Arch. de Toulouse, AA 90, fo 140 vo; 19 juin
2. H. L., t. XII, pr. n° 164. Dom Vaissete croit que ces provisions sont les premières que Montmorency ait reçues. (Z. L.. t. XI, p. 223.) M. Decrue est d’un avis contraire ( Anne de Montmorency, 1885, in-8°, p. 75); mais il ne connaît pas les lettres du 19 juin 1524 qui attestent l'erreur commise par le savant bénédictin. En réalité Montmorency n’a pas rempli sa charge de gouverneur, occupé qu’il était en sept. et oct. 1524 à conduire une armée de France en Italie. Les lettres du 22 sept. 1524, pour la tenue des États, lui sont adressées (Arch. d'Albi, AA 46.) Mais dès le mois d'août précédent M. de Lautrec, gouverneur de Guyenne, avait été nommé lieutenant général en Languedoc, (Z1. Z,, t. XI, p. 216. — Cf. Arch. de la Haute-Garonne, C 2277, fo 289 vo.) En octobre 1525 il avait déjà pour lieutenant le sieur de Clermont, qui plus tard exerça les mêmes fonctions sous Montmorency. (Arch. d'Albi, AA 46, rôle des frais des États.)
sance qué celle qu’il tenait du roi, puissance instable qu’une disgrace pouvait lui ôter et qu’il perdit en effet durant cinq . années.
Il semble aussi que de plusieurs manières la royauté ait cherché à rabaisser la charge qu’elle lui confiait. Elle réduit le traitement du gouverneur, signe matériel de son importance. Montmorency touche 12,000 livres de pension, mais pour son « état » 6,000 livres seulement, comme les autres gouverneurs!. Les pouvoirs qu'il reçoit sont entourés d’une obscurité voulue. Point de provisions explicites susceptibles de gêner le gouvernement central, d’inculquer au gouverneur des idées trop précises au sujet de son autorité?. Il est vrai qu’en 1527 Montmorency se fait donner par lettres patentes le droit de « connaître de toutes causes en dernier ressort » et celui d'ouvrir ou de fermer la traite des blés, denrées et marchandises. Mais sur le premier point il se contente d’une satisfaction platonique ; sur le second il se garde bien de pousser trop loin ses avantagesÿ.
La révolution de palais de 1541, qui coûte au connétable son gouvernement et son autorité dans l’État, fait tout à coup clairement apparaître la volonté royale. Le gouverneur du pays est mis à la portion congrue. Dès le 26 août, défense à lui comme à tous autres de rien accepter des gens des États #.
1. Catal. des Actes de François Ie, n° 4861 et nos 4943, 5010, etc. — Cf. Bibl. Nat., fr. 4523, fo 26. Les lettres du 23 mars 1526, en cela fort inexactes, lui attribuent les mêmes gages qu’à ses prédécesseurs. Celles du 19 juin 1524 disaient plus justement : « Tels gaiges et pensions que lui seront pour ce par nous tauxés ».
2. Le roi fait Montmorency gouverneur ( sans qu’il soit besoin autrement spécifier et déclarer lesdits droits, autorités et prééminences dudit office ». Si l’on en requiert plus ample déclaration, « en avons relevé et relevons notredit cousin ».
3. Arch. de la Haute-Garonne, C 2277, fe 365 vo; proc.-verb. d’août 1527. — Ibid., sér. B, Reg. de Malenfant, t. II, p. 329; arrêt du 81 juill. 1527. — Y. L,, t. XII, pr. n°5 177, 167, 169.— Bibl. Nat., fr. 3064, fos 77, 167; 3073, fes 21, 37, 118.
4. Arch. de l'Hérault, B 342, fo 151, — Cf. ibid., B 344, f° 98, d’autres lettres du 13 nov. 1547 par lesquelles Henri II révoque les précédentes, .considérant « que lesdits dons et présents sont très bien employés aux dessusdits gouverneur, son lieutenant », etc. En effet Montmorency est redevenu plus puissant que jamais,