BIBLIOTHÈQUES DES FABRIQUES ET DES GOIIUNES
Réduits à la loi de 1841, si peu efficace par ellemême , les fabricants de Mulhouse lui ont prêté par leur concours Tefficacité qu*elle ne possédait pas. Bien que n'ayant pas à craindre qu'on pût constater les contraventions à la loi, puisque en somme personne n'avait le droit de le faire, ils l'ont appliquée en général ^avec une religion qui malheureusement a trop souvent fait défaut ailleurs. Les enfants du Haut- Rhin, en entrant dans les fabriques^ ne sont pas obligés de renoncer à toute instruction. Tout au contraire, la plupart des patrons exigent rigoureusement qu'ils suivent avec régularité lés cours de l'école primaire^ et pour que les familles n'aient pas à souffrir de la diminution du travail de l'enfant, presque partout on lui compte comme travail effectif le temps passé à Técole. Ainsi, il reçoit un salaire pour apprendre à lire, et il faut bien le dire, c'est le seul
enseignement qu'on pirisse appeler yéritablement gratuit pour des gens qui ont besoin pour vivre des quelques sous qui servent à rémunérer le travail de leurs enfants. Dans toutes les manufactures isolées ou dont l'éloignement aurait fait perdre trop de temps aux enfants qui auraient dû se rendre aux écoles communales, on a établi des écoles dans la manufac** ture elle-même, et l'instituteur est payé par le fabricant. A6n de mieux assurer le suecès de cette oom-^ binaison^ quelques-uns exigent de tout ouvrier qui vient demander du travail l'engagement d'envoyer ses enfants à l'école. Si cette mesure était générale^ * l'ignorance disparaîtrait bientôt de Mulhouse. Malheureusement il se trouve encore quelques hommes qui ne comprennent pas -assez Tutilité de cette entente^ et dont rindifférence suffît, sinon à paralyser, du moins à gêner dans une certaine mesure les efforts des autres.
Cependant le mouvement se propage. L'école eom* munale de Mulhouse est la plus considérable peut-être de toute la France. Mais quoique les b&timents puissent contenir près de trois mille enfants, elle ne suffit plus aux besoins de la population. Le maire de là ville, dont le concours est depuis longtemps assuré à tous les efforts en faveur de l'instruction de la pç* pulation ouvrière, s'occupe activement depuis quelques années de lui ajouter des succursales dans les principaux quartiers de la ville.
L'établissemeAt^ placé sous la dii'ection habile et dévouée de M. Riss, comprend aujourd'hui :
I'* Une École dé garçons;
2MJne École de filles;
3*" Une École spéciale de filles.
A rÉcole des garçons , le programme des études est calculé et arrangé pour une fréquentatmn de 7 années, dont les 3 premières comprennent l'enseignement purement élémentaire^ les 2 suivantes un enseignement intermédiaire préparant les élèves à l'enseignement primaire supérieur qui comprend les ^ 2 dernières années. — Même organisation pour TÉcole des filles où la durée de la fréquentation est de ' 6 aunées^ et de 8 années en comprenant l'École spéciale. Cette dernière diffère de la première en ce que l'enseignement, donné par des maîtres, y est plus étendu, que les élèves paient une rétribution plus élevée (4^ 6 et 8 fr. par mois), et qu'il n'y est accordé de bourses que par exception.
Les classes sont désignées à l'inverse des collèges: la première est fréquentée par les enfants les plus jeunes et les plus faibles.
Jusqu'en automne 1 860, les 3 Écoles étaient réunies (sexes séparés) dans le même enclos. — Mais depuis celte époque on a créé une première École de quartier (chaussée de Dornach) ; en 1 863 ^ on en a ouvert une seconde rue Saint-Michel; enQn en 1865 une troisième, rue Kœchlin ^ Tous ces établissemepts
1 . Cette école , seule composée de deux bâtiments , logement peur un instituteur et pour un portier, 2 vastes cours , a coûté 100000 fr. Elle loge déjà dans S salles près de 500 élèves.
ir PARTIE. — LUTTE CONThE L'IGNORANCE. 293
sont placés sous la même direction-; tous sont soumis au même règlement^ aux mêmes méthodes d*ensei' gnement, et ont les mêmes livres. D'ailleurs les enfants qui suivent les Écoles de quartier n'y restent que 3 ans au plus; dès qu'ils arrivent en quatrième, ils viennent se réunir à leurs condisciples de l'École • primaire centrale.
Au 15 décembre 1865, le nombre total des enfants fréquentant les Écoles primaires communales était ainsi réparti :