H. L., tt. X, pr. n° 707, ann
en superficie au groupe domanial qu’ils possédaient en Languedoc‘!. Des deux régions qui se partageaient leurs États, celle-ci à été la plus assurée entre leurs mains; elle n’a fait défaut à aucun d’eux, pas même au « roi de Bourges », qui sans elle n’aurait pu recouvrer son royaume.
La monarchie française, malgré son esprit unitaire, s’est pliée à un dualisme qui était l’œuvre des siècles. Elle la même entretenu, cédant à la nature des choses, à certaines nécessités politiques, aux vœux des habitants du pays.
En Languedoc, du moins depuis 1337, les gouverneurs se succèdent à peu près sans interruption. Ce sont de véritables vice-rois.
Dès que les États commencent à se réunir fréquemment, il devient indispensable d'organiser une administration des finances spéciale à cette région. En effet, son assemblée d'États ne se mêle point avec celle de Languedoil; ses « octrois » différent des octrois ou impôts de Languedoil par le montant des subsides et par la nature des taxes qu’ils établissent; elle prétend que le produit en soit employé sur place?. Aussi y a-t-1l en Languedoc, depuis 1350, : un ou plusieurs receveurs généraux, à partir de 1368 un ou plusieurs généraux des aides, chargés soit de rendre la justice en ces matières, soit de manier les fonds.
La création d’un Parlement à Toulouse est le dernier succès — et le plus décisif — qu’aient obtenu les tendances particularistes du pays et des États. Ce dédoublement de l'autorité royale dans l’exercice de son attribution essentielle ne s’accomplit pas sans luttes et sans à-coups. Beaucoup de gens y répugnent, et la royauté, pour faire une telle concession, s’y reprend à plusieurs fois. D'ailleurs la déci-
. 1. Longnon, Atlas hist. de la France, pi. xv. : 2, Voir plus haut, p. 277.
3. lo Délégation de 1278-1291, 2° Promesse contenue dans l'ordonnance de 1303, art. 62 (Ord., t. II, p. 453) et restée sans exécution, 3° Institution à Toulouse d’un
sion de Charles VII, visiblement inspirée par le désir de diminuer la puissance du Parlement de Paris, précède de peu l’époque où va s’effacer l’ancienne division du royaume en Languedoil et Languedoc.
La région située au sud de la Dordogne doit donc être considérée comme ayant servi de cadre à un corps assez complet d'institutions administratives, qui reproduisaient dans de moindres proportions celles de la région du Nord.