devient le vice-roi, peu fidèle à Philadelphe d'ailleurs, et le pays n’est définitivement réuni à l'Égypte qu’en 246, à l'avènement
de Beroou, Gr. Gesch. II?, pp. 248-286; sur leur politique extérieure, Boucué- Leccerco, t. L et 11, pussim. Cf. les rapprochements faits par P. M. Meyer, pp. 9 sqq.