‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 71 sur 332 · Boucué-LEcLerco, 1, pp · texte numérisé non relu

Boucué-LEcLerco, 1, pp

SuIDb.;101d., pp. 395-6.

6. Sur les stratèges en général, Boucué-Leccenco, II, pp. 136 sqq.

traduction praefectus au sens technique '; tantôt, le rôle du stratège s'élargit; il commande une circonscription territoriale de l'Egypte, un nome; le nome n’est pas seulement une subdivision de région militaire, c’est l’unité administrative de l'Égypte à tous les points de vue, civil, financier et judiciaire aussi bien que militaire; le stratège est en tout le délégué du pouvoir royal; et les titulaires de ces fonctions nommés dans les inscriptions et les papyrus sont en général les seuls qu’on puisse considérer à coup sûr comme élevés au grade de stratège.

La stratégie égyptienne, au second sens du mot, est toute militaire par son origine et le reste par certaines de ses fonctions. Il semble qu’elle remonte à Alexandre; au témoignage d'Arrien®, celui-ci confia l'administration de l'Égypte à deux personnages, Doloapsis et Pétisis, auxquels l'historien donne le titre de nomarques ; quant à l’armée d'occupation, elle fut commandée par deux stratèges, Peukestas et Balacros; les nomarques avaient chacun une circonscription ou l’eurent du moins pour un temps; aucune division territoriale n’est: indiquée pour les armées, ni les stratèges; et Arrien n’établit aucune relation entre ces officiers et les nomarques. On ne peut pas néanmoins ne pas être frappé de ce fait qu’il y a deux nomarques comme il y a deux stratèges; et d'autre part, bien qu'Arrien nomme Doloapsis et Pétisis avant tous les autres fonctionnaires, il n’est pas admissible qu'au lendemain de la conquête ces indigènes n'aient pas été placés sous les ordres des généraux macédoniens; d'autant moins qu'au point de vue financier, ils sont subordonnés à Cléomène de Naucratis, en qui on peut voir l’ancêtre du diœcète. Les stratèges sont donc à l’époque d'Alexandre les commandants en chef du corps d’occupation et surveillent vraisemblablement l'administration des

1. Cléonidas (PLur., Démétr. 15); Cillès (Dion., XIX, 93); Léonidas (Diop., XX, 19); Antiochos, Xantippos (Hieron., ir Dan. 11); Panaitolos (Pozvre, V, 61, 5); Dioscoride (Dion Cass., 52, 41); Sérapion (ApPP., Guer. Civ. 4, 61); Dosithée, Onias (Jos., c. Apion. II, 5); Hégélochos (Dron., XXIV, 20); Charmade, praefectus (FRONTIN Stral,, 111, 2, 11); sans compter les officiers, généraux probablement, auxquels les auteurs ne donnent pas de grade.

2. ARRIEN, III, 5, 2 sqq. Au coutraire, Boucaé-Leccerco, III, p. 136, voit dans les nomarques les prédécesseurs des stratèges.

nomarques, sauf en matière financière. Leur situation n’est pas très différente de ce qu’elle sera plus tard : seulement, sous les Ptolémées, leur nombre s’est multiplié avec celui des nomes ; et d'autre part, les fonctions du nomarque se sont restreintes jusqu'à se borner à l'administration du domaine royal, lorsque le stratège ne les cumule pas avec les siennes propres !; l’administration financière, dirigée d'Alexandrie par le diœcète, continue d'échapper presqu’entièrement à la surveillance du stratège; celui-ci a une part du pouvoir judiciaire en matière civile : il dirige et surveille, quand il ne l’exerce pas, la justice criminelle; il est le chef de la police; enfin, et c’est ce qui nous intéresse particulièrement ici, il commande toutes les troupes du nome, circonscription militaire en même temps que civile ?, Les fonctions du stratège sont donc judiciaires, policières et militaires; s’il rend la justice, c’est que dans l'Égypte ptolémaïque, tout fonctionnaire la rend”, avec une compétence dont l'étendue varie selon son rang dans la hiérarchie administrative; ayant à assurer l’ordre, il commande toute la force armée du nome; en un mot, son rôle est originairement et essentiellement un rôle militaire.

Ce caractère de la stratégie égyptienne est resté très nettement marqué dans les fonctions des stratèges des possessions

1. Hermias, dans : P. Paris, 15, 1. 20 (420 a. C.) et P. Tor. 1, 1. 14 (117 à C.).

2. On ne sait presque rien sur l’organisation militaire territoriale de l'Egypte propre. Les clérouques étaient évidemment répartis par nomes et placés sous l'autorité du stratège par conséquent. (Cf. P. Tebt. I, 79, 11. 86 sqq, 61 (a), 11. 31-2). L'armée active du temps de paix occupait des camps, ÿtatox, non fortifiés (e. g. à Ptolémaïs, P. Amh. 11, 36, v. 135 a. C.) et des places fortes, opoÿpra, les unes très importantes, dont le commandant (ppoipapyos) est yeuov ëx' avôo®v (e. g. Hermoupolis magna, Bull. Soc. Arch. Alex., 1908, n° 10; Syène, Srracrk 95), les autres de médiocre intérêt (e. g. Soknopaiou Nèsos, P. Amh. II, 43, 1L 16-7, en 113 av. J.-C.); quelques postes devaient même avoir un effectif très réduit (e. g. l’hydreuma du Paneion d’Apollonopolis Magna, C. I. G. 4836 c, Add. p. 1215 — Drrr., O0. G. I. S. 38). Quant aux mouvements de troupes, on rencontre les expressions: of dmoora)évrec..… pour les expéditions extérieures; ñ àadoyh, pour la relève des stations pour la chasse (cf. ci-après p.75, n. 6); où mapepedpedovres (P. Amh. 11, 36, L. 8, v. 135 a. C.), pour les cantonnements et services de garde en dehors des garnisons habituelles des troupes. Les troupes des garnisons se disent of év..…. TAGOOMEVOL, ai ÈvV...…. DuVapEts, où eV... OTPATEVOUE vor, OÙ Vies ..OTPATOTAL, ec.

3, Boucaé-LecLercQ, IV, p. 244,

extérieures ‘. Ces possessions extérieures sont en effet à proprement parler des pays tributaires, sauf peut-être celles de la mer Erythrée, tout au moins au sud de Berenikè Troglodytike, qui ont été avant tout des stations de chasse. Tribut à part, ces pays s’administrent librement, là où il y a des cités autonomes; quand il n’en existe pas, le stratège envoie des délégués, soit permanents, soit en mission spéciale, qui administrent directement le pays; ce cas excepté, lestratège n’est que le commandant des forces militaires, qui servent à assurer la rentrée de l’eicocoz et à occuper les points stratégiques *. Toutes les possessions et les villes ne sont pas cependant gouvernées et occupées par un stratège. Il faut distinguer entre les fonctions indiquées par les expressions : ô teraypivos ént..., Ô Em! ts Téhewc, Ô ppolpapyoc...… et les grades, qui ne sont pas identiques pour des fonctions analogues et varient avec l'importance des commandements *. On ne sait si le Libyarchès* qui commandait en Libye (Cyrénaïque), lorsque ce pays ne formait pas un royaume, était un stratège; l'incertitude est la même pour le gouverneur de la Cœlè-Syrie”, et celui de la Cilicie et du littoral de l'Asie Mineure, bien que l'étendue de ces régions rende le fait vraisemblable °; à Théra, plus importante par sa situation maritime que par elle-même, c’est un navarque qui paraît joindre à ses fonctions celle de otoatmyès ts Téhews ‘. Il en va autrement pour les autres possessions. L’Hellespont et le littoral de la Thrace, qui ont appartenu aux Ptolémées sous Evergète, étaient gouvernés par un stra-

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