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Cf. App. I : liste des clérouques du rrre siècle

176 LES CLÉROUCHIES

La catégorie clérouchique où doit entrer le soldat, autrement dit la contenance de la tenure qu’il doit recevoir, est donc déterminée d’abord par sa nationalité : les indigènes reçoivent uniformément 5 aroures, les non-indigènes plus de 5 aroures; ensuite par son arme : la cavalerie est comme l’arme noble, le cavalier reçoit 70 et 100 aroures, tandis que le fantassin n’a droit qu’à 30 aroures, et seule l'infanterie de la garde, l’éynuz, corps d'élite, est considérée comme égale à la grosse cavalerie régulière; enfin par l'importance tactique du corps : la cavalerie légère est dotée de 70 aroures, la grosse cavalerie de 100. Les catégories clérouchiques du rm‘ siècle s’expliquent donc uniquement par des raisons militaires ; l'importance de la dotation du clérouque est déterminée par l’estime où est tenu le corps auquel il appartient; l’armée régulière l'emporte sur l’armée indigène, la cavalerie sur l'infanterie, la grosse cavalerie sur la cavalerie légère, la garde sur les troupes ordinaires. Aussi peut-on suppléer en partie aux lacunes du tableau ci-dessus. Il y manque en effet : 4° les gradés, qui se donnent seulement le titre de xAnpoüyocs'; 29 Les irmeis mept tv abAñv*: 30 les puo)ooépot xAnocüyot *. On ignore la contenance de leurs tenures; il est vraisemblable que celles des gradés atteignaient des chiffres variables, mais supérieurs à la dotation des soldats de leur corps"; les irrsis mept tv abknv devaient recevoir plus de 100 aroures; quant aux clérouques mercenaires, leurs lots étaient inférieurs à ceux des réguliers et peut-être égaux à 25 aroures dans l’infanterie*.

Au n° siècle, des changements se sont produits dans les catégories clérouchiques. On s’en rendra compte en dressant pour cette époque des tableaux semblables à ceux qui précèdent. Les catégories sont alors :

1. E. g. : P. Petr. IUT, 2, 11. 1-2; 14, 1. 45-16 : 12, 11-18, etc. ; et App. I, n° siècle. 2. On n’en connaît aucun parmi les clérouques.

3. P. Pet. IIf, 112 (g), sans indication de la contenance de leurs tenures.

4. Cette vue est confirmée par un papyrus de Lille encore inédit.

5. Cf. p. 175, n. 4. Mais le chiffre semble élevé pour des fantassins non réguliers.

“Exarovtépoupor (b&) ou possesseurs de 100 aroures "Oydonnorrdpoupot (rK) — 80 — T'oraxovrdpouoot (xx) 30 Eïxocumevräpoupor (xeX) — 25 — Eïxostdpoupor (xX) — 20 — Aex%poupor (LR) — 10 : — “Errépoupor (Ex) 2 (ARE [Levrdpovupor (:X) — D —

Comparé à la liste correspondante pour le 11° siècle, ce tableau présente deux différences importantes : les possesseurs de 70 aroures sont remplacés par les possesseurs de 80 aroures ; et les tenures inférieures à 30 aroures se multiplient. On peut préciser dans une certaine mesure la date de ces deux modifications. La plus ancienne paraît être la multiplication des catégories clérouchiques : sans doute on ne connaît pas de possesseurs de 20 aroures avant l’an 41 d'Evergète IT (130-129 a. C.)‘; mais il y a des érikexror et des péypa dotés de 7 aroures dès l’an 6 de Philométor (176-5 a. C.)°; des possesseurs de 10 aroures existent sous Epiphane* et les ëmihexro dès le règne de Philopator‘; de plus, on verra que les possesseurs de 25 aroures sont des éphodes, des policiers; la pratique de les installer en clérouchies remonte au moins au règne de Philométor‘; et un autre policier, un cherséphippos, qui leur est à peine supérieur, est doté d’un x\ñpos sous Philopator”. Il semble donc bien que la multiplication des catégories inférieures de clérouques commence avec Philopator et Epiphane. Elle correspond à l’extension des clérouchies aux corps de police’ et à l’entrée de tousles indigènes sans exception dans l’armée*. La disparition des possesseurs de 70 aroures et leur rem-

. P.cTebt..1, 62,1 240.

. P. Paris 63, 11. 20 sqq.

. P. Tebt. 1, 62, 1. 53 : un érémophylaque.

. Pouyzs, Ÿ, 82, 2 (ordre de bataille de Raphia).

. P. Tebt. I, 62, Il. 100-105.

. P. Tebl. I, 62, IL. 34-5 : Pantauchos, f. de Pantauchos. . Chap. II, pp. 50-1.

Chap, p. 1.

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178 LES CLÉROUCHIES

placement par les possesseurs de 80 aroures sont à peu près contemporains de cette première transformation. Sans doute il existe encore une tenure de 70 aroures en 119-8 avant J.-C. et années suivantes; mais la constitution en remonte au règne de Philopator, à 204 au moins par conséquent‘. D'autre part, les dotations de 80 aroures les plus anciennes ne sont pas antérieures à Epiphane*. Le règne de ce roi semble donc bien avoir été marqué par la fondation des xAÿpot de 80 aroures. On verrait volontiers dans cette innovation une mesure inverse de la multiplication des catégories clérouchiques inférieures; ce sont les indigènes qui ont bénéficié de cette multiplication; la contenance de certains des x\ñpo réservés à l’armée hellénique ou réputée telle, aux cotparevéuevor "EXAnves, aurait été augmentée par une politique de bascule. Cette augmentation serait d’ailleurs vite devenue plus apparente que réelle, ainsi qu’on le verra.

L'attribution des soldats et policiers à ces nouvelles catégories s’est faite d’après les mêmes principes qu’au mr° siècle. C’est ce qu'établit le tableau suivant: :

(IIe siècle : 4)

CATÉG. ARMÉE CORPS

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