Archives de Péronne, AA. 26 et
ruption de neuf années les habitants de Péronne reprirent la pleine jouissance de leurs libertés. Les entreprises royales, fort timides jusqu’à Louis XIV, ne purent aboutir, devant l’esprit d'indépendance et la ténacité des habitants. Lesintendants de Picardie, vexés de voir leur autorité bornée par les privilèges de la ville, les avaient dédaigneusement surnommés «les républicains ». D'autre part nous avons eu déjà l’occasion de voir que trop souvent le gouverneur de la ville s’immisçait dans les élections. On parlait déjà à cette époque de candidature officielle. Ainsi en 1620, M. de Blérancourt, gouverneur, avait pour candidat M. Jean Dournel avocat, et intriguait pour le faire élire. Le lieutenant criminel etle lieutenant du mayeur protestèrent vivement contre ces procédés, si vivement que deux lettres de cachet les bannirent de la ville. Ils n’y purent rentrer que le 8 février 1621, et furent alors réintégrés dans leurs fonctions. L'année précédente une atteinte plus grave aux privilèges de Péronne avait ététentée : Le 24 juin 1619, Messieurs de Ville reçurent une lettre de cachet de la part du roi pour l'élection de quatre nouveaux échevins « dont l’un seroit nommé mayeur par Sa Majesté (1) ». Cette tentative ne semble pas avoir abouti. Il en fut de même de celles qui tendaient à la suppression des
mayeurs des métiers.