IT PRÉFACE
surtout question de l’armée, el aussi de la police, puisque certaines institutions leur sont communes.
Cette étude a été préparée par deux ouvrages d’un caractère très différent. Le livre de M. Paul M. Meyer: représente un effort méritoire pour exposer le développement et les transformations de l’armée du n° au 1°* siècle ; et la documentation doit en être admirée sans réserve. La dissertation inaugurale de M. ScruBarr* peut être tenue pour le modèle de l'analyse précise et pénétrante des textes; sans donner une vue d'ensemble des institutions militaires, l’auteur y a réuni et expliqué avec beaucoup de sens historique, en s’aidant du témoignage des auteurs et des inscriptions, les renseignements apportés sur les diverses catégories de soldats par les textes papyrologiques alors nouvellement connus. Il ne paraît pas superflu cependant de reprendre ce sujet. Depuis la publication de ces deux ouvrages, il a été en grande partie renouvelé par l'apparition de textes épigraphiques et surtout de papyrus inédits : des documents nouveaux de la collection Flinders Petrie, les papyrus d'Hibeh, les papyrus Th. Reinach, enfin les papyrus de Teblunis, ontenrichi nos connaissances sur les institutions générales et militaires des Lagides. D'autre part, sur les questions essentielles quise posent dans l'étude de l’armée plolémaïque : rôle militaire des soldats colons, de leurs fils, définition des päyo, etc., il y a divergence de vues entre les historiens ; il importe de reprendre ces questions et de tenter, à l’aide de la documentation nouvelle, de choisir entre les solutions contradictoires ou de les concilier.
Telles sont les raisons qui ont déterminé la composition de cet ouvrage. Tandis qu'il était en préparation, a paru le tome IV et dernier de l'Histoire des Lagides de M. Boucné-
1. Das Heerwesen der Griechen u. der Rômer in Ægypten, 1900, 2. De rebus mililaribus quales fuerint in Lagidarum regno; 1900.
PRÉFACE Hi
LecLerco*, dont le premier chapitre est consacré à l’armée, à la police et à la marine. L'auteur, utilisant les éludes de M. Paul M. Meyer et de M. Schubart et les complétant à l’aide des documents édités postérieurement, a cherché à en dégager les solutions les plus vraisemblables ; c'était une lâche difficile en l'absence de tout travail d'ensemble sur les sources récemment connues et dans les limites qu’imposait à ses recherches, et à l'exposé de leurs résultats, la conception générale de son œuvre ; il fallait pour l’accomplir sa connaissance approfondie des institutions et la maîtrise à laquelle il nous a accoutumés. Toutes les conclusions importantes du présent ouvrage élaient déjà arrêtées lors de la publication de M. Bouché-Leclercq; j'ai été heureux de voir confirmer quelques-unes d’entre elles par son autorité ; il en est par contre qui restent très différentes des siennes; mais, qu'il s'agisse des unes ou des autres, je lui dois beaucoup : il m'a donné-un sentiment plus vif des difficultés que présentaient certains problèmes ou certaines solutions proposées par nos communs devanciers ; la partie négative de sa critique est le plus souvent excellente et il a suffi parfois de renvoyer à son livre: enfin il m'a permis, comme à quiconque s’occupera désormais de l’histoire plolémaïque, de me référer constamment à une synthèse générale des institutions.
On verra plus loin quelles sont les sources de cette étude; et l’on constatera qu’il n’y est fait usage que des documents grecs. J'ai reculé, je l'avoue, devant l'emploi des textes hiéroglyphiques et surtout démotiques ; n'étant pas spécialiste, j'aurais volontiers fait l'acte de foi nécessaire en leurs éditeurs el commentateurs, si je ne les avais trouvés trop souvent en désaccord sur l'interprétation et sur la lecture des
À. Histoire des Lagides : 1, 1903, Les cinq premiers Ptolémées; II, 1904, Décadence et fia de la dynastie ; III, 1906, et IV, 1907, Les institutions de l'Egypte ptolémaïque: