‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 135 sur 332 · Ch. IV, pp · texte numérisé non relu

Ch. IV, pp

vient Crétois, deux autres soldats de la même hipparchie, postérieurs à lui, mais contemporains l’un de l’autre, sont l’un Perse et l’autre Macédonien; et d’une manière générale, la composition ethnique des hipparchies régulières est très mélangée. Le rohrzvu des Crétois, qui fournit des soldats à un corps numéroté, ne se confond pas avec le corps militaire à nom ethnique dont on voudrait le faire procéder. D’autre part, des subdivisions véritablement nationales, ou ne comptant dans leurs rangs qu’une infime minorité d'étrangers, peuvent sans doute se doubler d’un xevè politique et religieux; mais leur existence, très compréhensible quand il s’agit de mercenaires, s’expliquerait difficilement dans un corps d’effectif aussi faible qu’une hipparchie de l’armée régulière. En troisième lieu, l’ethnique du rohrevux devient probablement celui du soldat qui en fait partie, et Asclèpiadès s'appelle Koñs, vs € imrapylas après son entrée dans l'association. Il est encore moins vraisemblable alors qu'un rohrevve du 11° siècle dérive d’un corps à ethnique du ne siècle; dès le 11° siècle, la composition de ces corps n’est que pseudo-ethnique; et la pseudo-nationalité du corps ne remplace pas la nationalité réelle du soldat’. L'évolution de ces corps du m° siècle a été l’inverse de celle qu'implique cette hypothèse : bien loin que leur ethnique se soit substitué à l’ethnique personnel des soldats, il semble que, nationaux à l’origine, ils soient devenus progressivement pseudo-nationaux et qu'il y soit entré chaque jour plus de soldats portant des ethniques différents du leur; les premiers corps r5v Opoarxdv, rüv Oeosx@v, par exemple, étaient probablement formés uniquement de Thraces ou de Thessaliens, et l’on n’y trouvait sans doute pas d’autre qualification que ObùË, ris Tüv Oparxoy itrapyiac, — Oesoadc, rs Tôv Oecsakdv inrspyias; mais, dès l’époque d’Evergète Ier, il n’y a plus de concordance entre l’ethnique du corps et l’ethnique des soldats, à plus forte raison au milieu et dans la seconde moitié du 11° siècle. Ce n’est done pas le corps qui

1. Cf. App. I : liste des clérouques, uit siècle. 20P-R Pere?

LES roMrteüyatx PSEUDO-ETHNIQUES 149

pourrait donner au soldat sa nationalité fictive; et si le roxireuue était identique au corps, son ethnique n’expliquerait pas le pseudo-ethnique des individus. Enfin les hipparchies à ethniques ont probablement été numérotées au n° siècle‘. Pour ces différentes raisons, le ronreuua rüv Kontüy ne doit pas être considéré comme un corps; et si vers 145 avant J.-C. 500 hommes, parmi lesquels Asclèpiadès, sont attribués à cette association par le gouvernement royal, ce ne sont pas là des recrues enrôlées dans une seule et même unité.

Il paraît plus vraisemblable de supposer que ce sont de nouveaux compatriotes donnés, quelle que soit leur origine, aux membres d’une association ethnique. Ce fait est analogue à ce qui se passe dans les xowx, surtout dans ceux qui s’intitulent officiellement : xowov rüv N. xat üy suurotevouévuy®; l’intervention de l’État mise à part, il n’y a là rien que d’habituel. Cette entrée dans un groupement ethnique peut modifier la condition du nouveau membre : il prend part désormais à un culte qui n’était peut-être pas le sien antérieurement; et surtout ses intérêts sont considérés comme identiques à ceux des nationaux auxquels il est associé; l’association lui recrée une patrie; son origine cesse d'importer; membre d’un roxreuux de Crétois, il est Crétois. L'association à un rozsuus ou à un xavèv différent de l’origine réelle est un changement de patrie, une naturalisation; et il est infiniment probable, que, des 500 hommes attribués vers 145 au zroXzevux des Crétois, aucun n’était Crétois; Asclèpiadès, tout au moins, est Macédonien; et si les autres étaient réellement des Crétois, quelle nécessité y aurait-il qu’ils soient en bloc irixeywpquéver rüt rohktseiuar rüv Konrüv? pourquoi l’épistate et scribe des cavaliers catæques enverrait-il l’un d’eux, comme les autres vraisemblablement, aux chefs rooycrprshivrec dro toù rokreüuatos ? d'eux-mêmes, et individuellement, ils entreraient dans l’association formée par leurs compatriotes; en réalité, nous sommes ici en présence d’une naturalisation de

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