‹ Les Institutions Politiques et Administratives du Pays de LanguedocChapitre 14 sur 293 · I. L.,t. X, pr. n · texte numérisé non relu

I. L.,t. X, pr. n

3. Rossignol, Monographies communales du … Turn, 1866, 4 vol. in-8°, t. I, p. 237. — Appenilices, n° 1. — Lacroix, Series et acta episcoporum Cadurcensium, 1617,

in-40, p. 162. — Ord., t. VI, p. 341. — Baldit, Sur la souveraineté temporelle des évêques de Mende, dans le Bulletin de la Société … de la Lozère, t. X, pp. 72-124.

antérieurs ou postérieurs", Les seigneurs laïques eux-mêmes, y compris les plus grands, partagent avec le rot tantôt l’ensemble de leurs droits, comme les coseigneurs des Vans en 1273 et le sire de Mirepoix en 13902, tantôt leurs justices : ainsi le vicomte de Narbonne pour Narbonne avant 12893, le comte d’Armagnac pour Auch sous Philippe VI, le seigneur de Navès, ceux de Miremont(1345, 13146)t... Sur mille points du territoire pénètre et s’affermit aussitôt un pouvoir destructeur de l’autorité seigneuriale.

En qualité de parier le roi ne perçoit que sa part de revenu. Mais il n’est pas rare que son juge soit désigné dès le début par tous les coseigneurs pour chef de la cour commune. De plus, dans aucun pariäge il n’entre à titre de vassal, comme avaient fait certains barons. Il garde le « ressort et la souveraineté ». Cela suffit pour qu’il agisse en maître. Vers 14301 Philippe le Bel est invité à faire un pariage avec le prieuré de Saint-Orens pour la part de la ville d’Auch que celui-ci possédait : le seigneur roi, dit-on, tiendrait cette portion « presque comme la sienne », et par elle

« il aurait la cité presque entière à sa disposition ». Peu

1. Pariages de Vabres (1285), de Simorre et de Saint-Sever-de-Rustan (1297), de Sarlat (avant 1299), de Pont-Saint-Esprit (1301), de Saint-Thibéry (1315), de Saint-Affrique (1320), de Montolieu (1321) avec des abbés ou des prieurs, d’Auch avec l’archevêque (1331), etc.

2. Ménard, Hist. de Nimes, t. I, pr n° 72. — JA. L., t. IX, p. 953, n. 7.

3. Arch. de Narbonne, AA 15; déc. 1289. Il y a cinq cours à Narbonne, dont celle du roi et du vicomte, commune « ratione pariagii ». Le pariage de 1309, analysé par dom Vaissete (77. Z,, t. 1X, p. 313), n’aurait donc fait que confirmer et étendre un acte antérieur.

4. Caneto, Prieuré de Suint-Orens d’ Auch, dans la Rev. de Gascogne, 1868, p. 158; c£Ë. p. 153. — Barrière-Flavy, La seigneurie de Navès, dans la Rev. du Tarn, 1892, p. 281. — Ord., t. XV, p. 617. — Les actes de cette nature sont innombrables. Très souvent les seigneurs en concluent à cause des difficultés que leur suscitent les officiers royaux. Ils y voient un moyen d’avoir la paix. — Chaque sénéchaussée avait son « liber pariatgiorum ». Sur celui de la sénéchaussée de Nimes, où figurait entre autres nobles le marquis de Canillac, voir Bibl. Nat. Fontanieu 117-118; 14 juin 1433.

5. Giry, Documents sur les relations de la royauté avec les villes en. France de 1180 à 1314, 1885, in-8°, p. 150.

importe que la part du roi soit la plus petite. Elle « seigneurie et surmonte » celles de ses vassaux. Il doit dans un partage « dominer du tout, tellement que le lieu se peut et doit dire être et appartenir à lui! ». En effet, le lieu lui appartient, non qu'il en soit propriétaire, mais en ce sens qu’il y exerce l’autorité publique.

Les pariages ont eu souvent pour objet ou pour consé quence la fondation de bastides ou villes neuves. Depuis plusieurs siècles les seigneurs méridionaux en construisaient tantôt sur leurs propres terres, tantôt sur celles d'autrui. Abbés, prieurs, barons, évêques avaient rivalisé, créant des sauvetés, des forces, des villes franches, des bastides, en somme formant tout d’un coup des centres habités, des « populations » nouvelles. C'était entre eux un sujet de discussions et de guerres incessantes ; car il arrivait que des terres fussent occupées, exploitées de la sorte sans la permission des propriétaires, et le fondateur ne manquait pas d'attirer par des privilèges les hommes de ses voisins afin d'en peupler ses bastides. Aussi ne les élevait-on pas au milieu du domaine, mais de préférence sur le pourtour, à proximité des autres seigneuries. Après la croisade, les nobles et même les bourgeois? continuèrent de créer des bastides, en nombre d'autant plus grand qu’ils étaient plus riches. Alfonse de Poitiers en édifia trente-six, dont vingtdeux au moyen de dons ou de pariages ÿ.

En cela comme en toutes choses la royauté n’a fait que suivre les usages des divers pays. Du côté du Rhône où les bastides étaient rares, elle en a fondé quatre, mais environ

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