‹ Les Institutions Militaires de L'Égypte Sous les LagidesChapitre 74 sur 332 · Par Antiochus Grypos: Sre · texte numérisé non relu

Par Antiochus Grypos: Sre

9, Polycrate d’Argos; cf. App. II, liste des gouverneurs de Cypre.

est établie‘; les soldats groupés en xow2° sont dévoués à ces cultes, et il serait naturel que le commandant en chef des troupes fût le grand-prêtre de son souverain divinisé; même en l'absence de preuve formelle, le fait reste infiniment probable. Sous le règne d’Evergète Il* le titre et les fonctions de navarque s'ajoutent à ceux de stratège et de grand-prêtre; les forces de terre et de mer sont réunies sous un commandement supérieur unique; la politique des Lagides n’est plus assez active dans la Méditerranée, et notamment dans les Cyclades, pour que le navarque reste le personnage important qu'il était au siècle précédent; l’intérêt politique et naval se concentre autour de Cypre; et dans ces conditions, il y a avantage à donner au même personnage les pouvoirs maritimes et militaires.

A l’autre extrémité de l'empire des Ptolémées se trouvait une stratégie, importante au 11° siècle, qui semble s'être fondue plus tard dans l’épistratégie de la Thébaïde; c’est la stratégie « pour la chasse », l'emploi de otparnyès ërt vhv Oipar*. Elle intéresse particulièrement l'histoire de l’armée; ce ne fut pas seulement l’une des missions confiées aux stratèges; elle fut créée (son nom l’indiquerait à défaut du témoignage de Strabon”) pour capturer les éléphants nécessaires à l’armée égyptienne; les Lagides ne pouvaient tirer ces animaux de l'Inde, éloignée et séparée d’eux par l’empire séleucide; ils en organisèrent la chasse dans les régions éthiopiennes, avec lesquelles ils communiquaient non par le Nil, encombré de cataractes, défendu peut-être par des populations belliqueuses, maïs par la mer Erythrée. Cette mer, route de l'Océan Indien, a été dans l'antiquité une route commerciale d’une importance considérable, la voie d'importation dans les pays méditerranéens de l'ivoire, des épices et de tous les produits de l'Arabie, de la côte orientale d'Afrique, même de l'Inde et plus tard de la

1. Mélancomas l’Aitolien, èni nokewc de Kition, est prêtre du culte dynastique : C. I. G. 2621 — Sir. 122 (Everg. Il).

. Sur ces xotva, Cf. pl. bas chap. IV, p. 124, et chap. V, pp. 14% et 159-60. . Cf. App. IN, liste des gouverneurs de Cypre, à compter de Crocos. + STRABON, XVI, 4,5 et 15; cf. Boucué-Lecrerco, pp. 11-2, et P. M. Meyer, p 11. . SrraBon, XVI, 4, 5 (169).

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Chine, en concurrence avec celle du golfe Persique‘. Aussi, lorsque les éléphants africains de Philopator eurent été mis en déroute par les éléphants asiatiques d'Antiochus, plus grands et plus forts qu'eux’, le littoral de la mer Erythrée ne fut-il pas abandonné; et vers la fin de la dynastie, on retrouve après une longue lacune dans l’histoire de ces établissements le titre de commandant sur les mers Erythrée et Indienne parmi ceux de l’épistratège de la Thébaïde*. On ne sait si le chef des expéditions ër! tv Ofpay fut dès le début un officier du grade de stratège ; les premières explorations et la fondation de la station Ptolémaïs Epithèras remontent au règne de Philadelphe; le premier explorateur fut Satiros, le fondateur de Ptolémaïs Épithèras fut Eumédès ; Strabon‘ ne les qualifie pas de stratèges, non plus que leurs successeurs; c’est seulement à partir du règne de Philopator que l’envoi d’un stratège est établi’. Le stratège partait à la tête d’une relève des postes, diadoyn”, et était désigné, semble-t-il, par le titre de days" jusqu’à son entrée en fonctions. L'exemple de Lichas montre que le même personnage pouvait être placé à plusieurs reprises à la tête de la station € pour la chasse * ». Après le règne de Philopator, on ne connaît plus aucun titulaire de ces fonctions. Une inscription atteste cependant le développement des échanges commerciaux entre les régions de la mer Erythrée et Coptos au n° siècle”, et il est vraisemblable que les fonctions du stratège ont été réunies au commandement sur les mers Erythrée et Indienne '° : le navarque des Cyclades était, on l’a vu, stratège de Théra.

4: Sur cette question en général : Momusev, Les provinces…., trad. fr., pp. 216 sqq.; Hevo, Commerce du Levant, t. 1; Scawarrz, Eine Wellhandelstrasse, dans : Jahrb. f. Philologie, 1892, pp. 635-653 ; Nissen, Der Verkehr zw. China u. das rôm. Reich, 1893, pp. 11-8; Vinar pe LA BLacue, Les voies de commerce dans la géographie de Ptolémée, dans : Comptes-rendus Acad. Inscr., 4e S., XXIV [1896], pp. 456-483; Boucué-Lrccerco, III, pp. 242-5 et 321.

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