‹ Les Institutions Politiques et Administratives du Pays de LanguedocChapitre 145 sur 293 · TRE À · texte numérisé non relu

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réformateurs, généraux des aides et des finances dé Languedoc exerçaient leur autorité, se maintint telle quelle, ayant la Dordogne pour limite septentrionale !. Par le ressort du Parlement de Toulouse elle s’est même perpétuée jusqu’en 17892.

L’Agenais, le Bigorre, le Quercy, le Rouergue et le Périgord, pour avoir passé dix ans sous la domination anglaise (1360-1370), ont été regardés plus tard comme une part de la Guyenne. De là viennent les pouvoirs « en Languedoc et duché de Guyenne » qui furent invariablement donnés aux lieutenants du roi et autres fonctionnaires à partir de 13703.

1. Æ. L., t. X, pr. n° 457; 4 décembre 1357, — Ord., t. VI, p. 529 ; 19 nov. 1380. — H. L., t. X, pr. n° 876; 6 juill. 1440, etc.

2. 1bid., pr. n° 886 ; 11 octobre 1443. Édit d'institution du Parlement de Toulouse. Au début du règne de Louis XI, la juridiction de cette Cour est étendue sur «les villes et pays bordelais et tout l’autre pays par deçà la rivière de Dordogne, .… nonobstant que aucuns desdiz pays estans par deçà ladite rivière ayent ressort au Parlement de Paris ». (Arch. de la Haute-Garonne, sér. B, Reg. de Malenfant, t. 1, fo 59; arrêt du 12 nov.1461, enregistrant l’édit royal, du 20 oct.) En fait, les procès provenant des pays nouvellement conquis ont été portés soit à l’une, soit: à l’autre Cour (Ord.,t. XV, pp. 502, 595, 613, 615 ; lettres des 12 juin, 6 décembre 1462, 7 février 1463). Le 10 juin 1462 est créé le Parlement de Bordeaux (Ord., t. XV, p. 500), dont le ressort, si l’on en croyait les lettres d'institution, aurait été distrait uniquement de celui du Parlement de Paris. Il a compris les sénéchaussées ou pays de Périgord, Limousin, Gascogne, Landes, Agenoiïis, Bazadoïis (Zbid.), la Saintonge (Ord., t. XV, p. 608. Cf. t. XVIII. p. 5) et le bailliage de Martel, partie du Quercy située au nord de la Dordogne, (Or4.,t. XV, p.612. Cf. t. XVIII, pp. 8, 34, et Boscheron des Portes, ist. du Parl. de Bordeaux, 1878, 2 vol. in-8, t. I, p. 21.) Le Parlement de Toulouse n’a donc perdu, à l'établissement de la nouvelle Cour, qu’une portion de territoire acquise depuis peu, contestée, partagée et de médiocre importance. Son ancien ressort a été conservé intact,non sans contestations fréquentes. Il se composait des trois grandes sénéchaussées de Languedoc, du Quercy moins un bailliage, du Rouergue et de plusieurs bailliages et jugeries. La sénéchaussée d’Armagnac, créée par Louis XI, a été rattachée tout entière au Parlement de Toulouse, Mais sous François Ier la Cour de Bordeaux la lui disputait encore, ainsi que le Quercy. (Ord. t. XVIII, p. 5. — Arch. de la Haute-Garonne, sér. B, Arrêts, t. VII, fe 353; HMdits, t. IT, fos 181 vo, 299 vo, — Arch. de la Gironde, B 31, fo 165 vo.) L'autorité du Parlement toulousain s’exerçait aussi dans le comté de Bigorre (Arch. de la Haute-Garonne, sér. B, Arréts, +. IX, fo 329 et passim), et même dans l’Agenaïs. (Zbid., t, XI, fe 386, et C 2276, fo 282, proc.-verb. janv. 1509.)

8. Louvet, Op. cit., p. 273. — Ord., t. V, p. 887; VI, p. 508; VII, p. 163; XIV, p.118. Tous ces exemples sont relatifs aux années 1370-1377. Ensuite ils abondent.

Les liens administratifs établis entre les diverses parties de ce territoire survivaient donc aux vicissitudes que trois d’entre elles avaient éprouvées. Mais union politique qui naissait à la faveur des assemblées générales d’États. de Languedoc n’y résista point. La conquête anglaise, si peu durable, suffit à les briser. Seules les trois sénéchaussées que le traité de Brétigny laissait au roi de France ont continué de délibérer en commun. Dès la fin du règne de Charles V elles retiennent exclusivement le nom de Languedoc. Quant aux autres, leur isolement politique les prépare à la mesure qui, dans le courant du xv* siècle, les a rattachées au gouvernement de Guyenne et les a fait sortir du groupe administratif auquel elles avaient si longtemps appartenu.

L'importance de ce groupe et la place qu’il tient dans l’histoire de France, sont hors de proportion avec son étendue territoriale. Même amoindri, rejeté en deçà de la Dordogne, il forme encore, avant l’ère des grandes et définitives annexions, avant Charles VII et Louis XI, une portion considérable du royaume, environ le quart?; mais par la situation géographique, par le langage et les institutions qui lui appartiennent en propre, il en est, pour ainsi dire, une moitié. La superficie plus grande, la population plus nombreuse et la richesse supérieure de la Languedoil ont pour contrepoids les fortes traditions de la Languedoc, son unité relative et les avantages spéciaux qu’elle a procurés aux rois de France. Elle leur a permis d'agir en Provence, en Aquitaine, en Aragon et leur a ouvert la Méditerranée. En Languedoil étaient les grandes seigneuries, les fiefs, les apanages, restreignant l’aire où leur pouvoir s’exerçait dans sa plénitude, rétrécissant leur domaine au point qu’il y paraisse, de Charles V à Charles VII, à peine supérieur

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