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SUR LA DESTITUTION DE L'ÉVÉÈQUE DE LAON

conférer à personne l'autorité dont le comte de Foix avait joui durant une période moins favorable à l'exercice direct du pouvoir royal en Languedoc et Guyenne.

SUR LA DATE ET LES CIRCONSTANCES DE LA DESTITUTION DE L'ÉVÈQUE DE LAON,

Dom Vaissete a publié à ce sujet deux actes remarquables qui se rapportent l'un et l’autre à la fin de l’année 1441. Le second est daté du 31 décembre. C’est un mandement royal destiné à faire signifier à Guillaume de Champeaux, évêque de Laon, la sentence qui l’a suspendu de l'office de président en la Chambre des comptes et qui a mis en la main du roi le temporel de son évêché, (H. L.,t. X, pr. n° 879.) Mais il suffit de parcourir les deux pièces pour s’apercevoir qu’à l’époque où elles ont été rédigées l'évêque de Laon avait depuis longtemps perdu la charge de « général conseiller sur le fait et gou-

Ê vernement de toutes finances aux pays de Languedoc et duché de ù - Guienne ». La date de sa destitution est fort importante. Quelques ca documents tirés des Archives de Cordes, en Albigeois, vont nous

4 permettre de la fixer plus exactement que ne l’a fait le religieux bénédictin. Ils nous fourniront aussi un échantillon curieux des procédés que se permettait l’évêque, tant à l'égard du roi qu’envers ses administrés.

Les habitants de Cordes se disaient exempts des tailles royales. En ; effet, le dauphin Louis passant par leur ville, le 26 octobre 1439, les tint quittes des subsides passés moyennant 500 écus d'or, qui lui furent dûment payés, le 27 janvier suivant, à Fontenay-le-Comte. Le % : receveur des tailles ne laissa pas de poursuivre les gens de Cordes. Il les traita si durement que ceux-ci risquèrent la grosse dépense de recourir à Charles VII. Ils eurent gain de cause. Par lettres datées er d'Angers, 15 janvier 1440, le roi donna ordre à son général des finances, c’est-à-dire à l’évêque, de les maintenir en leurs immunités. . Or Guillaume de Champeaux ne l’entendait pas ainsi. Un second mandement du roi nous raconte quel accueil avait reçu le précédent. fe-o7 juillet 1440, Charles VII étant à Charlieu écrit en termes très vifs à l'évêque : « À icelles lettres, dit-il, n’avés voulu obtemperer, ne icelles auxdits supplians veriffier ne expedier...; mais avez fait ; prendre et detenir prisonnier ung escuier appellé Jehan de Rabas-

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tans, consul de ladite ville, et ung autre appellé Jehan Barraut, marchand d'icelle ville, et leur avez osté leurs dites lettres par force et violence, et avecques ce envoiez chacun jour sergens et commissaires audit lieu de Cordes et esdits villages, lesquels prennent, lievent et emmenent où bon leur semble les biens d’iceux supplians à leur très grant grief, prejudice et dommaige, et leur ont esté et seroient nosdites lettres de nulle valeur se par nous ne leur estoit sur ce pourveu de nostre grace. » Il lui enjoint expressément de relâcher les prisonniers, ainsi que de vérifier et d'exécuter ses lettres.

Quatre ou cinq mois avaient dû s’écouler entre l’époque où s’étaient produits les faits que le roi reproche au général des finances et celle où les lettres du 27 juillet arrivèrent à destination. Dans l'intervalle, Jean de Rabastens avait été élargi. Quant à Jean Barrau, un mandement postérieur (du 4er avril 1441) nous apprend qu’il fut « mené prisonnier au chastel de Nimes où il fut par aucun temps, et pareillement en nostre ville de Montpellier par autre temps, pendant lequel icellui de Rabastenx retourna devers nostredit conseiller et president ; mais sitost qu’il l’apperceut, le fist mectre prisonnier avec ledit Barrau..., pour ce qu'il lui raporta que lesdits supplians ne vouloient paier leurdict impost. Et deppuis, pour aler encore parler ausdictz supplians, fut derechief eslargi ledit de Rabastenx parmy ce qu'il promist de revenir et soy rendre prisonnier à certain jour, et ad ce s'obliga sur peine de L marcs d'argent. » Mais il ne put revenir au jour fixé, ayant été contraint par le sénéchal de Toulouse de marcher contre les Anglais qui assiégeaient Tartas. Jean Barrau profita un jour de la permission qu'il avait eue d’aller à la messe pour retourner à Cordes.

L’évèque cependant ne lâchait point prise. On eut beau lui présenter le nouveau mandement du roi, daté de Charlieu : il refusa d’obéir. « Qui plus est », il ajourna Jean de Rabastens et ses deux cautions à comparaître devant lui; leurs biens furent inventoriés, mis en la main du roi. Les gens de Cordes n'étaient pas au bout de leurs peines. Quinze mois plus tard, ils étaient encore « mangés » par les sergents. Ils avaient dépensé en démarches et procès trois ou quatre cents livres. Une moitié des habitants avait quitté la ville, et les consuls n’osaient pas imposer de tailles de peur de faire partir l'autre moitié. Du moins avaient-ils goûté le plaisir d'assister à la disgrâce de leur persécuteur.

: En effet, « tantost après l’octroy de nosdites lettres (du 27 juillet), nous pour aucunes causes désappoinctasmes ledit evesque de Laon

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