Cf. ci-dessus, p. 144, n
500 individus, faite par l'État: les naturalisés sont envoyés devant les chefs du rohreuux qui sont comme les magistrats de leur nouvelle patrie. Cette naturalisation entraîne vraisemblablement un changement d’ethnique et c’est sans doute ainsi que Théotimos, fils de Phyléas, Perse, est devenu Mysien. Le roxirevu apparaît donc comme une institution utilisée par l'État pour des naturalisations de soldats; et la condition ethnique de certains individus a pu être ainsi modifiée par leur entrée dans l’armée.
Quel intérêt l’État trouvait-il à ces naturalisations ? et de qui changeait-il la nationalité par l'intermédiaire du reXrevya ? On ne voit pas bien pourquoi Asclèpiadès, qui était Macédonien, est fait Crétois, ni pourquoi Théotimos de Perse devient Mysien; peut-être y avait-il là des convenances d'ordre militaire; ce point nous échappe. Mais, ce qui est sûr, c’est que l’entrée dans le rokreoux ne pouvait servir à personne plus qu’à des indigènes entrant dans l’armée régulière. Et peut-être a-t-elle eu pour but de donner à certains soldats qui ne l’avaient pas la nationalité nécessaire pour servir dans les corps réguliers, tel le Marôn des papyrus de Tebtunis'. A une époque où le droit de cité eût été nécessaire en principe pour servir dans l’armée régulière, on l’eût donné à l’indigène par une fiction quelconque; sous les Lagides, alors que la race seule importe, c’est une origine ethnique fictive qu’on doit lui attribuer, s’il faut le qualifier pour le service. Le groupement ethnique, qui est un groupement de fait dans le pays d’origine, prend dans un État étranger la forme d'associations nationales, xaw% ou rontreÿpara; pour faire d’un indigène un non-indigène, il était nécessaire, et il suffisait, de l’associer au xe:vèv ou au rokireuux d’un peuple qualifié pour le service dans les corps réguliers. C’est à quoi à sans doute pu servir le roAreusa rüv Konrüv. Ce n’est pas à dire que tous les roaziuzrx, qui ont existé dans l'Égypte ptolémaïque, aient été employés à cet usage, ni même que le roxtrevue des Crétois ait été fondé dans ce but; il fut probablement
1, Ch. IV, pp. 126-7.
LES ToArteisata PSEUDO-ETHNIQUES 151
comme les associations helléniques en général une institution spontanée; dans la suite les Lagides y firent entrer des indigènes afin de leur donner une qualification ethnique pour le service. Par là, le roMxzeuux militaire se rapproche des rouxeiuara d'étrangers domiciliés dans les villes hellénistiques; c’est bien une sorte d’isonomie qu’il confère à ses membres indigènes: non pas qu'ils jouissent de droits politiques plus que leurs camarades non-citoyens, mais ils peuvent ainsi entrer comme eux et comme les citoyens dans l’armée régulière, réservée en principe à la race conquérante, et faire partie des orparevémevor "IE? Navec'.
Quelque opinion qu’on professe sur le rôle du roxirevux en ce qui concerne les indigènes entrant dans l’armée régulière, il reste que cette association, telle que la fait connaître le papyrus 32 de Tebtunis, ne peut être tenue pour une subdivision militaire; elle apparaît bien plutôt comme un groupement pseudo-ethnique, qui donne à des soldats une patrie fictive. Si l’on admet cette définition, il devient possible d'expliquer l’existence d’une catégorie militaire, qui a jusqu'ici dérouté les historiens : les IT£65x*. Ces Perses sont généralement considérés comme une classe héréditaire de soldats obligés au service actif permanent, ce qui soulève bien des difficultés. Ces difficultés semblent disparaître, si l’on voit dans l’ethnique des Perses, au
4. Peut-être ces nokreÿuuta n'étaient-ils pas sans relation étroite avec les mékec. Le fait n’est nullement établi, ni même soupçonné en Égypte; mais on peut citer l'exemple du xosvov Ilavauapéwy qui formait un dème de la cité de Stratonicée et conférait le droit de cité, même à des Stratonicéens ; il est vrai qu'il s'agit là d'anciennes bourgades indigènes, transformées en dèmes, non d'associations de fondation récente. (B. C. H., XXVIII [1904], pp. 345-63, n°s 4, 5 et 6, Cousin et Hozceaux). Si un cas semblable s'était présenté en Égypte, on s'expliquerait peut-être que Dryton, f. de Pamphilos, fût à la fois Kphs comme membre d’un nohirevua et Piwrpesos en tant que membre du rokireuux considéré comme dème; cf. ci-dessus, p. 142, n. 1.
2. P. M. Meyer, pp. 82 sqq. (très peu sûr), dont la critique a été faite par SuaugarT, Archiv, p. 154; ScauBarT, pp. 28 sqq., ne traite que des Ilépout ras émiyovhc, qui lui paraissent différer des autres rnç ér:yovñc, en ce qu'ils restent rc émyoväc leur vie durant; mais sur cette différence, cf. plus haut, chap. Il, pp. 60 sqq. Boucné-LecLerco, pp. 36 sqq., a d’ailleurs donné des difficultés que présentent les explications proposées un exposé qui dispense de revenir sur la critique négative de la question.
1° siècle, un pseudo-ethnique, dû à leur association à un roxfreupe.
Il y a lieu tout d’abord, semble-t-il, de maintenir la distinction entre les qualifications [l£épons et Ilépons 1ñs émyovñs'; la première n’est pas toujours une abréviation de la seconde; il y a des Perses qui ne font pas partie des rÿs ryev, qui sont soldats, rûs € inrapyiac", tüv iobogéows ixréwy*, où prêtres ou qui exercent n'importe quelle profession”; il y en a d’autres qui sont rc érryovie, c’est-à-dire fils de clérouques. Ce dernier point ne fait pas de difficulté; bien d’autres nationalités sont représentées parmi les fils de clérouques ; seulement le nombre des +%ç ëruyovñs portant l’ethnique Ilépsns est très considérable au n° siècle par rapport à ces autres nationalités ; mais c’est, on le verra, un fait explicable.
Il faut donc ne considérer l’ethnique Ilépsrs qu’en lui-même. A en juger par analogie avec d’autres, il est réel au 11° siècle et il peut être fictif au 11°. Sans doute il y a eu à la fin du règne d'Evergète une hipparchie r&v Ilsosüy; mais on sait que dans ces corps de cavalerie légère, les soldats conservent leur origo individuelle’; quand un soldat du 11° siècle se dit IT£pore, c’est un nouvel immigrant ou le descendant d’une famille réellement iranienne ou asiatique‘. Mais il n’y a pas à se demander comment on pourrait expliquer l'existence d’un corps de soldats perses à cette époque; elle n’est pas établie‘; le seul point
1. Contrairement à l'opinion de Boucaé-LecLerco, p. 36, n. 2. Sans doute, Iéoons peut être parfois employé par négligence pour Iléponc, tñc émyovac (cf. App. Il, ie siècle, IT£p5x, dans les notes); mais il y a entre les deux expressions la même différence qu'entre Maxedov et Muxedby, the émyovne, — Muodc, et Muodc, TA éntyovhs, etc., et dans la seconde il faut expliquer 1° l’ethnique et 2° l'expression rc émyovñc; Cf. ch. IL, p. 52, n. 3.
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