P. M. Meyer, dans : Archiv, III, p
LES INSTITUTIONS CLÉROUCHIQUES 269
rencontre encore des [éosx, ris irrysvs'. Mais cette dernière qualification ne répond plus à aucune réalité : les rs érryovñe, en tant que classe de population soumise à des obligations militaires, disparaissent avec la conquête; rien n’établit, ni n'autorise à conjecturer que des rs irryov#, descendants de soldats ptolémaïques ou fils de catæques de l’époque romaine, aient dû concourir en tant que tels au recrutement des armées impériales, organisé sur des fondements entièrement différents de ceux du recrutement ptolémaïque ; leur disparition se comprend d'autant mieux qu’ils n'étaient que des candidats éventuels à la succession des clérouques, et qu’il n’y a pas eu sous les Lagides de terres « épigoniques », si l’on peut ainsi dire, comme il y avait des terres clérouchiques ; l'existence des rs irryovñe, quelle que fût leur importance pour le recrutement des clérouques et l'attribution des tenures, n était pas nécessairement liée à l’organisation foncière de l'Égypte ; et ils ont perdu, l’armée ptolémaïque disparue, toute raison et toute chance à la fois de lui survivre. Il ne reste donc à rendre compte que de la persistance du vocabulaire à l’époque romaine. C’est chose à peine nécessaire pour le mot Il£scx; ethnique au m1° siècle, pseudoethnique au n°, il a passé de père en fils dans des familles descendant directement de soldats ptolémaïques ; il ne signifie rien de plus dans l'Égypte romaine que tel autre ethnique, Max, par exemple; pour les Romains, ce sont des pérégrins comme lesautres. Quant à la qualification de r% érryovñc, elle était portée à juste titre par les fils des soldats ptolémaïques, soldats éventuels eux-mêmes au moment où Octavien conquit l'Égypte ; ils la gardèrent sans doute, de même qu'on voit tel clérouque se dire encore cavalier catæque après la conquête*?, puis ils la transmirent à leurs fils et les familles issues de clérouques ptolémaïques conservèrent l'habitude d'ajouter à leur nom,
4. Cf. dans P. M. Meyer, p. 86, n. 314, une liste de papyrus, publiés antérieurement à 4900, où l’on rencontre des Perses, rc émyovñc, de l'Arsinoïte; le plus récent est B. G. U., 290 (150 après J..C.).
2. P. Tebt. 11, 382, IL. 16 sqq. (30 av.-1 ap. J.-C.); cf. même des hipparques en 19 av. J.-C, P. Oxy. II, 211.
comme une sorte de titre honorifique, ce témoignage de leur origine; elles s’éteignirent peu à peu, et avec elles disparut cette appellation purement décorative et surannée*.
Les noms de xAnsoëyo et de xéromor subsistent également à l'époque romaine; mais à la différence de l’expression 1% ërryovñs, ils désignent deux classes de population encore existantes.
Ces deux classes ont pour caractère commun d’être des classes de propriétaires fonciers. Le xAñpos ptolémaïque?, qu’il fût celui d’un xAnosüyes ou d’un catæque, était essentiellement une tenure à titre conditionnel : les terres des catæques et des clérouques de l'Égypte romaine leur appartiennent définitivement et sans condition * ; les droits du clérouque ptolémaïque sur sa tenure sont limités par ceux du Bacrméy : Le catæque et le clérouque romains usent, jouissent et disposent du xXñoos , sans intervention aucune de l’État’. L'importance de ce fait est
1. Dans P. Grenf.Il, 42, 1.3 (86 ap.J -C.), figure un certain [roksuaïo(c) Irokepato(u) ras BTov pK n[.Jo[..…. Les éditeurs ont résolu (£xarovrapotpwv) ; et P. M. Mever, p.39, n. 136, a proposé de restituer [ixin{(ajo[ytac, ce que Wicken, Archiv, III, p.122, juge à juste titre audacieux ; il préfère x{eJo[t pèv, — qui explique le rept dë suivant, thc 8 rwv PX ne peut indiquer alors une subdivision des £xatovrépoupor, à moius qu’on ne suppose un oubli du scribe; j'y verrais plutôt une indication relative à la contenance d’une terre; quoi que dise WiLcken, loc. laud., de la lecture &poupou, Il. 3 et 4, il n’en reste pas moins que ce texte notifie une tapæywpnorc de terre catæcique ; le résumé de l’acte, 1.7, peut être lu tœapaywpn(orc) . v. Brwvos &po(vov) nutov 0[...; le chiffre 6, 1. 3, ne pourrait-il être interprété : tic (nuostac) rov (Exardv) (äpoupy)? — Dans un autre texte, C. P. R. 28, L. 14 : xA\fpou xarouxixod ouropélplov (sic) [dpolupdv mévre À Gowy Édv dot Ev plat oopayièt v tot dydonxovra- BOUT... indique le site du x\ñpoc, peut-être v rot ’Oyôonxoyrapolpuwv érotxiwt ; cf. Ibiôn rov Etxooumevrapoÿpwy dans les papyrus de Tebtunis, ci-dessus, p. 205.