PRÉFACE. IX
plutôt Panalogie précédemment invoquée, dans lorganisation de PEtat français elle est devenue en quelque sorte un centre nerveux demi-autonome, — fait considérable, dont les traces ont persisté jusqu’à la fin de la France des Bourbons, et même se voient encore, car les conséquences d’un fait historique se prolongent à l'infini.
L'histoire des institutions du pays de Languedoc, telle que je lai conçue, présente done, semble-t-il, un double intérêt. L'intérêt général résulte de Pobservation minutieuse, étendue à plusieurs siècles, de l’action du pouvoir royal dans une seule région, de lexacte description des reculs ou des progrès de la centralisation monarchique, des conditions et moyens
grâce auxquels elle a triomphé. — Cette tentative n'avait Jamais été faite. — Un intérêt d’un autre
genre, plus restreint, mais plus vif en un certain sens, est celui qui s'attache aux institutions politiques du pays, si curieuses, si différentes de celles du Nord, seigneuries, communautés,‘ États, diocèses, etc. Aucun travail d'ensemble ne leur a encore été consacré, si l’on excepte quelques livres ou mémoires dont le contenu, faits et conclusions, n’était pas de nature à me détourner de l’entreprendre de nouveau. Citons entre autres le Mémoire de Léon Clos sur les communes du Midi, d’ailleurs estimable si l’on tient compte de l’époque où il à paru’, celui de M. de Laferrière sur les États provinciaux, rem- 1. Léon Clos, Recherches sur le régime municipal dans le Midi
de la France au moyen-äge, dans les Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, t, III, 2e série.