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VIII PRÉFACE

Or, ce point de vue, à qui s'occupe des siècles antérieurs au xvr*, ne permet d'atteindre qu’une part de la vérité, la plus grande assurément, la plus digne d'intérêt, mais non la vérité entière. Si légitime qu’il soit, il fausse l’histoire, parce qu'il est incomplet et insuffisant. Le royaume, jusqu'aux Valois-Angoulême, fut essentiellement une vaste seigneurie, On pourrait le comparer à ces animaux pourvus de plusieurs centres nerveux, dont lun est plus développé que les autres et les prime, mais leur laisse cependant une certaine autonomie. S’attacher exclusivement à décrire le ganglion principal, ce n’est pas faire connaître le système nerveux entier; c’est même, qu’on le veuille ou non, engendrer lillusion que celui-là seul existe.

J'ai voulu considérer les choses sous un autre angle, étudier, non le royaume pendant un règne, mais le pays de Languedoc sous une longue suite de rois, de ses origines à son déclin, c’est-à-dire durant trois siècles. L'histoire, qui est un enchaînement de faits, ne peut que gagner à n’être PES découpée en tranches trop minces.

Il s’agit d’une région que la monarchie française a conquise de bonne heure, dans le courant du xin° siècle, qu’elle n’a jamais perdue et qu’elle a unie à ses possessions du Nord par des liens beaucoup plus solides que ceux qui rattachaient au royaume des fiefs tels que la Guyenne, la Bretagne, la Bourgogne, en réalité fort indépendants. Et pourtant cette contrée, ce Midi royal à formé bientôt un € pays » disünet : pour reprendre la comparaison ou

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