IV PRÉFACE
textes’. Quant aux sources de langue grecque, il est nécessaire de dire dès maintenant quelques mots des plus importantes d’entre elles, les textes papyrologiques, non pour insister sur la place qu’ils tiennent dans la documentalion de ce livre, mais parce que leur usage soulève une question préjudicielle. Les renseignements qu'on doit aux papyrus sont presque tous, sinon tous, relatifs aux clérouques et aux calæques, c’est-à-dire à des soldats colons disséminés dans toute l'Égypte. Il importe au plus haut point de préciser leur situation militaire. Sont-ce des soldats actifs? sont-ce des vétérans ? sont-ce des disponibles? {elle est la question capitale de l’étude de l’armée, par l'intérêt qu’elle présente en elle-même el parce que c’est aussi une question de méthode ; selon la réponse qu'on y donne, on est fondé à se servir des documents papyrologiques sans restriction d'aucune sorte, ou l’on doit limiter à une armée de vétérans les conclusions qu’on en tire. Toute recherche sur l’armée ptolémaïque commence donc par l'examen de la condition des clérouques et des calœques ; les résultats en ont été ici répartis, pour plus de clarté, entre plusieurs chapitres : le chapitre If, où est éludiée avant tout la situation militaire des soldats colons, et les chapitres VI et VII, relatifs à leur condition agraire et juridique, considérée notamment dans ses rapports avec le service; mais l’ordre suivi dans la composition n’est pas l'ordre de la recherche. Les thèses principales, qui sont ici soutenues, sont les suivantes : les clérouques et les catœques sout des soldats actifs en disponibilité, appartenant pour la plupart aux corps réguliers et aux corps indigènes, et dotés de tenures qu'ils cultivent, ou font cultiver, dans l'intervalle des campagnes et des appels ; — la contenance des tenures varie selon la situation militaire des clérouques et catæœques.
1. J'ai fait cependant quelques emprunts à Revizuour, Mélanges sur La métrologie, l'économie politique et l'hisloire de l'ancienne Égypte, 1895.