‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 116 sur 332 · LES PATRIES DES SOLDATS AU IH SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES PATRIES DES SOLDATS AU IH SIÈCLE

de cette Cœlé-Syrie, éternel sujet de discorde entre les Lagides et les Séleucides, conquise et reconquise par les uns et les autres, et perdue en 201 par les Ptolémées; en dépit des légendes judaïques, elle fut bien traitée par eux et semble leur avoir été attachée’; de nombreux Juifs furent transportés en sgvpte par Ptolémée après Gaza (312); les uns furent installés dans les garnisons de la ywp2, les autres contribuèrent à peupler Alexandrie, où ils formèrent un élément pondérateur au milieu d’une population turbulente; la communauté juive, régie par son ethnarque, y fut autonome ; aussi les soldats israélites peuvent-ils être originaires’ de l'Égypte comme de la Palestine *.

Ainsi peut s'expliquer l’origine des soldats du 1° sièele. Les résultats statistiques prennent plus d'importance si l’on distingue les réguliers des mercenaires ; mais alors le nombre de soldats à considérer diminue : il n’y à pas un seul soldat nominativement connu avec son origine, qui soit assurément mercenaire; 32 soldats sur 129 ne peuvent être classés; enfin 51 rñs imyovic, fils de réguliers ou de mercenaires ? on ne sait, devraient tous être laissés de ce côté, s’il n’y avait parmi eux 24 fils de soldats originaires de Macédoine ou des réxex d'Égypte, c'est-à-dire 24 fils de réguliers ; il reste donc 70 noms et origines de réguliers qui se répartissent de la façon suivante :

Égypte et États du Nord. . 60 soldats sur 70

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L'armée régulière, plus encore que l’armée en général et pour des raisons identiques, se recrute donc surtout en Egypte

1. In, ibid. pp. 32-3, 40, 49, 150, 260, 311. 2, Cf. ch. Il, p. 46, n, 1; et sur la communauté juive d'Alexandrie : Boucué- LecLercO, IT, 148-151,

et dans les États du Nord de la Grèce ‘. Sans doute il ne faut pas attacher une importance exagérée aux chiffres obtenus cidessus ; ils ne doivent pas donner aux résultats de cette étude une rigueur mathématique qui serait toute d'apparence ; les noms et origines considérés ne sont pas en assez grand nombre pour que les conclusions qu’on tire de cette statistique soient assurées. Néanmoins, la disproportion qu’on remarque entre le nombre des soldats fournis par le groupe égypto-macédonien et par les autres, ne peut être tenue pour l'effet du hasard. Si l’armée régulière se recrute avant tout parmi les Macédoniens et les peuples vassaux de la Macédoine depuis Philippe et Alexandre, c'est une conséquence évidente de l’origine de la dynastie lagide. Peut-être même, s’il y avait de nombreuses demandes d'engagement, l'administration militaire accordaitelle une préférence aux hommes originaires de la Macédoine et des États du Nord. Cette hypothèse est vraisemblable, étant donné le caractère nettement macédonien de la monarchie lagide pendant les trois premiers règnes. Les Ptolémées acceptent d’autres soldats que des citoyens dans l’armée régulière, mais ils lui conservent le plus possible son caractère national. Aussi l’appellation de Maxedéves, donnée à l’ensemble des corps réguliers, est-elle en somme plus voisine de la réalité qu'on pourrait le supposer dans une armée recrutée par engagements volontaires.

IT LE RECRUTEMENT AU Il° SIÈCLE

Si l’on veut établir pour le 11° sièele une statistique ethnique selon la méthode employée ci-dessus, on se heurte à deux difficultés : le nombre de soldats dont la patrie est connue est

4. Si l'on mettait de côté les 8 Maxsôoves classés a priori parmi les réguliers et

les 7 rc émtyovñe qui portent le même ethnique, il ne resterait plus à considérer que ©5 noms et origines, dont 21 seulement dans le premier groupe ethnique.

moindre qu'au m° siècle; et une question préjudicielle se pose, celle de la valeur des ethniques. Le cas d’Asclépiadès et de Théotimos montre qu'on ne peut tenir certains d'entre eux pour réels à partir de 145 av. J.-C. au moins et peut-être dès le règne (le Philopator. Maïs tous sont-ils suspects? Deux doivent, du fait même des mutations d'Asclépiadès et de Théotimos, être considérés comme des pseudo-ethniques, ceux de Crétois et de Mysien; ilen est sans doute de même de celui de Perse, et ce ne sont pas probablement les seuls. Ces pseudo-ethniques ont en eflet un caractère militaire. Ce n'est pas à dire qu'ils indiquent des corps ou détachements; on les à comparés‘ aux mots : houzards, zouaves, etc., dans le vocabulaire militaire français; ethniques à l’origine, ils auraient fini par ne plus avoir qu'une valeur technique et par ne désigner qu'un armement et une tactique; c’est le fait dont on à vu plus haut un exemple dans les hipparchies de la cavalerie légère; mais tel n’est pas le caractère des pseudo-ethniques du 11° siècle : sans insister sur ce fait qu'ils sont personnels aux individus, au contraire des ethniques des hipparchies, ils n’ont aucun rapport avec l’affectation à un corps quelconque de l’armée; les soldats qui les portent sont rangés dans des hipparchies numérotées; et dans la même hipparchie se rencontrent à la fois des Perses, des Macédoniens et des Crétois”; l’ethnique fictif n'indique pas que le soldat appartient à un corps militaire pseudo national. Il n’en est pas moins vrai que les populations dont les noms ont été employés comme pseudo-ethniques ont joué dans l'histoire militaire du monde hellénique un rôle considérable : les Mysiens, célèbres par leur cavalerie, ont donné leur nom à une hipparchie de cavalerie légère’; les Crétois ont dû la gloire militaire à leur arme nationale, l’are. Le choix des pseudoethniques ne paraît donc pas être l'œuvre du hasard, ou, s'ils ont été moins choisis qu'imposés par l'usage et la tradition,

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